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Voilà un très beau reportage sur moi !

L’année passée le mercredi 8 novembre, une photographe, Muriel, m’a contactée par téléphone pour me demander si je serais d’accord qu’elle fasse un reportage sur moi avec des photos et un texte qu’elle mettrait dans son site sur internet. Je lui ai tout de suite dit oui, car d’une part, elle était très sympa au téléphone et de l’autre, j’avais vu le reportage qu’elle avait écrit sur mon amie Christine, atteinte de polyarthrite juvénile, et je l’avais beaucoup aimé. En effet, j’avais trouvé ses photos très percutantes et son texte très touchant. Je m’étais retrouvée totalement prise dans son reportage ! C’était génial ! J’avais lu ses autres articles dans son site (à l’époque il y en avait 5) et je les avais tous trouvé très bien, intéressants, attachants et attrayants. J’étais sous le charme de son écriture et de ses photos ! Elle faisait du beau travail !

Nous avons fixé notre rendez-vous au dimanche 12 novembre à 13h. Avec Fatya, mon aide de vie du week-end, on a vite rangé mon appartement pour que tout soit en ordre et on s’est installée au salon pour l’attendre. J’ai déjà été interviewée et prise en photo plusieurs fois par des journalistes et des photographes professionnels, j’ai donc l’habitude, mais c’est toujours plus fort que moi, je stresse quand même, car j’ai toujours peur de perdre le fil, d’avoir un < blanc > comme on dit, de commencer à bégayer, à me répéter ou d’oublier de dire quelque chose de très important. Et puis, au niveau de l’habillement, ce n’est jamais pareil. Il y en a qui préfère que l’on s’habille en sombre pour la clarté de la photo et la lumière, tandis qu’il y en a d’autres qui préfèrent que l’on porte des vêtements de couleur pour mettre de la gaieté et de la joie dans la photo. Là, Muriel, cette nouvelle photographe que je ne connaissais pas, ne m’avait rien demandé, rien précisé sur comment elle voulait que je m’habille. C’était donc l’inconnu, le mystère le plus complet. Ne sachant pas quelle couleur choisir, j’ai opté pour du neutre, du blanc et du gris.

Lorsque Muriel est arrivée chez moi, c’est une véritable boute-en-train solaire, dynamique et très sympa qui entrée dans mon appartement ! C’était dingue ! Résultat : le feeling a tout de suite bien passé entre nous deux. C’était super ! C’était comme si on se connaissait depuis des années, comme si on était d’anciennes amies qui venions de nous retrouver ! Cette sensation est plutôt rare, surtout lors de la première rencontre ! Simple, agréable, joviale et souriante, elle a réussi à me mettre immédiatement à mon aise. À aucun moment, je ne me suis sentie gênée, intimidée, bloquée ou ne sachant plus quoi dire. Bien au contraire. Notre échange a été fructueux, fort, riche en anecdotes. C’était très intéressant, un moment magique !

Pour apprendre à bien me connaître, à bien me cerner, elle m’a posé plein de questions auxquelles j’ai répondu avec un grand plaisir, sans tabou et tout naturellement. Je lui ai raconté ma vie, ma maladie, comment on la découverte, comment elle a évolué tout au long de ces 59 années, ses ravages physiques et psychologiques, mes envies, mes angoisses, mes déceptions, mes attentes, mes projets, mes espoirs, ma relation avec ma future mort, le suicide assisté avec Exit, ce que m’apporte mon site sur internet, pourquoi j’aime et j’ai besoin d’écrire des textes, le message que j’aimerais donner et laisser.

Ce tête à tête avec Muriel, à bâton rompu, sans langue de bois, ni interdit, a duré 2 heures. C’était intense, fort, un résumé d’une vie de 59 ans, une mise à nu totale. C’est grâce à ce retour en arrière sur ma vie que j’ai réalisé combien elle avait été mouvementée et dure, mais aussi ardente, pétillante et riche d’expériences de toutes sortes. Ma vie n’a jamais été un long fleuve tranquille (ça, c’est le moins que l’on puisse dire !), je ne me suis jamais ennuyée (mon destin ne m’en a jamais laissé le temps !), mais ce qui est génial et formidable, c’est que c’est toujours moi qui a été l’actrice de ma vie, que c’est toujours moi qui ai décidé et pris les décisions, que c’est toujours moi et personne d’autre qui ai accepté ou refusé les solutions à mes problèmes que les médecins et le corps médical m’a proposé tout au long de ma vie ! Ça, c’est primordial, c’est capital pour se sentir bien dans son corps et dans sa tête ! On doit vivre sa vie et ne pas la subir ! C’est comme disait Nelson Mandela : « Je suis le seul maître à bord, je suis maître de mon destin et capitaine de mon âme ! ».

Cette phrase devenue si célèbre est tirée du poème Invictus qui signifie invincible. Il a été rédigé en 1875 par l’écrivain britannique William Ernest Henley sur son lit d’hôpital. Atteint d’une tuberculose osseuse depuis l’âge de 12 ans, à 25 ans, il a dû se faire amputer d’un pied jusqu’à mi-jambe. Son poème symbolise la résistance à la douleur consécutive à son amputation.

Voici son poème :

Invictus

Dans la nuit qui m’environne,

Dans les ténèbres qui m’enserrent,

Je loue les dieux qui me donnent

Une âme à la fois noble et fière.

Prisonnier de ma situation,

Je ne veux pas me rebeller,

Meurtri par les tribulations,

Je suis debout, bien que blessé.

En ce lieu d’opprobre et de pleurs,

Je ne vois qu’horreur et ombres.

Les années s’annoncent sombres,

Mais je ne connaitrai pas la peur.

Aussi étroit que soit le chemin,

Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme :

Je suis maître de mon destin ;

Et capitaine de mon âme !

Au-delà du poème qui est magnifique, il y a une vérité à retenir. L’adversité nous touche tous de façon imprévisible et de manière différente. Il ne tient qu’à nous de relever le défi qu’elle nous à réserver, aussi difficile soit-il.

En tout cas dans sa vie si un jour l’on a besoin de se remettre en question, de changer sa manière de voir les choses, d’améliorer son comportement vis-à-vis des autres et de soi-même, eh bien, le fait de raconter sa vie, de faire un travelling arrière, je trouve que parfait, que c’est un très bon exercice, une excellente thérapie. Je vous la conseille vivement !

Après m’être livrée verbalement, je me suis donnée entière sans honte ni préjugé dans toute une série de photos. Comme je suis en parfait accord avec mon corps, que je l’aime comme il est, que je n’ai pas honte qu’il soit tordu et déformé, que je peux me regarder sans tristesse et sans pitié, je n’ai eu aucun problème de faire les photos que Muriel me proposait, bien au contraire. Cherchant à bien me représenter, à bien montrer ma maladie et ce que je vivais au quotidien, Muriel a pris des dizaines et des dizaines de photos de moi dans toutes les postures et les situations.

Mon appartement étant un lieu rempli de couleurs chatoyantes, de plantes et de fleurs de toutes sortes, d’objets zen et porte-bonheur comme des bouddhas chinois et indiens et des éléphants avec la trompe en haut, elle l’a photographié dans tous les sens, a pris la plupart de mes décorations. J’étais contente et ça m’a fait très plaisir, car j’adore quand les gens se sentent bien chez moi, quand ils aiment mon décor coloré, mon ambiance gaie, joyeuse, lumineuse et ensoleillée ! Ce qui m’a fait plaisir aussi, c’est que Muriel a pris en photo Fatya, mon aide vie du week-end, une marocaine de 47 ans qui habite à Lausanne avec son mari et qui s’occupe de moi depuis 10 ans. J’aime quand les gens mettent en valeur mes aides de vie, car elles le méritent et si je suis encore dans un si bon état, bien habillée et bien maquillée, c’est quand même grâce à elles et ça, il ne faut jamais l’oublier !

J’ai beaucoup aimé cette séance photos. C’était dans la joie et la bonne humeur ! Comme moi aussi, je suis fan de photos et que j’aime bien les souvenirs, j’ai demandé à Fatya de nous prendre en photo Muriel et moi. C’était vraiment très sympa ! Muriel, n’étant pas pressée par le temps, a encore bu un thé avec nous au salon, nous a raconté un peu de sa vie, de ses projets et de son travail. En fin d’après-midi, elle a remballé tout son matériel de photographe et est rentrée chez elle. Elle est venue à 13h et est repartie à 16h.

Le lundi matin 13 novembre à 8h le matin, Muriel est revenue pour me prendre en photo dans mon lit lorsque je suis sur mon ordinateur, que je réponds à mes emails ou que j’écris mes nouveaux textes pour mon site sur internet. Là, pour l’occasion, je me suis habillée en bordeaux pour mettre de la couleur. Notre 2ème séance de photos a de nouveau été très sympa, nous avons eu beaucoup de plaisir à nous revoir. Nous avons à nouveau beaucoup babillé, notre rendez-vous a duré 2 heures pour faire ce qui était au départ juste quelques photos. Muriel est venue de 8 heures à 10 heures. Nous n’avons pas pu prolonger cette séance photos, car nous avions chacune de nous des rendez-vous qu’on ne pouvait pas manquer, ni reporter.

Le dimanche 3 décembre à 13h, Muriel est revenue pour nous montrer à Fatya et à moi, le résultat de nos 2 rendez-vous précédents. On a pu lire le texte qu’elle a écrit sur moi et les photos qu’elle a choisies pour illustrer son reportage qu’elle voulait mettre dans son site sur internet. Lorsque j’ai lu son texte, j’ai été submergée, inondée par l’émotion. J’ai pleuré tellement c’était beau, vrai, juste et touchant ! La sensation, le ressenti que j’ai eu à ce moment-là était incroyable, inattendu et soudain. C’était comme une vague, un tsunami qui m’envahissait, qui me pénétrait au plus profond de mes entrailles ! Selon l’expression populaire, son texte m’a prise aux tripes !!!

Fatya, qui assisté à l’interview et aux 2 séances photos, a pleuré aussi. Muriel était ravie, touchée par une telle réaction de notre part, émue, car ça voulait dire que son texte était réussi, que ce qu’elle avait écrit sur moi était percutant, authentique et bouleversant, qu’il allait droit au but, directement à l’essentiel. Elle nous a dit qu’elle y avait mis tout son cœur. Eh bien, ça se voit ! Bravo Muriel ! Tu as une très belle écriture, une magnifique façon de présenter les gens, de les raconter et de les mettre en valeur. J’aime et j’apprécie ! En ce qui concerne les photos, elles sont géniales ! Elles expliquent tout en un clin d’œil. Il n’y a rien besoin de rajouter, ni commentaire, ni explication, elles parlent d’elles-mêmes. J’adore et suis enchantée de ce beau résultat ! Muriel, je suis une fan de ton site !

Voilà, pour que vous aussi, vous puissiez profiter des talents d’écriture et de photographie de Muriel, je vous mets en lien l’adresse de son site sur internet.

Tremblemagazine.ch

http://www.tremblemagazine.ch/

Pour aller directement voir le reportage que Muriel a écrit sur moi, je vous mets en lien son texte.

http://www.tremblemagazine.ch/reportage/marie-claude/

Je vous remercie de prendre le temps d’aller voir son reportage et de me laisser vos commentaires.

Pour aller voir les autres reportages de Muriel, je vous mets ici le lien de la page.

http://www.tremblemagazine.ch/reportages/

Bonne lecture !

 

Avril 2018                 Marie-Claude Baillif

 

 

 

 

 

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