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1982 : L’Egypte en chaise roulante… une aventure inoubliable !

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Il y avait Bernard (un ami de toujours), Sandra (la jeune fille du Liechtenstein qui s’occupait de moi) et moi-même, une myopathe en chaise roulante !

Nous sommes partis 2 semaines, du 28 février au 13 mars.Comme c’était impossible de visiter toute l’Egypte en si peu de temps, nous avons décidé de visiter peu d’endroits, ceci pour nous permettre de mieux les connaître et de mieux les apprécier !Le Nil… les pharaons… les temples… Ce fut un rêve longtemps caressé devenu enfin réalité le 28 février 1982 ! Pour faire ce fantastique voyage, nous étions 3 personnes !

Notre programme était le suivant :

Visiter le Caire, les Pyramides de Gizeh et le Sphinx, découvrir la région de Louxor avec le temple de Karnak, les musées pharaoniques et la Vallée des Rois, voir le Nil ainsi que faire 4 heures de voiture à travers le désert pour rejoindre le village d’Hurghada au bord de la Mer Rouge !

C’était mon premier voyage hors de l’Europe ! J’étais folle de joie et toute excitée ! Ma maman un peu moins, car nous avions deux problèmes :

  • Sandra devait vite rentrer chez elle au Liechtenstein pour prendre ses habits d’été (chez moi, elle n’en n’avait pas, on était en hiver…)

  • Bernard, méticuleux et soucieux que tout aille bien, voulait partir seul deux jours plus tôt afin de s’assurer des bonnes réservations de l’hôtel et de sa réelle accessibilité pour ma chaise roulante !

Ces deux soucis de dernière minute signifiaient que :

  • Ma maman devait m’emmener à l’aéroport de Genève
  • Je devais prendre l’avion toute seule (celui-ci faisait Genève – Zurich – le Caire)
  • Sandra devait me rejoindre dans l’avion à Zurich
  • Et Bernard devait nous attendre à l’aéroport international du Caire pour nous emmener à l’hôtel qu’il avait réservé !!!

Ce plan était gonflé, audacieux et risqué… mais, bon, comme j’étais jeune, téméraire et aventureuse, je n’ai pas hésité… j’ai tout de suite accepté ! Ma maman, la pauvre, était toute paniquée…

Le trajet, seule dans l’avion, s’est très bien passé, Sandra m’a rejoint comme prévu à Zurich (ouf ! J’étais quand même un peu soucieuse…) et nous avons bien atterri au Caire !

Pour me sortir de l’avion, deux hommes m’ont porté dans leurs bras. Une fois sur le tarmac, ils m’ont déposée dans une chaise roulante (ce n’était pas la mienne, mais celle de l’aéroport). Il faisait chaud et pour se faire comprendre, on devait parler en anglais !

A l’arrivée des bagages, panique générale, il n’y avait pas ma chaise roulante ! Lorsque je demandais : « Mais où est-elle ? J’en ai besoin ! » Personne ne savait ! J’étais énervée, angoissée, je gueulais de partout ! De plus, je ne voyais pas Bernard… il n’était pas là au rendez-vous !

Le responsable des bagages est venu vers moi et m’a dit : « Je suis désolé, mes hommes ont fouillé dans tout l’avion et ils n’ont rien trouvé ! La seule chose que je peux faire dans l’immédiat, c’est d’envoyer un fax à Zurich et à Genève pour leur signaler la disparition de votre chaise et qu’il faut à tout prix nous la renvoyer ! Quant à vous, il faut m’appeler d’ici 2 à 3 jours pour voir si on l’a retrouvée et si c’est le cas, venir la chercher ! »

J’étais anéantie, sous le choc, complètement désespérée ! Mais comment allais-je faire pour visiter l’Egypte sans ma chaise roulante ? Rester 2 ou 3 jours coincée dans un lit d’hôtel… bof, ça ne me disait pas trop ! Et Bernard qui n’était toujours pas là… Ah ! Décidemment, les vacances commençaient bien !!! C’était génial !!!

Dans ce genre de situation, il n’y a pas grand-chose à faire à part réfléchir vite et bien !

Comme j’étais assise dans la chaise roulante de l’aéroport, j’ai demandé au responsable des bagages si c’était possible de la prendre avec moi et de la garder jusqu’à ce qu’il retrouve la mienne. Lorsqu’il m’a répondu : « Non, c’est impossible ! Aucune chaise de l’aéroport ne peut sortir de cet enceinte » j’étais abasourdie ! Quel imbécile celui là ! Mais, alors, comment allais-je faire ? Il fallait absolument trouver une solution !

Lorsqu’il m’a demandé dans quel hôtel j’étais (« Le Môvenpick ») et qu’il m’a certifié que cet hôtel mettait une chaise roulante à disposition de ses clients, je ne l’ai pas crû ! Si en Suisse, les hôtels n’en possèdent pas, vous pensez bien que ce n’est pas ici en Egypte que j’allais en trouver une !!!

Pour me calmer et prouver que ses dires étaient exacts, il nous a emmené (Sandra et moi-même) directement à cet hôtel miracle ! Nous sommes montés dans une camionnette avec 2 gardes munis de mitraillettes ! C’était très impressionnant… comme dans les films de terroristes ! Voyant mon trouble et mon désarroi, il m’a expliqué que les gardes munis de mitraillettes étaient là à cause des attentats et des tensions avec Israël !

Lorsque nous sommes arrivées devant l’hôtel (après 1 bonne heure de route), qui est-ce que j’ai vu… Bernard qui faisait les cent pas dans le couloir ! Enfin, il était là ! Quelle chance ! Quelle joie ! Quel bonheur ! J’étais tellement contente !

Après avoir discuté avec le réceptionniste de l’hôtel, le responsable des bagages est arrivé avec une chaise roulante. Je n’en croyais pas mes yeux ! Le bougre, il avait donc raison ! On l’a remercié et lui et ses 2 gardes sont repartis pour l’aéroport !

Nous, pour nous remettre de toutes ces émotions et pour s’expliquer, nous sommes partis au bar de l’hôtel pour boire un verre ! On en avait besoin ! Bernard était dans tous ses états aussi… il avait eu très peur ! En fait, lui, il nous a attendu à l’aéroport international et nous, nous avons atterri à l’aéroport national ! C’est fou comme certains rendez-vous ne tiennent qu’à un fil… Enfin ! Maintenant, nous étions tous là réunis, sains et saufs et c’était ça l’essentiel ! Bonjour le Caire, bonjour l’Egypte… les vacances pouvaient commencer !

Lorsque nous sommes sortis du bar, j’ai senti que les 4 pneus de la chaise roulante étaient quasi tout dégonflés ! Pour ne pas les abîmer davantage, nous sommes tout de suite partis à la réception de l’hôtel pour le signaler et demander une pompe à vélo pour les regonfler. Pas de chance, le réceptionniste n’en avait pas et honnêtement, il avait l’air de s’en foutre comme de l’an 40 ! Tout ce qu’il disait, c’était « no problem, no problem, vous pouvez rouler comme ça, no problem » !

Les Pyramides de Gizeh

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Le lendemain, pour partir à la découverte du Sphinx et des Pyramides de Gizeh, nous avons décidé de prendre un taxi. Comme j’avais lu dans « le petit guide de voyage Berlitz » que les chauffeurs doublaient, voir même triplaient leurs prix avec les touristes, j’ai demandé au réceptionniste de l’hôtel de me dire le prix d’une course jusqu’aux pyramides. A la station de taxi, quand on m’a proposé le double de ce que le réceptionniste m’avait dit, j’ai refusé (c’était toujours moi qui négociait ce genre d’affaire, car Bernard et Sandra ne parlaient bien l’anglais !).

Comme le chauffeur de taxi ne voulait pas démordre de son prix et moi non plus, c’était le statu quo entre nous ! Lorsque je lui ai dit que j’allais demandé à un autre taxi, il a éclaté de rire et il a appelé tous ses collègues ! Il leur a baragouiné quelque chose en arabe et tous ses collègues se sont mis à rire aussi ! En fait, lui, c’était le boss, le patron de tous les autres ! Evidemment, là, je ne pouvais rien faire… j’étais coincée ! Comme la situation était cocasse, je me suis mise à rire aussi ! Soudain, il m’a tapé sur l’épaule, posé un bisou sur la tête et m’a dit : « Ok, comme vous avez du cran, pour vous, je vais faire le vrai prix ! » J’étais toute fière !

Aux pyramides, nous avons accepté de monter dans une calèche. Pour me hisser là haut et me faire tenir en équilibre dans le siège, ce n’était pas évident ! Au début, c’était sympa et folklorique, mais après, j’ai regretté, car le pauvre cheval a beaucoup souffert dans la descente ! Ses sabots glissaient sur l’asphalte… Quand au prix, pour le réceptionniste, on s’est fait arnaquer haut la main !

Les pyramides de Gizeh datent de 2’500 ans avant J.-C. Ces extraordinaires monuments défient toujours l’imagination ! Les historiens savent à quoi servaient les pyramides (c’était les tombes des pharaons), mais ne comprennent toujours pas pourquoi elles ont cette forme pyramidale parfaite ! Plus extraordinaire encore, ils ne savent toujours pas avec certitude comment elles ont été bâties !

En effet, comment des humains ont-ils pu déplacer des blocs de pierre aussi massifs en ne se servant que d’outils de l’âge de la pierre ? Les Egyptiens ont laissé des milliers d’illustrations représentant la vie quotidienne sous l’Ancien Empire, mais chose curieuse, aucune ne montre comment les pyramides ont été construites !

Le site de Gizeh est l’une des 7 merveilles du monde antique, la seule qui ait survécu au passage du temps (les six autres merveilles sont le mausolée d’Halicarnasse à Bodrum en Turquie, la statue de Zeus à Olympie en Grèce, le colosse de Rhodes en Grèce aussi, le temple d’Artémis à Éphèse en Turquie, les jardins suspendus de Babylone en Irak et le phare d’Alexandrie en Egypte).

Le lieu choisi pour construire ces pyramides n’est pas anodin, mais au contraire, très symbolique. En effet, elles s’élèvent là où commence le delta du Nil !

La pyramide de KHEOPS

C’est la plus grande des 3 pyramides du plateau de Gizeh, mais c’est aussi la plus grande du monde ! Elle a été construite par le Pharaon Khéops pour servir de nécropole après sa mort.

Ses dimensions sont très impressionnantes : sa largeur est de 233 mètres, sa hauteur de 146 mètres, sa surface au sol de 5 hectares et elle a nécessité la venue de 2 600 000 m3 de pierre, soit 6 millions de tonnes !

Il a fallu plus de 20 ans et 100 000 ouvriers pour l’édifier. On pense que 20 000 hommes se trouvaient simultanément présents sur le chantier !

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Khéops était un pharaon de la quatrième dynastie au début de l’ancien empire égyptien (2’551-2’528 avant J.-C.). Son règne a duré 23 ans. Il a imposé sa vision de l’éternité au monde entier !

Durant plus de 4’000 ans, sa pyramide a été le monument le plus haut jamais construit. Elle n’a été égalée qu’à la fin du XVIe siècle par une ou deux cathédrales. Ce qui est surprenant, c’est que certains des blocs de pierre qui la composent pèsent plusieurs tonnes et sont ajustés au demi millimètre près !  

La pyramide de KHEPHREN

La pyramide du Pharaon Khéphren (2’520 – 2’494 avant J.-C.) se situe à 300 mètres au sud-ouest de celle de Khéops. Khephren était le fils de Khéops.

Cette pyramide est plus modeste. Elle mesure 215 mètres de largeur pour 136 mètres de hauteur, mais elle a tout de même nécessité 1 600 000 m3 de pierre pour la construire !

La pyramide de MYKERINOS

C’est la plus petite des trois ! Elle mesure 66 mètres de hauteur pour 108 mètres de largeur.

Mykérinos était le fils de Khéphren et le petit-fils de Khéops.

Non loin de là se trouvent trois petites pyramides, ce sont celles des reines.

Le SPHINX de GIZEH

Le Sphinx de Gizeh est le plus vieux et le plus grand des sphinx du monde. Sculpté en un seul bloc de pierre, il a le corps d’un lion couché et la tête d’un souverain portant la coiffure royale. C’est une manière très égyptienne de mettre en avant la force (pour le lion) et le courage et la sagesse du pharaon (pour la tête).

Ses dimensions sont gigantesques : sa hauteur est de 20 m, sa longueur de 73 m et sa largeur de 14 m. Le visage à lui seul mesure 5 mètres et ses oreilles 1.40 mètres chacune !

Pour la grande majorité des égyptologues, cette colossale statue a été érigé entre 2’500 et 2’600 avant J.-C. et représente le pharaon Khéphren qui monte la garde à l’entrée de sa nécropole funéraire. A l’image du Sphinx, le pharaon était considéré comme un dieu tout puissant !

D’autres spécialistes y voient plutôt Khéops et très récemment, un égyptologue l’a identifié à Djedefrê, le successeur immédiat de Khéops.Pour certains scientifiques, les pyramides et le sphinx dateraient de 10’500 ans et auraient été conçus selon un plan inspiré des astres. D’autres encore affirment avoir découvert sur le sphinx des traces d’une gigantesque crue. Noé serait-il alors le créateur de l’homme lion de pierre ou alors serait-ce les habitants de l’Atlantide ?

Le sphinx se trouve à peu de distance de la grande pyramide et son mystère demeure entier…

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En ce qui concerne la destruction de son nez, il y a plusieurs hypothèses aussi. L’une d’elle soupçonne les troupes de Bonaparte de l’avoir détruit lors d’exercices de tir pendant sa campagne d’Egypte à la fin du XVIIIe siècle. Une autre (la plus probable) dit que ce sont les Mamelouks (des conquérants d’origine turque), musulmans qui n’auraient pas supporté le sourire « impie » de la statue !

Le Caire

Le lendemain, pour visiter la ville du Caire, nous sommes partis vers notre copain, le chef des taxis ! Quand je lui ai demandé de nous conduire dans le vrai Caire, pas celui des touristes, il m’a proposé de passer la journée avec lui. Son but ? Nous faire découvrir des coins typiques que nous n’aurions jamais pu voir seuls !

On a accepté et je peux vous dire que c’était mémorable ! On a vécu plein de choses captivantes comme boire un thé dans un café où tous les hommes fumaient du narguilé (les femmes sont normalement interdites) et on a beaucoup appris… il nous a raconté tout plein d’histoires sur les différentes coutumes du pays et tout plein d’anecdotes sur la vie de tous les jours !

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A un moment donné, dans la voiture, il faisait très chaud ! Dans la boîte à gants, il y avait 2 oranges. Au lieu de les garder pour lui (il en avait tout à fait le droit), cet homme incroyable les a partagée avec nous ! Il était vraiment super et à la fin de la journée lorsqu’il nous a ramené à l’hôtel, il nous a chaleureusement serré la main en nous disant qu’on était ses amis et que si on avait besoin de quoi que ce soit, on pouvait compter sur lui ! Il n’a jamais voulu qu’on le paie ! Merveilleux, non !?! 

Le Caire, c’est la capitale de l’Egypte. Aujourd’hui, elle compte 10 millions d’habitants, 20 millions avec la banlieue. C’est la ville la plus grande et la plus peuplée de l’Afrique ! La ville s’étend sur près de 30 Km de part et d’autre du Nil. C’est un étonnant mélange de modernisme et de traditions !

Les quartiers modernes n’ont rien à envier à nos capitales européennes. On y trouve des grands immeubles, la circulation des voitures est dense, les trottoirs sont bondés de piétons revêtus de costumes et d’élégantes robes et les boutiques rivalisent de luxe pour attirer le promeneur.

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Egypte, le Caire, vue depuis la Cairo Tower

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Dans les autres, plus traditionnels, il n’est pas rare de voir des charrettes tirées par des ânes se mêler au flot des voitures, des bus et autres camions, le coiffeur de rue proposer la dernière coupe à la mode et le vendeur de pain se promener avec son chargement sur la tête… ici, c’est le règne des djellabas, des robes noires et des tchadors. Les boutiques sont moins nombreuses et beaucoup moins luxueuses.

Je retrouve ma chaise roulante

Le troisième jour, lorsque j’ai appelé l’aéroport, j’ai enfin eu une bonne nouvelle… ils avaient retrouvé ma chaise roulante ! Quelle chance ! Je devais tout de suite m’y rendre pour vérifier si c’était bien la mienne !

Une fois à l’aéroport, le responsable des bagages avec un garde muni d’une mitraillette (encore ! Décidemment…) m’a emmené dans une immense salle où il y avait tout plein d’objets perdus et trouvés. Lorsque j’ai vu ma chaise roulante (je l’ai tout de suite reconnue… il y a des autocollants collés partout sur les accoudoirs), j’ai crié de bonheur et… j’ai pleuré d’émotion ! Si j’avais pu l’embrasser et la serrer fort dans mes bras, je l’aurais fait ! C’est là que j’ai réalisé combien ce bout de ferraille me tenait à coeur ! Elle était mes jambes… elle était ma liberté et mon indépendance… elle était « moi » et je devais en prendre soin !

Louxor

Pour aller à Louxor, nous avons pris l’avion. Pour connaître le prix du taxi de l’aéroport à notre hôtel, je me suis renseigné auprès du stewart. A l’aéroport de Louxor, lorsqu’un chauffeur de taxi est venu vers moi et qu’il m’a dit son prix, j’ai refusé… beaucoup trop cher ! Deux minutes plus tard, le même chauffeur revenait. Cette fois, il acceptait mon prix, mais avait 2 passagers supplémentaires, un couple d’Américains. A eux, il faisait le prix fort, mais comme leur hôtel était situé avant le nôtre, je devais me taire ! Quel arnaqueur !

Dans le taxi, nous étions 6 personnes ! Il y avait devant, au volant, le chauffeur avec une fesse à moitié sur le siège et l’autre coincée contre la porte, au milieu des 2 sièges, Bernard, avec le levier de vitesse entre les 2 jambes et à droite, le monsieur Américain ! Derrière, il y avait Sandra du côté gauche, moi au milieu et la femme Américaine du côté droite ! Lorsqu’on disait au chauffeur que c’était illégal et dangereux, il répondait : « No problem, no problem » ou alors « Incha’ll ah » et il se mettait à rire ! Je n’ai jamais vu une ambiance pareille dans un taxi ! Il faut dire qu’avec les deux Américains, c’était franchement drôle et désopilant !

Le chauffeur les a déposé à leur hôtel et a continué avec nous. Quand il a demandé à Bernard si j’étais « sa petite amie » et que, en toute bonne foi, il lui a répondu non, l’ambiance s’est cassée et a vite dégénéré ! Le chauffeur voulait « coucher » avec moi pour voir ce que ça faisait que de faire l’amour avec une blonde handicapée ! Il expliquait à Bernard qu’il me ramènerait à l’hôtel dès le lendemain matin ! Quelle horreur !!! Là, ce n’était plus drôle du tout !!! On a arrêté de rigoler et on lui a ordonné de tout de suite nous poser à l’hôtel ! On l’a payé et on est parti !

Louxor est située à 687 Km au sud du Caire. Cette petite ville de Haute Egypte (148’000 habitants) se trouve sur la rive est du Nil. Il s’agit de l’antique cité de Thèbes fondée il y a quatre mille ans ! Elle a connu son apogée pendant les XVIIIe, XIXe et XXe dynasties. C’était l’une des plus grandes villes antiques de l’époque. C’est ici que les pharaons ont créé des édifices si grandioses, si gigantesques que même nous (qui appartenons au siècle de la technique) sommes ébahis et fascinés devant tant de grandeur ! Homère l’avait baptisée « la ville aux cent portes » tellement le nombre de ses temples et de ses portes monumentales était grand !

Le Temple de KARNAK

Pendant de nombreux siècles, le temple de Karnak fut le principal centre religieux d’Egypte. Situé à l’extrémité nord de la ville de Louxor, il comporte plusieurs sections sacrées. Les trois principales honorent Montou (un ancien dieu guerrier local), Amon (le dieu principal de Thèbes) et la déesse Mout (l’épouse d’Amon).

La construction du temple a duré près de 2’000 ans. Ramsès II et son fils Mineptah ont vécu, ainsi que d’autres pharaons qui, au fur et à mesure, y ont rajouté des monuments. C’est la principale différence entre Karnak et les autres temples d’Egypte. Une trentaine de pharaons ont contribué à sa construction lui permettant ainsi d’atteindre une taille, une complexité et une diversité très importantes.

Le temple de Karnak s’étend sur 2 hectares. C’est un site grandiose qui comporte 4 cours, 10 pylônes, un lac sacré et de nombreux édifices. On y accède par une allée bordée de sphinx avec des têtes de bélier à cornes recourbées. Une petite figure de Ramsès II se trouve entre leurspattes. Les colonnes du temple impressionnent par leur taille. Elles s’élèvent à 22 mètres, la hauteur d’un immeuble de 9 étages !

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La Vallée des Rois

Située dans un lieu désertique sur la rive occidentale du Nil à 3 Km de Louxor, cette vallée est un grand canyon dépourvu de toute végétation. Pendant plus de 1’000 ans, les rois, reines et nobles du Nouvel Empire égyptien (1’500-1’070 av. J.-C.) y ont été ensevelis. C’est le plus remarquable lieu de sépulture du monde !    

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La situation isolée de cette vallée permettait de voir arriver les pillards de loin. Le tombeau le plus ancien découvert appartient à Thoutmosis Ier. Sur les 62 tombes recensées à ce jour, 25 sont des sépultures royales. Les autres renferment les dépouilles de hauts dignitaires, certaines n’ont pas encore pu être identifiées. La vallée des Reines, quant à elle, abrite 80 tombes destinées aux membres de la famille royale (hommes et femmes) ainsi qu’aux dignitaires de haut rang.

   

Les tombes ont toutes été creusées dans la roche (calcaire). Leurs murs étaient ornés de magnifiques scènes peintes et sculptées de la vie quotidienne avec des représentations du pays des dieux. Les chambres étaient remplies de trésors : meubles, aliments, statues, embarcations et bijoux… tout ce dont une personne avait besoin pour survivre dans l’éternité ! Les membres de la famille royale et les courtisans espéraient être à l’abri de leurs ennemis et des voleurs (ces derniers avaient causé beaucoup de ravages dans les tombes de leurs prédécesseurs dans les pyramides).

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Le 4 novembre 1922 est une date mythique dans l’égyptologie ! Ce jour-là, les archéologues Howard Carter, Lord Carnarvon et sa fille Lady Evelyn ont ouvert la porte funéraire de Toutankhamon. Le tombeau était intact, inviolé. Il contenait des lits, des cercueils, des carrosses, des statues, des candélabres et tout cela fait d’or et de pierres précieuses. Le masque du roi était en or massif, il était posé directement sur la momie.

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Bien qu’elle soit l’une des plus petites de la nécropole, la tombe de Toutankhamon est la plus célèbre en raison de sa fabuleuse découverte ! Les autres tombes ont malheureusement toutes été pillées ou visitées, parfois même du temps des pharaons ! Il existe d’ailleurs des écrits sur ces procès sous le règne de Ramsès II.

Devant de telles richesses offertes à un pharaon inconnu, on ose à peine imaginer ce que devait contenir la tombe de Ramsès II, l’un des pharaons les plus célèbres d’Egypte !

Toutankhamon est monté sur le trône vers 1’354 av. J.-C. à l’âge de 9 ans et il a régné jusqu’à sa mort prématurée vers l’âge de 18 ans. Il n’a laissé aucun héritier. Certains disent qu’il a été assassiné, d’autres qu’il a été envoyé délibérément au combat pour être tué. La cause exacte de sa mort n’est toujours pas élucidée. Ceux qui croient qu’il a été assassiné donnent pour preuve le trou dans son crâne, mais certains experts sont d’avis que ce trou a été fait après sa mort. Les derniers indices relevés lors d’un examen au scanner de sa momie (en février, mars 2005) laissent supposer qu’il serait mort des suites d’une infection généralisée provoquée par une plaie au niveau des jambes. Tétanos, septicémie ? Le mystère demeure…

Ce qui est sûr en tout cas, c’est qu’après 3’000 ans de sommeil et d’oubli, cet petit pharaon de la 18ième dynastie, enterré parmi les prodigieux amoncellements d’or et de joyaux, est entré dans la légende !

Pour visiter la fabuleuse vallée des rois, nous avons pris un jeune homme égyptien comme guide. Il nous avait accosté quelques heures auparavant à Louxor… Il était très sympa et nous a beaucoup éclairé sur l’histoire des pharaons, des peintures et des hiéroglyphes dans les tombes. Pour me permettre d’y descendre aussi (certaines étaient remplies d’escaliers), il appelait du renfort pour aider à me porter ! Il était vraiment adorable !

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Pour venir ici depuis Louxor, nous avons pris un bac pour traverser le Nil. Celui-ci, plus fréquenté par les Egyptiens que par les touristes (Sandra, Bernard et moi, nous étions les seuls) était surchargé ! Il y avait des hommes en djellaba, des femmes toutes vêtues de noir qui, cachées derrière leurs tchadors, n’arrêtaient pas de me regarder et de me demander l’aumône, des paysans, des animaux et plein de marchandises ! C’était très pittoresque !

Le Nil

Avec ses 6’671 Km, le Nil est le deuxième plus grand fleuve du monde. Durant son parcours, il traverse 7 pays : le Burundi, le Rwanda, la Tanzanie, l’Ouganda, l’Ethiopie, le Soudan et l’Egypte. Il draine un bassin de près de 3 millions de km2. Après avoir arrosé le Caire, le Nil se sépare en 9 bras principaux qui forment un delta.

Dans l’Egypte antique, le Nil a joué un rôle très important tant sur le plan économique et social (c’est autour de lui que se trouvait les plus grandes villes. Grâce à lui, les gens pouvaient se laver et se nourrir de poissons), sur le plan agricole (c’est grâce au précieux limon de ses crues que les cultures étaient possibles) et sur le plan religieux (plusieurs dieux et déesses lui étaient associés, on l’utilisait aussi pour la purification et les rituels).

Le Nil était la grande voie qui reliait les différentes parties du pays. Jusqu’au 19ième siècle, les déplacements par voie de terre étaient quasiment inconnus. Comme il n’y avait pas de forêts en Egypte, le bois était importé du Liban. Le bois d’acacia, par exemple, était utilisé en Basse Nubie pour construire les bateaux qui transportaient le granit pour l’édification des pyramides.La felouque, cette petite embarcation à voile non pontée, était le moyen de transport des personnes et des biens le plus courant sur le Nil.

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C’est depuis le hublot de l’avion que l’on se rend vraiment compte de l’importance du Nil en Egypte. De là-haut, il se distingue très nettement par une vallée verte au milieu du désert ! La vallée du Nil, c’estune étroite bande fertile de 10 à 15 Km de large sur plus de 1’000 Km de long, à l’exception du triangle du delta qui mesure 170 sur 250 km.

La Mer Rouge

Après le Caire et les Pyramides de Gizeh, Louxor et la Vallée des Rois, nous avons décidé de partir au bord de la Mer Rouge. Pour ce faire, nous avons pris un taxi. Le trajet a duré 4 heures. A tout moment, il fallait franchir des barrages militaires ou policiers (je ne sais pas trop…), c’était très bizarre ! La route, peu fréquentée, traversait un désert de roches et de pierres. C’était magnifique et très insolite !

Lorsque nous sommes arrivés à Hurgada, petit village de pêcheurs, il y avait 2 hôtels : le Sheraton et le Club Méditerranée. Le Sheraton était beau, mais alors beaucoup trop cher pour notre porte monnaie… nous avons dû nous rabattre sur le Club Méditerranée.

L’ambiance, la mentalité des gens, leurs discussions, les jeux débiles (ce soir-là, c’était l’élection de Madame et Monsieur Hurgada)… on n’a pas aimé ! Tous ces gens étaient là en Egypte, un pays rempli d’Histoire et ils ne parlaient que de bouffe, de sexe, de bronzage et de sport ! C’était désolant… On est resté une nuit, puis le lendemain matin, on est reparti à Louxor. Là-bas, au moins, nous étions au contact des habitants et il avait encore plein de choses à visiter…        

La Mer Rouge tire son nom d’une algue qui s’appelle Trichodesmium erythraeum. A la fin de la floraison de ces algues, la couleur bleu-vert de la mer se change en une couleur rougeâtre ou brune.

La Mer Rouge est l’une des mers les plus salées du monde et l’une des plus riches. Il y a plus de 1’000 espèces d’invertébrés, près de 200 types de coraux répertoriés et plus de 1’000 espèces de poissons. Pour la plongée sous-marine, c’est un paradis ! Elle s’étend sur 2’250 kilomètres depuis le Canal de Suez au Nord jusqu’au Yémen au Sud.

Mes impressions 

J’ai déjà visité pas mal de pays, mais l’Egypte est vraiment le premier où j’ai ressenti autant de bonté, de gentillesse et de générosité ! Les gens savent encore ce que le mot « partager » signifie et ça, ça n’a pas de prix !

Mais le peuple égyptien est aussi un peuple terriblement roublard envers les touristes ! L’arnaque fait partie de leur vie quotidienne ! Ce qu’il faut savoir et qu’il faut absolument faire, c’est marchander, car à ce moment là, les habitants ne nous considèrent plus comme « des gentils petits touristes à la con », mais comme des amis !

Durant notre voyage, il a fait un temps magnifique ! Un ciel bleu, bleu, bleu, un soleil radieux et une température variant entre 20 et 27 degrés! A partir de 17 heures, le soleil se couchait et il commençait à faire frais ! Un pull à longues manches était nécessaire ! Il ne faut pas oublier que l’Egypte a un climat désertique et que le sable recouvre les 95% de la superficie du pays !

La première chose qui m’a frappée, ce sont les mouches ! Il y en a partout… même quand on est propre, on en a continuellement une dizaine sur soi et il n’est pas rare de croiser des gamins avec 3 ou 4 collées au coin des yeux ! C’est terrible, car elles y pondent des œufs qui deviennent des larves et qui, à force de grignoter l’œil, les rendent aveugles ! Cette maladie s’appelle l’onchocercose ou la cécité des rivières. Elle fait des ravages…

Le premier jour, lorsqu’on est arrivé au Caire, j’ai ressenti un grand choc… celui de deux cultures, de deux civilisations différentes ! Tout était autre : le climat, les paysages, l’habillement, la langue, la nourriture, la religion, les coutumes… j’ai pris une grande claque et qu’est-ce que ça fait du bien ! Ca remet les idées en place, on devient un peu moins borné et intransigeant et on comprend mieux que « le bon Blanc qui sait tout, qui a tout vu et qui est toujours meilleur que les autres » n’a pas toujours raison !!!

J’ai vu dans quelles conditions de misère, de pauvreté et de manque d’hygiène vit une certaine couche de la population et dans quel luxe, nous nous vivons… et nous osons encore nous plaindre !

Depuis ce voyage, il y a beaucoup de choses qui me semblent à présent complètement futiles, puériles, frivoles et inutiles !

L’Egypte est un pays fantastique qu’il faut absolument voir et visiter ! On y rencontre des gens simples qui ont beaucoup de choses à nous apprendre ou plutôt à nous réapprendre, car ça fait longtemps que nous les avons oubliées !

Mes souvenirs les plus cocasses sont :

  • Lorsqu’on était dans une boutique de souvenirs au Caire, un vieux monsieur rondouillard et bedonnant en djellaba est allé demander à Bernard si j’étais « sa petite amie » et si il était d’accord de me vendre ! Quelle horreur !!! On a eu si peur qu’on a pris nos cliques et nos claques et on est sorti sans rien acheter !
  • Quand on était au Club Méditerranée d’Hurgada et qu’on regardait l’élection de Madame et Monsieur Hurgada, un homme de 40 ans est venu vers moi pour me parler et me demander si j’étais d’accord d’aller avec lui pour voir le clair de lune au bord de la mer. Lorsque j’ai refusé (il était douteux et je n’en avais aucune envie), je lui ai dit que c’était impossible, car je ne pouvais pas pousser ma chaise roulante toute seule), il m’a répondu : « Mais, il n’y a pas de problèmes, je vais le faire, ne t’inquiète pas ». Comme il insistait de façon désagréable, je me suis énervée et lorsque je lui ai clairement fait comprendre qu’il m’ennuyait, il s’est vexé et m’a lancé : « Eh bien, dis donc, toi, tu es gonflée ! Tu as vu dans quel état tu es avec ta chaise roulante ! Tu devrais déjà être contente que quelqu’un s’intéresse à toi ! Mais, non, même pas, aucune reconnaissance et en plus, tu as le toupet de me dire non, c’est quand même un monde ! ». Abasourdie et outrée, pendant quelques secondes, je suis restée bouche bée, sans voix, muette comme une carpe ! Mais comment osait-il… et surtout pour qui se prenait-il !?! Je n’en croyais pas mes oreilles… Le choc une fois passé, je l’ai remis à sa place, mais alors vite fait et bien fait ! Je ne l’ai plus revu de la soirée…

Mon souvenir le plus touchant est :

  • Au Caire, devant un bazar, il y avait 2 hommes qui, assis à une table, gravaient de magnifiques assiettes de cuivre recouvertes de motifs et de hiéroglyphes. Leur travail était minutieux, soigné et appliqué… c’était splendide… de la pure orfèvrerie ! Comme personne ne s’arrêtait vers eux (dommage…), on est resté un bon moment. On leur posait des questions (en anglais bien sûr), on échangeait nos cigarettes (eux fumaient des cléopatra, nous des brunettes)… c’était vraiment très sympa ! Soudain l’un deux, croyant que je ne voyais pas suffisamment comment il ciselait son assiette, a prit son siège comme table de travail et s’est assit parterre, à même le sol pour que mes yeux soient à bonne hauteur. Quel beau geste… ! Quel tact et quelle délicatesse… ! J’y pense souvent… !

Pour terminer ce long récit (que j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire), je dirais un seul mot « Chokran » Egypte ! C’est une expression arabe que j’adore, cela veut dire « Merci » Egypte !

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Visite des pyramides en calèche avec mes 2 aides Sandra et Bernard

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Pause photo avec le guide devant les pyramides. Il m’a mis son turban autour de la tête

Si vous voulez voir d’autres photos de ce voyage, cliquer sur le diaporama ci-joint :

« L’Egypte »

Je vous rappelle que ce voyage date de 1982, c’est-à-dire il y a 24 ans ! Certains endroits comme Hurgada au bord de la Mer Rouge ont changé. Ce n’est plus le charmant petit village que j’ai connu… Aujourd’hui, c’est devenu l’une des stations balnéaires les plus réputées de l’Egypte avec Sharm el-Sheikh !

 

Octobre 2006                             Marie-Claude Baillif

  


 

 

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