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Perdre ses Parents ou ses Frères et Soeurs !

Je ne sais pas quelle est la situation la plus dure, si c’est de perdre ses parents ou ses frères et sœurs… mais en tout cas, je peux vous dire que c’est une période difficile et pénible, que la douleur et le chagrin sont forts et intenses… et que le pire dans tout ça, c’est que tout le monde va y passer ! Eh oui, (à part les orphelins, bien sûr) tout le monde va perdre un jour ou l’autre ses parents ou ses frères et sœurs… quelle tristesse !

Ma maman est partie rejoindre les étoiles il y a 5 ans déjà (c’était en juin 2001) et mon frère a quitté cette terre voilà 2 ans (c’était en octobre 2004). Il n’y a pas un jour qui passe sans que je pense à l’un ou à l’autre ou alors aux deux en même temps… En face de mon lit, j’ai une bibliothèque. A l’avant-dernier étage de celle-ci, j’ai posé 2 photos de ma maman et 2 photos de mon frère. Je les regarde souvent, je me remémore les bons souvenirs, je pense à ce que eux auraient dit ou fait dans telle ou telle circonstance… C’est ma façon de ne pas les oublier et de les garder toujours présents dans mon cœur !

 

Mon père est décédé au mois de juin de cette année 2006. C’est l’une de ses sœurs qui un jour m’a téléphoné en me disant : « Bonjour, Marie-Claude, c’est ta tante ! J’ai une mauvaise nouvelle à t’annoncer, ton papa est décédé d’une crise cardiaque. Que veux-tu faire pour son enterrement ? Veux-tu l’incinérer ou le mettre en bière ? » Stupéfaite, non pas par l’annonce du décès de mon père, mais par le téléphone de cette tante que je n’avais plus revue depuis l’âge de 12 ans (cela fait donc 36 ans !!!), je lui ai répondu polie, mais stoïque : « Ecoute, c’est gentil de ta part de me prévenir, mais pour être franche avec toi, ça m’est complètement égal ! Vous pouvez en faire ce que vous voulez, je m’en fous ! Je n’ai pas revu mon père depuis l’âge de 14 ans, donc ce n’est plus mon problème et sache d’ores et déjà que je ne viendrais pas à l’enterrement !!! »

Ma tante, probablement choquée par mes propos, m’a répondu : « Oui, mais quand même depuis la mort de ton frère, vous vous reparlez, non ??? » Alors là, mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai rétorqué agacée : « Excuse-moi, mais tu sais pour moi mon père n’est plus mon père et cela depuis bien longtemps déjà ! Dans mon cœur et dans ma tête, c’est mon géniteur et rien de plus !!! Un homme qui n’a plus donné signe de vie à ses enfants pendant autant d’années et qui n’a jamais payé la pension alimentaire pour leur permettre d’être élevé et éduqué correctement n’est pas digne d’être appelé père !!! Et si aujourd’hui, on se reparle, c’est uniquement parce que la juge qui s’occupait de la succession de Daniel (c’est le nom de mon frère) m’avait demandé de le rechercher afin d’éviter des frais de papiers. C’est donc moi et mon amie Chantal qui, après X téléphones, avons retrouvé son adresse et l’avons communiquée à la juge. Tu vois, si Daniel n’était pas mort, je ne saurais même pas s’il serait encore vivant ou pas !!!

Oui, il m’a téléphoné, c’est vrai, mais tu veux savoir pourquoi !?! La première fois (à fin novembre), c’était pour me demander le contenu du rapport de police, car il voulait absolument savoir qui était responsable de l’accident. Si ça avait été le conducteur de la voiture d’en face, il aurait porté plainte afin d’obtenir des dédommagements. Il ne m’a jamais demandé si Daniel avait souffert, s’il était mort sur le coup ou non… lui, tout ce qui l’intéressait, c’était de ramasser de l’argent !!! La deuxième fois (en janvier), c’était pour m’informer que comme il y avait plus de négatifs que de positifs dans la succession, il l’a refusait et la troisième fois (en juin), c’était pour me dire que comme sa soupe était trop chaude et qu’il devait attendre qu’elle refroidisse pour la manger, il en profitait pour me donner son numéro de natel (il venait d’en acheter un) au cas où

j’aurais envie de l’appeler ! Il ne m’a ni souhaité joyeux noël, ni bonne année et il ne m’a jamais demandé comment moi j’allais, comment je me débrouillais pour payer l’enterrement et comment je vivais tout ça !!! Je ne suis pas méchante, mais tu vois dans de telles circonstances, ça ne m’intéresse absolument pas de savoir ce que vous allez faire de lui !!! »

Ma tante n’a plus rien dit et après les salutations d’usage, nous avons raccroché. J’étais en plein repas avec des amis, nous avons terminé comme si de rien n’était. Le décès de mon père ne m’a pas du tout affectée et c’est tant mieux, car maintenant, je sais que je suis en parfait accord avec moi-même. Ma réaction a été comme je l’espérais, exactement comme je l’exprimais depuis tant d’années… aucune haine, car l’amour et la haine sont toujours intimement liées, mais une profonde et une totale indifférence !!! Par contre, le fait que moi, myopathe à l’avenir réduit, j’ai survécu à ma maman, à mon frère et maintenant à mon père me faisait tout bizarre !!! Vous vous rendez compte, j’ai enterré tout le monde, alors que suivant la logique des choses, ça aurait dû être le contraire !!! Surprenant !!!

Et le pardon, me direz-vous ? Qu’en faites-vous ? N’aurait-il pas été possible, voir même envisageable après toutes ces années ? Peut-être, je ne sais pas… mais au vu de son comportement égoïste, égocentrique et cupide lors du décès de mon frère, son fils, la chair de sa chair, je répondrais avec un NON catégorique !!! Quand les gens sont détestables et odieux avec nous, pourquoi faire des efforts pour eux ?

Un samedi matin, alors que j’avais 13 ans et que mon père devait venir nous chercher (mon frère et moi) lors de l’un de ses week-ends de visite, il a téléphoné pour me demander la chose suivante : « Marie-claude, tout à l’heure, on va aller manger au restaurant avec des amis, mais comme pour accéder au restaurant, il y a une dizaine de marches, je n’aimerais pas qu’ils voient comme tu as de la peine à les monter. Alors, si tu es d’accord, on va partir plus vite pour arriver avant eux. Si toutefois, ils te voyaient quand même, tu ne leur dis surtout pas que tu es malade, non jamais, tu leur expliques simplement que tu es tombée en faisant du ski et que c’est pour cela que tu marches et que tu montes les escaliers bizarrement, d’accord ?

 » Je n’ai pas pu répondre tellement ma gorge était nouée, j’ai lâché le combiné téléphonique et je suis partie pleurer dans ma chambre… mon père avait honte de moi, quelle horreur, quel monstre !!! Mais qu’est-ce que j’y pouvais moi d’avoir la myopathie, ce n’était pas de ma faute !?! Je me sentais rabaissée, humiliée, blessée et vexée !!! Mais comment avait-il pu ??? Eh oui, comment avait-il oser me dire et me demander de mentir sur ma santé ??? J’étais dépitée… Ma maman, furax, de me voir dans tous mes états, a récupéré le téléphone et a crié à mon père : « Mais qu’est-ce que tu lui as dit comme saloperie pour qu’elle pleure pareillement ??? » Mon père, lâche, ne lui a pas répondu, il a même raccroché !!! Ce samedi-là, pour finir, il n’est jamais venu nous chercher… Quel goujat !!!

Ma maman est revenue plusieurs fois vers moi pour me questionner, mais je n’ai jamais pu le lui dire… les mots restaient toujours coincés dans ma gorge… ça faisait beaucoup trop mal… et puis, surtout comment avouer à ma maman qui se battait corps et âme pour que je vive le mieux possible avec ma maladie, que mon père, son ex-mari, l’homme qu’elle avait aimé, avait honte de moi, leur fille, le fruit de leur amour et que la façon dont je marchais et que je montais les escaliers le dérangeaient et le gênaient !?! C’était impossible, je n’en avais pas le courage…!!! Ma maman ne l’a jamais su !!!

Là, j’ai envie de dire un grand MERCI à tous les parents, frères et sœurs, grands-parents ou famille d’accueil qui sont fiers, bienveillants, proches et câlins vis-à-vis de leurs enfants handicapés !!! Ces gens-là ont tout compris à la vie… ils méritent notre considération, notre respect et notre estime !!!

A la télévision, lorsque je regarde les émissions où les enfants de parents divorcés devenus adultes racontent leur désarroi, leur mal de vivre depuis le jour où leur père (ou leur mère) a décidé volontairement de quitter le foyer conjugal et que depuis des années, ils font tout pour les rechercher, j’ai un peu de peine à les comprendre… Pourquoi vouloir à tout prix forcé quelqu’un à nous aimer lorsqu’il n’en a pas envie ? Pourquoi rechercher quelqu’un qui ne veut pas de nous ? Pourquoi perdre son temps et son énergie à contacter quelqu’un qui ne s’est pas préoccupé de nous pendant tant d’années ? Moi, mon père, je n’ai jamais ressenti le besoin ni l’envie d’ailleurs de le rechercher, oh non, je ne suis pas « maso » et je trouve que la vie nous envoie déjà assez de problèmes sans qu’on en rajoute encore volontairement !!!

Noël et les jours de fête approchent à grand pas et pour nous, qui nous nous retrouvons seules à cause de la mort d’êtres chers, c’est une période morose et plutôt triste !!! Quand les amis ou les voisins, tous ceux qui gravitent autour de nous, nous racontent leurs préparatifs pour faire la fête en famille, on est très heureux pour eux, mais c’est là qu’on réalise que nous, on n’a plus cette chance là…

A tous ceux qui sont en train de lire ce texte,

j’ai envie de dire ceci :

  • Si vos parents sont dans un EMS ou à l’hôpital, eh bien, allez les trouver, cela leur fera plaisir…

  • Si vos parents vivent encore chez eux à la maison, alors faites une fête en leur honneur soit chez vous ou soit chez eux (c’est égal), car il ne faut jamais oublier que si vous êtes sur cette terre aujourd’hui, c’est grâce à eux et que si vous pouvez lire ces lignes, c’est grâce à leur éducation !!!

  • Si malheureusement vous avez perdus vos parents, que votre famille s’est fortement rétrécie ou que vous êtes tout seul, alors pensez à tous ceux que vous connaissez qui sont isolés, abandonnés ou séparés… une lettre, un bouquet de fleurs, un repas, un cinéma… une petite attention, une invitation… c’est fraternel, convivial et ça réchauffe les cœurs !!!

Mais au fait, n’est-ce pas l’essence même du message de la naissance de Jésus à Noël ??? Etre amical, accueillant et partager !!!

*************

Maintenant, j’aimerais vous présenter un texte magnifique que j’ai reçu par email sous la forme d’un PPS.

Cher fils… ou chère fille…

La journée où tu trouveras que je suis devenu très vieux ou vielle, essaie d’avoir de la patience envers moi et essaie de me comprendre…

Si je me salis en mangeant… si j’ai de la difficulté à m’habiller… sois patient (e) ! Souviens-toi des heures que j’ai passé à t’apprendre toutes sortes de choses quand tu étais petit (e)…

Si je répète la même chose des dizaines de fois, ne m’interrompt pas ! Ecoute-moi ! Quand tu étais petit (e), tu voulais que je te lise la même histoire, soir après soir, jusqu’à ce qu tu t’endormes. Et je l’ai fait !

Si je ne me lave plus aussi souvent sous la douche, ne me réprimande pas et ne me dis pas que c’est une honte. Souviens-toi combien d’excuses, je devais inventer pour te faire prendre un bain quand tu étais petit (e)…

En voyant mon ignorance vis-à-vis des nouvelles technologies, ne te moque pas de moi, mais laisse-moi plutôt le temps de comprendre… Je t’ai appris tant de choses… bien manger… bien t’habiller… bien te présenter… comment confronter les problèmes de la vie…

S’il m’arrive à l’occasion de manquer de mémoire ou de ne pas pouvoir suivre une conversation… laisse-moi le temps nécessaire de me souvenir… et si je n’y parviens pas, ne deviens pas nerveux (se) et arrogant (e)… car le plus important pour moi, c’est d’être avec toi et de pouvoir te parler !

Si je refuse de manger, ne me force pas ! Je sais très bien quand j’ai faim et quand je n’ai pas faim. Quand mes pauvres jambes ne me permettront plus de me déplacer comme avant… Aide-moi de la même manière que je tenais tes mains pour t’apprendre à faire tes premiers pas. Et quand un jour, je te dirais que je ne veux plus vivre… que je veux mourir… ne te fâche pas… car un jour tu comprendras aussi à ton tour !

Essaie de comprendre qu’à un certain âge, on ne vit plus vraiment ! On survit simplement !

Un jour, tu comprendras que malgré toutes mes erreurs, j’ai toujours voulu ce qui était le mieux pour toi et que je préparais le terrain pour quand tu serais grand (e)…

Tu ne dois pas te sentir triste, malheureux (se) ou incompétent (e) face à ma vieillesse et à mon état. Tu dois rester près de moi, essayer de comprendre ce que je vis, faire de ton mieux comme je l’ai fait à ta naissance…

Aide-moi à marcher… aide-moi à terminer ma vie avec amour et patience…

La seule façon qui me reste pour t’en remercier, c’est un sourire et beaucoup d’amour pour toi…

Je t’aime… mon fils (ou ma fille…)

                           Ton père, ta mère

*************

Alors, qu’en pensez-vous ? N’est-il pas beau, touchant et attendrissant ce texte !?! Ne reflète-t-il pas une évidence !?! Moi, je le trouve poignant… il m’a bouleversée !!! (il se trouve aussi dans ma rubrique PPS à la page d’accueil de mon site).

Voilà en cette fin d’année, je voudrais souhaiter

 

UN JOYEUX NOEL A MA MAMAN !

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UN JOYEUX NOEL A MON FRERE !

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AINSI QU’UN JOYEUX NOEL

 

A TOUS CEUX QUI ONT PRIS LA PEINE  DE ME LIRE JUSQU’AU BOUT !

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JE VOUS SOUHAITE EGALEMENT A TOUTES ET A TOUS UNE

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AVEC BEAUCOUP D’AMOUR, DE SANTE ET DE JOIE !!! 

   

 

Décembre 2006                        Marie-Claude Baillif

 

 

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