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1988 : Le Canada… Une Autre Façon de Voyager… L’auto-stop !

J’aimerais vous parler d’une expérience fantastique qui m’est arrivée l’année passée au mois de juillet et qui prouve qu’avec de la volonté, de l’audace et une bonne dose d’humour, tout est possible, même pour nous, personnes handicapées en chaise roulante ! Il suffit d’oser…

Tout a commencé par une passion, celle que j’éprouve depuis plusieurs années pour un merveilleux pays, le CANADA. Cette folle passion m’a conduite pour la troisième fois au travers de ces contrées magiques accompagnée de mon amie Bettina.

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Avec Bettina, lors d’un voyage au Canada, le stop comme moyen de transport

Nous sommes parties comme cela, à l’aventure, sans aucun plan précis et ouverte à toute proposition. Nous dormions dans les auberges de jeunesse, moyen très commode de faire rapidement des connaissances et de ne pas trop alléger le porte-monnaie ( 10 Frs. par personne et par nuit ). Oh, bien sûr, les auberges de jeunesse ne sont pas toujours accessibles et fonctionnelles pour une chaise roulante. Quelquefois même des problèmes peuvent se poser, mais il y a toujours moyen de s’arranger. Les Québécois sont des gens extrêmement hospitaliers et ils font le maximum pour nous aider et nous faciliter la vie !

Par exemple, une fois, nous étions très embêtées car les dortoirs, les douches et les WC des filles se trouvaient au deuxième étage d’un vieil immeuble sans ascenseur. Il y avait une chambre ou deux au rez-de-chaussée, mais elles étaient spécialement réservées pour les responsables. Qu’à cela ne tienne ! Si nous étions d’accord et que nous nous en accommodions, nous pouvions occuper l’une de ces chambres pour la nuit. Quant aux problèmes des toilettes… il y avait un restaurant à 5 minutes de là qui faisait très bien l’affaire !

Le petit déjeuner, le matin, dans les auberges de jeunesse est un moment très privilégié et très sympathique. C’est le temps des rencontres où l’on côtoie toutes les nationalités, où l’on parle toutes les langues, où l’on échange toutes les adresses. Autant de Canadiens que d’Européens utilisent ce mode de voyager et c’est ainsi qu’à l’auberge de jeunesse de Québec City, nous avons rencontré et sympathisé avec un artiste peintre montréalais et son ami étudiant en théâtre.

Nous sommes restées quatre jours en leur compagnie et ce furent quatre jours fantastiques passés à découvrir tous les charmes de la région. Ils possédaient une voiture, ce qui était très pratique pour nous.

A l’aube du cinquième jour, nous avions projeté, Bettina et moi, de nous rendre au lac Saint-Jean en bus Greyhound. Et puis, ô, miracle, ce matin-là, au petit déjeuner, nous avons rencontré un Français très sympa qui nous a proposé de louer une voiture ensemble et de partager les frais. Une heure plus tard, nous étions à bord de notre  » Oldsmobile  » et partions à la découverte de la Baie Saint-Paul, du fleuve Saint-Laurent, Chicoutimi, le lac Saint-Jean et le parc naturel des Laurentides. Ce fut fabuleux et quelle nature… si somptueuse, si éclatante, si belle et si sauvage ! Un vrai régal pour les yeux ! Le décor canadien est incontestablement l’un des plus grandioses et des plus beaux avec toutes ces immenses étendues de forêts et ses innombrables lacs sauvages. C’est magique !

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De retour à Québec City, cinq jours plus tard, nous avons quitté notre Français et sommes reparties pour de nouvelles aventures. Nous voulions nous rendre à  » North Bay « , petite ville en Ontario, à quelques 830 km de là, pour retrouver l’un de mes amis connu lors d’un voyage précédent.

Faire de l’auto-stop est une chose très courante et très pratiquée au Canada. C’est une bonne formule et il y a même une association qui s’est créée et qui s’appelle  » Allô, stop « . Il suffit de leur téléphoner et de leur indiquer où et quand vous désirez vous déplacer et combien de places vous avez à offrir si vous êtes conducteur d’une automobile, où et combien de places vous recherchez si vous êtes auto-stoppeur. ( Une faible rémunération est demandée ). Comme il n’y avait pas de voiture disponible pour Montréal ce jour-là, nous avons fait de l’auto-stop par nous-mêmes.

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Une première voiture s’est arrêtée pour nous sortir de la ville, puis une deuxième pour nous amener dans la bonne direction, c’est-à-dire carrément sur l’autoroute ! Là, une troisième voiture nous a pris en charge avec à son bord un Acadien d’une cinquantaine d’années. Cet homme était d’une générosité et d’une gentillesse extrêmes ! Durant tout le trajet, nous avons parlé de choses et d’autres, mais jamais de mon handicap. En fait, il n’avait pas besoin de me poser de questions. Il lui suffisait d’observer pour comprendre ! Par exemple, il avait remarqué que, dans une voiture, j’avais de la difficulté à monter mon bras pour fumer une cigarette et que c’était Bettina qui me donnait des bouffées de temps en temps. Une fois, alors que Bettina s’était un peu assoupie à l’arrière de la voiture, c’est lui-même qui me donna des bouffées de sa propre cigarette ! Ce geste m’a beaucoup émue et j’ai été très touchée !

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Nous sommes arrivées à Montréal en début de soirée après 270 km de route. N’ayant pas le courage de nous abandonner, notre bienfaiteur nous offrit l’hospitalité. Un coup de téléphone et hop, 10 minutes plus tard, le poulet, les frites et les hamburgers arrivèrent derrière la porte, tout beaux, tout chauds, prêts à être mangés ! Nous avons pu profiter de la salle de bains et pendant que  » nous nous décrassions la moindre « , notre ange-gardien a lavé et séché tout notre linge sale, a révisé ma chaise roulante en regonflant les quatre pneus et en huilant les endroits rouillés. Le lendemain matin, au réveil, le petit déjeuner nous attendait sur la table. Nous étions stupéfaites et abasourdies par tant de générosité et de bonté. Ce jour-là, j’ai réappris ce que signifiait le mot  » donner  » !

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Le plus beau, c’est que nous n’étions pas encore au bout de notre stupéfaction ! Eh, oui ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, cet homme tenait absolument à nous accompagner lui-même jusqu’à Ottawa, à 200 km de là,  » just for a drive « , comme il disait ! Une fois à Ottawa, il nous proposa de rouler jusqu’à ce que l’essence manque et lorsque celle-ci fit défaut, nous étions tellement proches de North Bay, notre destination, qu’il nous amena directement jusque devant la maison de mon ami ! Je sais bien qu’au Canada, comme aux Etats-Unis d’ailleurs, les longues distances ne font pas peur et conduire ne les fatigue pas, mais tout de même ! Mine de rien, cet homme a parcouru 570 km (1140 km aller-retour), juste pour nous aider et nous rendre service ! Lorsque nous lui demandions :  » Mais pourquoi faites-vous tout ça pour nous ? « . Il répondait simplement :  » Si vous êtes heureuses grâce à moi, alors, moi aussi, je suis heureux ! « . Quelle belle preuve d’humilité et d’amour envers les êtres humains ! Cet homme-là, eh bien, je lui tire mon chapeau !

Après quelques jours à North Bay, le moment du retour arriva. Nous avons refait de l’auto-stop et un large éventail de véhicules nous ont prises en charge. Parmi les plus insolites, il y a eu ce mini-bus avec à son bord toute une famille qui nous a gentiment invitées dans leur ferme pour partager un succulent repas de midi, il y a eu également cet immense camion à deux remorques devant lequel j’avais très peur, car je ne savais pas comment grimper tout là-haut dans la cabine. Heureusement, un gaillard de près de deux mètres de haut, bâti comme une armoire, m’a prise dans ses bras et en deux temps trois mouvements, m’a hissée à l’avant du véhicule. Et alors, là…croyez-moi…quel feeling ! Nous étions devenues les  » Kings of the road ! « . Le plus inattendu et le plus drôle fut, sans aucun doute, cette fourgonnette à frites, hot dogs et hamburgers avec laquelle nous avons parcouru 200 km pour faire un crochet jusqu’au lac Simon. Nous étions parmi les odeurs et les relents d’huile chaude et de ketchup, Bettina assise sur un évier et moi, dans ma chaise roulante, car il n’y avait aucun siège à part celui du conducteur. C’était très amusant et nous avons bien rigolé !

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Diner chez la famille québecoise qui nous a pris en stop

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Voilà le chauffeur qui s’est arrêté pour nous prendre dans son gros camion et nous emmené à Ottawa

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Voilà le bus à patates frites dans lequel nous avons parcouru 200 km

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Voilà où je me tenais à l’intérieur du bus à patates frites 

A Montréal, nous avons retrouvé notre ami l’artiste peintre, l’étudiant en théâtre ainsi que le Français. Nous nous étions donné rendez-vous pour passer nos derniers jours ensemble et nous payer encore du bon temps. Il faut dire que nous nous entendions si bien tous les cinq et entre les piques-niques, les soirées dans les boîtes à chansons et les levers de soleil sur la ville. c’était super !

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Pause fraîcheur avec nos 2 amis québecois et notre ami francais

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Pîque-nique sur l’herbe avec nos 3 nouveaux amis

Ce voyage a été fantastique et c’était très dur de quitter tout ce gentil monde ! Les Québécois sont des gens merveilleux, ouverts, spontanés et leur hospitalité si naturelle m’a beaucoup impressionnée ! Ils nous ont tous donné quelque chose de très précieux…une partie de leur temps et je n’ai qu’une envie…y retourner !

cliquez ici pour voir toutes les photos !

 

              Nyon 1988          Marie-Claude Baillif

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