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1984 : De l’Auto-Stop en Chaise Roulante !

« Persévérance » et « ténacité » sont les mots corrects et adéquats que j’ai envie d’utiliser pour parler de mes vacances de l’été passé. En effet, c’est le moins que l’on puisse dire, car en l’espace de quelques mois, j’ai dû changer trois fois de projets! Il y avait toujours un grain de sable qui apparaissait au dernier moment juste pour venir m’empoisonner l’existence et gâcher mon plaisir. Oui, mais, voilà, je suis myopathe et me battre contre l’adversité, j’en ai l’habitude! Je le fais tous les jours contre ma satanée maladie… Moi, ce que j’aime, c’est remporter des victoires et non pas me complaire dans mes défaites! Je suis têtue et lorsque j’ai décidé quelque chose, croyez-moi, je fais tout pour y arriver! Comme dit le proverbe « j’ai la force de soulever des montagnes » et surtout, surtout, je possède un inépuisable puits d’idées dans la tête!

Lorsque j’avais 16 ans et que j’étais sur mes jambes, l’idée de faire de l’auto-stop m’avait plusieurs fois traversé l’esprit. C’était quelque chose qui me fascinait et dont j’avais fortement envie. J’en rêvais et pourtant, je ne sais pas pourquoi, (peut-être la peur, le manque de confiance en moi ou dans les autres…), je ne l’ai jamais pratiqué. Et puis, à 21 ans, je suis venue en chaise roulante et la question ne se posa même plus. Qui prendrait le temps de s’arrêter à l’heure actuelle pour embarquer une handicapée en chaise roulante ? C’était foutu et bon gré malgré, je m’en fis une raison !

stop

Avec Bettina, lors d’un voyage au Canada, le stop comme moyen de transport

L’année passée, Bettina, la jeune fille au pair qui s’occupait de moi, me raconta qu’elle était  » fan  » d’auto-stop et qu’elle l’avait déjà pratiqué à maintes reprises. Elle désirait absolument me faire goûter à cette expérience, mais je refusais. Je n’avais aucune envie de  » poiroter  » pendant des heures et des heures au bord d’une route à attendre quelqu’un qui ne s’arrêterait pas ! Le destin en décida autrement…

Un soir d’été, nous étions à Genève, Bettina, son frère et moi. Attablés à une terrasse de bistrot où l’ambiance battait son plein, nous avions oublié l’heure et à minuit moins le quart, le dernier train pour Nyon s’était déjà volatilisé. Prendre un taxi nous aurait coûté beaucoup trop cher et l’unique solution qui nous restait, était de faire de l’auto-stop. C’est fou comme la vie nous attrape quelquefois et nous joue des tours à sa façon !

Il était une heure du matin et nous étions trois personnes, dont une en chaise roulante. Je dois dire que pour un début, nous n’avions pas tous les atouts en main ! Le sort en était jeté! Je m’allumais une cigarette et n’eus pas le temps de la finir qu’une voiture s’arrêta déjà. Malheureusement, ses occupants se dirigeaient dans une toute autre direction que Nyon. A peine le temps d’une deuxième cigarette et une camionnette stoppa. Cette fois, c’était gagné ! On avait réussi ! Ce fut ma première expérience d’auto-stop et j’étais conquise. L’enthousiasme, quoi ! Dorénavant, il m’en faudrait d’autres…

camionnette

A Chypre en 1988, nous étions sur une route peu fréquentée. Trois ou quatre voiture par heure… Tous les moyens sont bons pour faire quelques kilomètres

Depuis lors, j’en ai pratiqué à Chypre lors de mes vacances au mois de mars et en Crète cet été. Je trouve que c’est un excellent moyen d’entrer en contact avec les gens et de leur parler. Je n’ai fait aucune mauvaise rencontre, bien au contraire, j’ai même récupéré quelques adresses ! Cela marche très bien et contrairement à ce que je pensais auparavant, les gens s’arrêtent volontiers!

Par ce témoignage, je voudrais prouver que rien n’est impossible pour une personne handicapée ! Je voudrais casser l’image que les personnes valides ont de nous et de nos capacités. Nous portons une bien lourde étiquette et pour s’en débarrasser, ce n’est pas facile. Mais l’effort doit aussi venir de nous-mêmes ! Il nous faut absolument briser toutes ces barrières imaginaires que nous nous mettons volontairement ou involontairement en travers de la route. Pourquoi pensais-je que je ne pouvais pas faire de l’auto-stop en chaise roulante ? Parce que je l’avais entendu et qu’on me l’avait dit, mais surtout parce que j’y avais bêtement cru et que j’avais accepté cette fausse affirmation !

Je suis atteinte de myopathie, ce qui n’est pas une mince affaire, et pourtant, maintenant, rien ne m’arrête… et surtout pas des barrières architecturales ! Les obstacles sont faits pour les franchir ! J’ai accepté le fait d’être malade, mais je refuse de vivre comme une personne handicapée. Pour nous, il n’y a que deux solutions : être en chaise roulante, se révolter, pleurer toute la journée, se replier sur soi-même, etc., ou alors être en chaise roulante, s’accepter, être bien dans sa peau, rire, découvrir, voyager, apprendre… bref, se faire une belle petite vie !

J’ai choisi la deuxième solution. J’ai cessé de voir ce que je ne peux plus faire et j’ai plutôt regardé TOUT ce que JE PEUX ENCORE FAIRE ! J’ai changé mes pensées négatives en pensées positives. Je vous le dis : la vie est belle et vaut la peine d’être vécue, pleinement !

A vous de choisir…

           Nyon, 1987                               Marie-Claude Baillif

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