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J’ai testé pour vous ! Le musée Chaplin’s World by Grévin à Corsier-sur-Vevey en Suisse !

 

Dans la vie il y a des lieux incontournables à ne pas manquer ! Le musée à la mémoire de Charlie Chaplin, le Chaplin’s World by Grévin, fait partie de ceux-là ! En effet, c’est l’endroit où il faut absolument se rendre, c’est le lieu qu’il faut absolument visiter, c’est le musée qu’il faut absolument découvrir !

Inauguré le 16 avril 2016 à la date anniversaire de Charlie Chaplin (il aurait eu 127 ans), ce musée est situé à Corsier-sur-Vevey (au-dessus de Vevey) en Suisse dans le manoir de Ban, une magnifique demeure dans laquelle Charlie Chaplin a vécu avec sa famille de 1952 jusqu’à sa mort le 25 décembre 1977 à l’âge de 88 ans. Dédié à la vie et à l’œuvre de M. Chaplin, de son vrai nom Charles Spencer Chaplin, ce musée original et ludique, nous permet de vivre une expérience inoubliable à travers la destinée de celui qui a réussi à fait rire des millions de gens à travers le monde. Devenu le roi du cinéma muet, il était connu sous le nom de Charlot !

J’ai adoré visiter cet endroit. Oui, j’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir et à parcourir ce lieu de vie et de travail de cet artiste si talentueux et de cet homme si célèbre dans le monde entier ! Je vous conseille vivement de vous y rendre. Je vous promets que vous n’allez pas être déçu, bien au contraire, je peux vous garantir que vous allez être fasciné et ébloui !

Le musée Chaplin’s World by Grévin est un immense domaine dans un écrin de verdure composé de 2 bâtiments. Dans le premier à l’entrée, construit comme un studio hollywoodien, on peut suivre tout un parcours inédit et fantastique à travers les décors de ses plus grands films. Dans le deuxième, un peu plus loin, en plein cœur du parc, il y a le Manoir de Ban, la splendide demeure familiale où vivaient Chaplin, sa femme Oona O’Neill et leurs 8 enfants. Là, on rentre directement dans la vie privée de Charlie Chaplin et dans son intimité familiale. Autour du manoir ensuite, on peut se promener à travers le parc, découvrir les chemins où Chaplin se baladait et jouait avec ses enfants. C’est très émouvant ! Enfin, pour clore la visite en beauté et agréablement, on peut s’arrêter à la boutique souvenir et au café restaurant, The Tramp, où là on peut se restaurer et se désaltérer.

Oona O’Neill (une actrice) qui fut la 4ème et dernière femme de Charlie Chaplin avec qui elle a eu 8 enfants. Elle avait 18 ans lorsqu’elle l’a épousé le 16 juin 1943. Lui en avait 54 !

Oona O’Neill avec son mari Charlie Chaplin en 1965

Lorsque je me suis rendue au Chaplin’s World by Grévin, j’étais avec mes 2 aides de vie, Fatya et Sylvaine. On a commencé notre visite par Le Studio Hollywoodien.

Là, on est au cœur de l’action. On entre dans l’univers spectaculaire du cinéma muet. On parcourt avec émotion et nostalgie les films mythiques de notre Charlot bien aimé, on traverse les différentes époques et on admire les fabuleux décors qui ont fait sa renommée. Cela va de l’univers forain du Cirque à la machine des Temps modernes en passant par Hollywood Boulevard. On y découvre Chaplin l’artiste. Dans ce studio de 1 350 m², truffé de décors multimédias, on y retrouve par exemple le salon du Barbier dans le Dictateur, une reproduction d’une rue londonienne de East Lane où Chaplin grandit et commença à exercer son art du pantomime, des personnages de ses films et des statues en cire représentant des personnalités qui ont compté pour lui. C’est un voyage fabuleux, extraordinaire dans notre passé, dans nos souvenirs ! A voir absolument !

Voici pêle-mêle les photos qu’on a faites sur les animations interactives, les zones multimédias consacrées aux films de Charlie Chaplin, les reproductions en cire de ses personnages célèbres, de ses costumes, de ses objets personnels, de ses photographies et de ses accessoires cinématographiques !

Les personnages en cire étaient tellement bien faits qu’ils paraissaient vrais, je m’y croyais !

Ici, l’acteur John Leslie Coogan, 7 ans, dans le film Le Kid (1921) !

Dans cette scène de cirque, tous les personnages étaient faux (en cire), à part Sylvaine, mon aide de vie, au fond à droite, en rouge, qui me poussait !

Le film Le cirque a été réalisé en 1928 !

Charlot en barbier avec Fatya, mon aide de vie et moi-même !

Chaplin était un barbier dans le film Le dictateur (1940) !

Une reproduction de décor de film !

Une reproduction d’un costume de Charlot !

Sylvaine et moi-même avec l’actrice américaine Virginia Cherrill dans le film Les lumières de la ville (1931) !

Qui est vrai et qui est faux !

Les anciennes caméras lors des tournages des films muets !

Les anciens haut-parleurs !

Les anciennes bobines de films !

Voici différentes scènes de films reproduites à l’identique avec des personnages en cire !

Rencontre avec Woody Allen !

Là, nous sommes enfermées dans une cellule de prison !

Le parcours didactique dans ce studio hollywoodien était magique !

Notre visite a continué ensuite par Le Manoir de Ban.

Là, on pénètre dans la dernière demeure de Charlie Chaplin, dans son ultime maison où il a vécu heureux et tranquille pendant 25 ans ! On s’immerge dans l’intimité de son couple avec sa femme Oona et ses 8 enfants. On y découvre Chaplin l’homme. On y contemple les différences pièces où cet artiste de légende vivait au quotidien comme son bureau, sa bibliothèque, son salon, sa salle à manger, sa chambre à coucher et sa salle de bain. On y voit les témoignages d’une existence étonnante, remplie de grands moments, de belles rencontres et d’anecdotes insolites à travers le mobilier, les objets personnels, les tableaux et les nombreuses photos de ce génie du cinéma muet.

Grâce à des scénarios originaux mettant en scène des personnages en cire façon musée Grévin qui représentent Chaplin lui-même, sa femme et ses invités, il règne ici une atmosphère unique qui donne l’impression d’être un hôte privilégié de cet artiste et de cet homme hors du commun ! C’est très intéressant, original, attractif et parfois même très émouvant de pouvoir se retrouver là dans une telle intimité, de pouvoir pénétrer dans les secrets et les confidences de cette magnifique demeure familiale ! On y apprend plein de choses, on y découvre plein d’informations, de commentaires et d’anecdotes qu’on ne connaissait pas. C’est très bien fait. On a adoré !

Le Manoir de Ban est une magnifique bâtisse blanche construite en 1840 !

A l’entrée, nous sommes accueillies par Chaplin lui-même et sa femme Oona !

Voici le bureau de Charlie Chaplin !

Dans sa salle de bain avec Einstein, l’un de ses nombreux invités !

Chaplin adorait prendre des bains pour se relaxer !

Chaplin et Oona dans leur salon !

Chaplin à différentes époques de sa vie !

Chaplin et ses enfants. Il fut un papa heureux et comblé !

Pour prendre un moment l’air et profiter de la nature qui nous était offerte, nous sommes parties visiter Le Parc.

Si cher à l’ancien maître de ces lieux, le parc du domaine de Ban fait partie intégrante de la visite. Abritant des arbres centenaires, une végétation luxuriante et offrant une vue magnifique sur le lac Léman et les Alpes, cet écrin de verdure a été reproduit tel qu’il était à l’époque où Charlie Chaplin venait s’y prélasser. Réparti sur 14 hectares, ce parc colossal nous donne la possibilité et le plaisir d’y flâner en arpentant les sentiers empruntés par Chaplin et sa famille. C’est formidable !

Je contemple le Manoir de Ban !

Le parc est immense et possède des arbres centenaires !

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Plus qu’un simple musée, cet espace unique au monde de 3 000 m2, perché sur les hauteurs de Vevey, est un véritable temple qui rend hommage de la plus belle des manières qui soit à l’un des plus grands artistes du 20ème siècle ! Près de 300 000 visiteurs de plus de 75 nationalités différentes s’y sont déjà rendus durant sa première année d’exploitation ! C’est un vrai succès !

C’est en 1952 que Charlie Chaplin, soupçonné alors de sympathie avec les communistes, fut expulsé des Etats-Unis là où il vivait depuis le mois de décembre 1913. Avec sa famille il décida de visiter la Suisse, un petit pays tranquille et sans histoires et d’y trouver une maison pour y vivre. Le cinéaste, tomba sous le charme du Manoir de Ban lors d’une promenade le 7 décembre 1952 et en fit l’acquisition 24 jours plus tard, soit le 31 décembre 1952 pour la somme de 100 000 $. La famille Chaplin emménagea le 3 janvier 1953. Oona Chaplin était alors enceinte de leur 5ème enfant. Le couple en aura 8 au total. Il y a : Géraldine Chaplin (1944) une actrice, Michael Chaplin (1946) un acteur, Joséphine Chaplin (1949) une actrice, Victoria Chaplin (1951) une actrice et une costumière, Eugène Chaplin (1953) un ingénieur du son, Jane Chaplin (1957) une actrice, productrice et écrivaine, Annette-Emilie Chaplin (1959) une actrice, Christopher Chaplin (1962) un acteur et compositeur.

Photo familiale en 1961 !

C’est ici en Suisse à Corsier-sur-Vevey que Charlie Chaplin vécut ses « années bonheur » auprès de sa femme et de leurs 8 enfants, qu’il reçut la visite de nombreux amis (Truman Capote, Albert Einstein…), qu’il écrivit de nombreux scénarios de films (dont < Un roi à New York >, < La Comtesse de Hong Kong > et <The Freaks >), qu’il retravailla au piano certaines musiques de ses films et qu’il rédigea son autobiographie, < Histoire de ma vie >, publiée en 1964.

Il résida dans ce manoir durant 25 ans jusqu’à sa mort le matin du 25 décembre 1977 à l’âge de 88 ans. Il est décédé d’un AVC dans son sommeil. Selon ses dernières volontés, une petite cérémonie funéraire anglicane fut organisée le 27 décembre et il fut inhumé dans le cimetière de Corsier-sur-Vevey.

Pour la petite histoire, le 1er mars 1978, son cercueil fut exhumé et volé par 2 mécaniciens automobiles immigrés, un Polonais (Roman Wardas) et un Bulgare (Gantcho Ganev). Leur but était d’extorquer une rançon d’un million de francs suisses à Oona Chaplin afin de pouvoir ouvrir plus tard un garage automobile. Ils furent arrêtés lors d’une vaste opération de police le 17 mai 1978 et le cercueil fut retrouvé enterré dans un champ de maïs près du village voisin de Noville. Il fut ré enterré dans le cimetière de Corsier-sur-Vevey et un caveau en béton armé fut rajouté pour empêcher tout nouvel incident. Le film < La Rançon de la gloire > de Xavier Beauvois, sorti en 2014, s’inspire de cette histoire.

Lorsqu’Oona, sa femme, décéda d’un cancer du pancréas le 27 septembre 1991 à l’âge de 66 ans, ses 8 enfants, ne vivant plus au Manoir, mais étant disséminés un peu partout dans le monde, acceptèrent la proposition avant-gardiste qui leur fut faite de transformer le domaine de Ban en un gigantesque musée interactif dédié à leur père, le génie du cinéma muet.

La planification et les travaux pour faire de cet espace de vie privée un musée extraordinaire ont duré 15 ans. C’est grâce à l’initiative de Philippe Meylan (un architecte et entrepreneur suisse) et de Yves Durand (un muséographe québécois) en partenariat avec les dirigeants de la Compagnie des Alpes et de Grévin International, que le musée Chaplin, le Chaplin’s World by Grévin, a vu le jour. Il a ouvert ses portes le 16 avril 2016 et est considéré comme un bien culturel d’importance nationale par l’UNESCO.

Un peu d’histoire…

Sa naissance et sa jeunesse…

Charlie Chaplin, de son vrai nom Charles Spencer Chaplin, est né le 16 avril 1889 à Londres. Il était le 2ème enfant d’Hannah Chaplin, née Hill (1865-1928) et de Charles Chaplin Sr. (1863-1901). Son acte de naissance n’a jamais été retrouvé dans les registres de l’état civil, mais Chaplin considérait qu’il était né dans une maison d’East Street dans le quartier de Walworth au sud de Londres. Au moment de sa naissance, les parents de Chaplin étaient tous les deux des artistes du music-hall. Sa mère, la fille d’un cordonnier, menait une carrière sans grand succès sous le nom de scène de Lily Harley, tandis que son père, le fils d’un boucher, était un chanteur populaire. Chaplin grandit dans la misère et les privations entre un père absent et une mère en grandes difficultés financières. Ses parents se sont séparé 2 ans après sa naissance. Il vécut avec sa mère des années difficiles, car hormis quelques travaux de couture ou de nourrice, elle n’avait aucun revenu. Son père, quant à lui, n’apportait aucun soutien financier à ses enfants. Alors que la situation de sa mère se détériorait, Chaplin fut envoyé dans une workhouse (un hospice de l’assistance sociale) à l’âge de 7 ans. Il indiqua par la suite qu’il y connut une « triste existence ». Il fut brièvement rendu à sa mère 18 mois plus tard, mais cette dernière fut de nouveau rapidement contrainte de se séparer de ses enfants qui furent envoyés dans une autre institution pour enfants pauvres.

En septembre 1898, la mère de Chaplin fut admise à l’asile psychiatrique de Cane Hill après avoir développé une psychose apparemment provoquée par la malnutrition et la syphilis. Durant les 2 mois de son hospitalisation, Chaplin et son frère Sydney furent envoyés vivre avec leur père qu’ils connaissaient à peine. Celui-ci avait alors sombré dans l’alcoolisme et sa conduite entraîna la visite d’une organisation de protection de l’enfance. Il mourut 2 ans plus tard à l’âge de 38 ans d’une cirrhose du foie.

L’état de santé de sa mère s’améliora, mais elle fit une rechute en mai 1903. Chaplin, alors âgé de 14 ans, l’emmena au dispensaire, d’où elle fut renvoyée à Cane Hill. Il vécut seul pendant plusieurs jours et dormit dans la rue en attendant le retour de son frère qui s’était engagé dans la Marine 2 ans plus tôt. Sa mère quitta l’asile au bout de 8 mois, mais elle rechuta de manière permanente en mars 1905. Chaplin écrivit plus tard que « nous ne pouvions rien faire d’autre que d’accepter le triste destin de notre mère ! ». En 1921, Charlie et son frère Sydney obtiennent qu’elle vienne les rejoindre à Hollywood. Charlie lui a acheté une maison en bord de mer où elle y vivra ses 7 dernières années. Soignée à domicile, elle mourut le 28 août 1928 à l’âge de 63 ans.

Sa carrière…

Chaplin commença très tôt à se produire sur scène. Il réalisa sa première apparition à 5 ans en remplaçant sa mère lors d’un spectacle. Cela fut une exception, mais sa mère l’encouragea dans cette voie.

Grâce aux relations de son père, il devint membre de la troupe de danseurs Eight Lancashire Lads et se produisit dans les music-halls britanniques en 1899 et 1900. Alors que Chaplin était en tournée avec les Eight Lancashire Lads, sa mère s’assura qu’il continuait à aller à l’école, mais il abandonna vers 13 ans. Après une période de petits boulots, à 14 ans, il s’inscrivit dans une agence artistique du West End de Londres. Le responsable de l’agence discerna un potentiel chez Chaplin et lui offrit rapidement son premier rôle en tant que vendeur de journaux dans la pièce Jim, a Romance of Cockayne de Harry A. Saintsbury. La première eut lieu en juillet 1903, mais le spectacle ne rencontra pas de succès et les représentations s’arrêtèrent au bout de 2 semaines. La performance comique de Chaplin fut néanmoins remarquée par les critiques. Saintsbury lui obtint ensuite le rôle du groom Billy dans la pièce Sherlock Holmes de Charles Frohman. Son jeu fut si bien reçu qu’il fut appelé à Londres pour se produire aux côtés de William Gillette, qui avait coécrit la pièce avec Arthur Conan Doyle. Il fit sa dernière tournée de Sherlock Holmes au début de l’année 1906 après y avoir joué pendant plus de 2 ans et demi.

Durant les années qui s’ensuivirent Chaplin rejoignit une autre compagnie et joua dans une comédie à sketchs, puis dans un spectacle pour enfants où il développa son jeu burlesque. En 1906, il rejoignit la prestigieuse troupe comique de Fred Karno. Après des rôles secondaires, Chaplin accéda aux rôles principaux, ce  qui attira l’attention de la presse sur le jeune artiste. Il partit avec cette troupe faire une tournée de 21 mois en Amérique du nord. Menant des spectacles de music-hall, il impressionna les critiques qui le décrivirent comme « l’un des meilleurs artistes de pantomime jamais vu ! ». C’est lors de sa 2ème tournée aux Etats-Unis qu’il fut invité à rejoindre la New York Motion Picture Company. Chaplin considérait les comédies de Keystone comme un « mélange grossier », mais appréciait la perspective d’une nouvelle carrière. Il signa un contrat en septembre 1913 avec un salaire hebdomadaire de 150 $. Il avait 24 ans.

Chaplin arriva dans les studios de Los Angeles au début du mois de décembre 1913. Il se familiarisa avec la réalisation cinématographique et fit ses débuts dans le court-métrage avec Pour gagner sa vie sorti le 2 février 1914. Dans ce premier film, il se présentait comme une sorte de dandy en redingote étriquée, chapeau haut-de-forme et grandes moustaches tombantes. Pour son second film, Chaplin choisit le costume de Charlot (en anglais, The Tramp ou vagabond) avec lequel il se fit connaître et devint par la suite la légende que l’on connait du cinéma muet.

Charlie Chaplin devint Charlot très rapidement. Le premier cout-métrage de la longue série des Charlots fut Charlot est content de lui sorti le 7 février 1914. Chaplin fit ses débuts en tant que réalisateur le 4 mai 1914 avec le film Un béguin de Charlot. Par la suite, il réalisa quasiment tous les courts-métrages de Keystone dans lesquels il jouait. Chaplin rapporta par la suite que cette période où il réalisait environ un film par semaine fut la plus excitante de sa carrière. Lorsque son contrat avec Kaystone expira à la fin de l’année 2014, Chaplin, devenant de plus en plus populaire, demanda un salaire hebdomadaire de 1 000 $. Jugeant cette somme trop élevée, le directeur de Kaystone refusa.

L’Essanay Film Manufacturing Company, qui était très intéressé par Chaplin, lui proposa alors un salaire hebdomadaire de 1 250 $ avec une prime d’embauche de 10 000 $. Chaplin n’hésita pas une seconde et intégra le studio à la fin du mois de décembre 1914. Il rejoignait ainsi le rang prestigieux d’acteurs célèbres comme Leo White, Bud Jamison, Paddy McGuire et Billy Armstrong. Alors qu’il était à la recherche d’un second rôle féminin pour son 2ème film, Charlot fait la noce, Chaplin repéra une secrétaire, Edna Purviance, dans un café à San Francisco. Il l’embaucha et elle tourna avec lui dans 35 films. Ils eurent également une aventure sentimentale jusqu’en 1917.

Charlie Chaplin en 1916 !

Chaplin exerçait un contrôle important sur ses films et consacrait beaucoup de temps et d’énergie dans chacune de ses réalisations. A cette époque, il réalisait un film par mois. Il modifia son personnage de Charlot qui avait été critiqué par Keystone en raison de son caractère « malveillant, rustre et grossier » pour lui donner une personnalité plus douce et romantique. Cette évolution fut illustrée dans le film Le Vagabond en avril 1915 et dans Charlot garçon de banque en août 1915 qui comportaient une fin de film plus triste.

Chaplin devint un phénomène culturel. Les magasins vendaient des produits associés à son personnage de Charlot qui apparut dans des bandes dessinées et dans des chansons. En juillet 1915, un journaliste du magazine Motion Picture Magazine écrivait que la « Chaplinite » se propageait partout en Amérique. Sa popularité s’étendit également à l’étranger et il devint la première star internationale du cinéma. Alors que son contrat avec Essenay expirait en décembre 1915, Chaplin, pleinement conscient de sa célébrité, demanda une prime d’embauche de 150 000 $ à qui voudrait l’embaucher. Il reçut plusieurs propositions venant entre autres d’Universal, de la Fox et de Vitagraph, mais c’est finalement le studio Mutual, qui eut gain de cause en lui accordant un salaire annuel de 670 000 $ ! Chaplin, alors âgé de 26 ans, devint l’une des personnes les mieux payées au monde ! Cette somme élevée choqua le public et fut largement reprise dans la presse. Le président du studio Mutual, John R. Freuler, expliqua que : « Nous pouvons nous permettre de payer ce gros salaire annuel à M. Chaplin, car le public veut Chaplin et paiera pour le voir ! ».

Mutual accorda à Chaplin son propre studio à Los Angeles qui fut inauguré en mars 1916. Chaplin recruta 2 nouveaux acteurs pour l’accompagner, Albert Austin et Eric Campbell, et réalisa une série de films plus élaborés et mélodramatiques comme : Charlot chef de rayon, Charlot pompier, Charlot musicien, Charlot rentre tard, Charlot et le Comte. Le contrat avec Mutual stipulait qu’il devait réaliser un court-métrage par mois, ce qu’il fit, mais en 1917 Il commença à demander d’avoir plus de temps pour créer ses films. Il n’en réalisa que 4 dans les 10 premiers mois de l’année : Charlot policeman, Charlot fait une cure, L’Émigrant et Charlot s’évade. Du fait de leur réalisation méticuleuse et de leur construction soignée, ces films sont considérés comme parmi les meilleures œuvres de Chaplin par les spécialistes du cinéma. Plus tard, Chaplin indiqua que ses années à Mutual furent les plus heureuses de sa carrière !

Chaplin fut critiqué par la presse britannique pour son absence de participation à la Première Guerre mondiale. Il répondit qu’il se battrait pour le Royaume-Uni s’il y était appelé et qu’il avait répondu à la conscription américaine. Aucun des 2 pays ne lui demanda de s’enrôler et l’ambassade britannique aux États-Unis publia une déclaration indiquant que « Chaplin est bien plus utile à la Grande-Bretagne en gagnant de l’argent et en achetant des obligations de guerre que dans les tranchées ! ». Malgré ces critiques, Chaplin était l’un des acteurs préférés des soldats. Sa popularité continua de grandir dans le monde entier. Le magazine américain Harper’s Weekly rapporta que le nom de Charlie Chaplin « faisait partie de la langue véhiculaire de presque tous les pays » et que l’image de Charlot était « universellement familière ». En 1917, les imitateurs professionnels de Charlot étaient si répandus qu’il lança des actions en justice. Il fut même rapporté que 9 hommes sur 10 qui participaient à des soirées costumées reprenaient son accoutrement. L’actrice, Minnie M. Fiske, écrivit « qu’un nombre en constante augmentation de personnes cultivées commencent à considérer le jeune bouffon anglais, Charlie Chaplin, comme un artiste extraordinaire et un génie comique ! ».

Mutual ne se formalisa pas de la production réduite de Chaplin et le contrat se termina à l’amiable. Pour son nouveau studio, son principal objectif était d’avoir une plus large indépendance. Son frère Sydney, devenu son agent artistique, déclara à la presse que « Chaplin doit être autorisé à avoir tout le temps et l’argent nécessaire pour produire les films à sa manière… C’est la qualité, non la quantité, que nous voulons ». En juin 1917, Chaplin signa un contrat d’un million de dollars pour 8 films avec l’association de propriétaires de salles de cinéma, la First National Pictures. Il décida de construire son propre studio sur un terrain de 5 acres (20 200 m2) près de Sunset Boulevard avec les meilleures installations et équipements disponibles à l’époque. Le studio fut inauguré en janvier 1918 et Chaplin reçut une grande liberté pour la réalisation de ses films.

Une vie de chien, distribué en avril 1918, fut son premier film sous ce nouveau contrat. Il y démontra une attention grandissante pour l’intrigue et son traitement de Charlot comme « une sorte de Pierrot ». Le film fut décrit par le critique français Louis Delluc comme « la première œuvre d’art totale du cinéma ». Chaplin participa ensuite à l’effort de guerre en réalisant une tournée d’un mois aux États-Unis pour lever des fonds pour les alliés. Il produisit également un court-métrage de propagande pour le gouvernement appelé The Bond. Son film suivant, Charlot soldat, mit en scène Charlot dans les tranchées. Ses associés le mirent en garde contre une comédie sur la guerre, mais il indiqua par la suite que « dangereuse ou non, l’idée m’excitait ! ». Le tournage dura 4 mois et le film de 45 minutes rencontra un grand succès à sa sortie, en octobre 1918.

Après la sortie de Charlot soldat, Chaplin demanda plus de fonds à la First National qui refusa. Frustré par le manque de considération du studio pour la qualité et inquiet des rumeurs d’une fusion avec Famous Players-Lasky, il se rapprocha de ses collègues Douglas Fairbanks, Mary Pickford et D. W. Griffith pour fonder une nouvelle société de distribution. La création d’United Artists en janvier 1919 fut une révolution pour l’industrie cinématographique, car les 4 fondateurs pouvaient personnellement financer leurs œuvres et avoir un contrôle total sur elles. Chaplin était impatient de pouvoir commencer avec sa nouvelle entreprise et offrit de racheter son contrat avec la First National. Le studio refusa et insista pour qu’il livre les 6 derniers films qu’il avait promis, ce qu’il fit.

Pour continuer à raconter la carrière de Charlie Chaplin, ce serait beaucoup trop long tellement celle-ci a été riche en rebondissements, intense et fructueuse. Mais je trouvais important de montrer ses débuts pour comprendre que devenir célèbre n’est pas une chose facile, que cela demande du travail, beaucoup de travail et de la persévérance ! De plus, réussir à devenir célèbre est une chose, mais le rester dans la durée en est une autre. M. Chaplin a réussi dans les 2 cas. Bravo !

Chaplin était un homme polyvalent qui, dans le domaine du cinéma, savait tout faire. En effet, ce passionné du 7ème art, fut à la fois un acteur, un réalisateur, un scénariste, un producteur et un compositeur. En effet, Chaplin développa dès son enfance une passion pour la musique. Il apprit seul à jouer du piano, du violon et du violoncelle. Il considérait que l’accompagnement musical faisait partie intégrante du film. Il consacra donc beaucoup de temps à ce domaine. Il composa lui-même la bande-son du film Les Lumières de la ville et fit de même pour tous ses films suivants. À partir de la fin des années 1950 et jusqu’à sa mort, il resonorisa tous ses anciens courts-métrages muets.

Durant sa carrière, longue de 65 ans, il a joué dans 82 films. Bien qu’étant des comédies, ses films étaient marqués par les thèmes sociaux et politiques, ainsi que par des éléments autobiographiques. En 1972, l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui a remis un Oscar d’honneur pour sa contribution inestimable à l’industrie cinématographique et plusieurs de ses œuvres sont aujourd’hui considérées comme faisant partie des plus grands films de tous les temps.

Tous les films de Chaplin, jusqu’à celui du Cirque inclus, sont muets, même si certains ont été réédités avec des bandes-son. Les Lumières de la ville et Les Temps modernes sont muets, mais intègrent des bandes-son composées de musique, de bruitages et de séquences parlées pour le second. Les 5 derniers films de Chaplin sont parlants. Hormis La Comtesse de Hong-Kong, tous les films de Chaplin furent tournés en format 35 mm et en noir et blanc. La Comtesse de Hong-Kong, tourné en 1967, fut son dernier film.

Chaplin reçut de nombreuses récompenses et distinctions, particulièrement à la fin de sa vie. En 1962, les universités de Durham et d’Oxford lui décernèrent un diplôme honorifique de docteur ès Lettres. En 1965, il partagea le prix Érasme avec Ingmar Bergman et en 1971, il fut fait commandeur de l’Ordre national de la Légion d’honneur par le gouvernement français. En 1975, il fut anobli par la reine Élisabeth II et fait chevalier commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique.

L’industrie cinématographie le récompensa avec un Lion d’or spécial à la Mostra de Venise de 1972, ainsi qu’une étoile sur le Walk of Fame d’Hollywood en 1970

Chaplin reçut au total 3 Oscars : un premier Oscar d’honneur en 1929 « pour sa polyvalence et son génie à jouer, écrire, mettre en scène et produire Le Cirque », un second en 1972 « pour l’effet incalculable qu’il a eu en faisant des films de cinéma la forme d’art de ce siècle » et un troisième en 1973 pour la meilleure musique originale pour Les Feux de la Rampe. Il fut également nommé dans les catégories du meilleur acteur, du meilleur film et du meilleur scénario pour Le Dictateur, ainsi que dans celle du meilleur scénario pour Monsieur Verdoux.

6 films de Chaplin ont été sélectionnés pour être préservés dans le National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américaine : L’Émigrant (1917), Le Kid (1921), La Ruée vers l’or (1925), Les Lumières de la ville (1931), Les Temps modernes (1936) et Le Dictateur (1940).

Étoile de Chaplin sur le Walk of Fame d’Hollywood !

Le Walk of Fame (littéralement « Promenade de la célébrité ») est un trottoir très célèbre situé sur Hollywood Boulevard. Sur les quelque 2 600 étoiles qui le recouvrent figurent les noms de célébrités de l’industrie du spectacle honorées par la Chambre de commerce de Los Angeles !

Charlot fait entièrement partie de notre histoire culturelle !

Les objets associés à Charlot continuent de fasciner le public. En 2006, un chapeau melon et une canne en bambou ayant appartenu à Chaplin furent achetés 140 000 $ lors d’une vente aux enchères à Los Angeles !

Voilà en espérant que mon texte vous aura donné l’envie d’aller visiter le musée Chaplin’s World by Grévin à Corsier-sur-Vevey, je vous souhaite d’ores et déjà une très agréable visite !

 

Mai 2018             Marie-Claude Baillif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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