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1988 : La Turquie (No 2)

Ce texte est la suite de la Turquie (No 1)

Le village d’Uchisar

Situé à 1’300 m d’altitude, ce village, qui vit de l’agriculture et du tourisme, est le point culminant de la Cappadoce. Avec son haut piton volcanique, entièrement creusé de grottes, d’habitations troglodytes et de galeries (une véritable forteresse naturelle…), il semble sorti d’un autre âge… Devant tant de beauté et d’ingéniosité de la part des anciens habitants de ce lieu, nous sommes époustouflés, consternés et en totale admiration ! Depuis le sommet, la vue, qui s’étend sur les vallées environnantes, est magnifique ! Au pied du village, sur la route de Göremme, se dresse une multitude de cônes rocheux très impressionnants !

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Les maisons troglodytes

C’est grâce au sous-sol très friable de la région que les habitants vivant ici ont pu aménager des espaces spéciaux pour le bétail, les outils et les gens en creusant dans la roche tendre.

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Ce genre d’habitat, appelé troglodyte, avait plusieurs avantages :

1. Il n’y avait pas besoin de construire des murs avec du mortier et des pierres (qui auraient été d’ailleurs difficiles à trouver vu la géologie du terrain) !

2. La régulation thermique était assurée par le sous-sol lui-même (la température restait relativement constante entre 12 et 18 degrés). En hiver, les espaces habités ne descendaient pas en-dessous de 12 à 14 degrés, tandis qu’en été, ils étaient frais de 16 à 18 degrés.

3. Lorsqu’il pleuvait, comme l’écoulement de l’eau se faisait sur le sol, les habitations restaient relativement sèches, il n’y avait donc pas besoin de construire de toit.

4. Et pour finir, le fait d’habiter dans un sous-sol, cela renforçait la protection des occupants contre les attaques fréquentes des pillards.

Actuellement, ce type d’habitat est encore utilisé. On s’en sert essentiellement pour entreposer du matériel agricole ainsi que des troupeaux. Certaines familles habitent encore sous terre, bien que de plus en plus, pour des raisons de commodité et de sécurité, les habitants logent dans des nouvelles maisons construites sur le sol.

Un après-midi, alors que nous prenions plein de photos de ces maisons troglodytes (l’endroit ressemblait à un village des schtroumpfs), une dame très gentille est venue vers nous pour discuter et comme nous étions très intéressés, nous a invité chez elle pour que l’on voit par nous-mêmes comme c’était agréable, pratique et fonctionnel ! Comme il y avait des marches, Christine et Marc y sont allés les premiers (Simone est restée avec moi) et puis vice et versa ! Afin que je puisse, moi aussi, me rendre compte combien les chambres, le salon et la cuisine étaient confortables (il y avait plein de kilims, de tapis et de poteries aux couleurs chatoyantes), ils ont immortalisé l’ensemble sur des photos. L’hospitalité et l’accueil chaleureux de cette dame nous a beaucoup touché !

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Le village d’Ürgup

Les maisons, pensions et hôtels d’Ürgup, pour la plupart construites en calcaire tendre, ressemblaient comme deux gouttes d’eau aux habitations troglodytes et rupestres qu’on avait vues dans les sites. C’était original, insolite et très pittoresque ! Dans ce village, célèbre pour ses tapis et ses kilims, on a fait les boutiques… un vrai régal !

Petite anecdote amusante : avez-vous déjà acheté un tapis en dansant dessus ??? Et bien aussi fou que cela puisse paraître… nous, oui !!! Ce moment de délire, nous l’avons vécu avec les 3 vendeurs qui, lorsque nous sommes entrés à l’intérieur de leur boutique pour voir ce qu’il y avait dedans, nous ont fait nous asseoir et nous ont offert leur traditionnel et si délicieux thé à la menthe. Tout en nous expliquant la beauté et l’intérêt historique et touristique de la région, ils nous présentaient à tour de rôle et les uns après les autres, tous leurs plus beaux tapis. De toutes les tailles, d’aspects, de styles et de provinces différentes, ils étaient somptueux. Comme Christine, vivement intéressée, n’arrivait pas à se décider, les vendeurs ont mis de la musique entrainante et nous ont proposé de danser sur leurs tapis ! Comme on croyait qu’ils plaisantaient, on s’est mis à rire, mais eux, on ne peut plus sérieux, ont commencé à chalouper, les deux bras en l’air et sont venus chercher Christine et Marc (Simone n’avait pas envie, elle est restée assise) ! De les voir ainsi se déhancher et se tortiller au-dessus de leurs superbes tapis tout en marchandant les prix, c’était hallucinant, irréel, complètement incroyable !!! On s’est bien amusé ! Pour finir, Christine a acheté son tapis, les 3 vendeurs étaient contents et satisfaits et nous, on se souviendra encore longtemps de cette vente de tapis à Ürgup !!!

Avanos

Un peu à l’écart des paysages lunaires, au beau milieu de la plaine, ce bourg tranquille, réputé pour ses poteries, était bien sympathique. Les filles et moi, on s’est régalée, car le long de la route principale, c’était rempli d’échoppes et d’ateliers de poterie. Les potiers d’Avanos utilisent le limon de la rivière rouge (la Kizilirmak) qui coule près du village. Avec ses 1’182 km, c’est la plus longue du pays. Elle doit sa belle teinte rougeâtre aux dépôts d’oxyde de fer. Les alentours d’Avanos comptent plus de 300 ateliers. Leur artisanat localtraditionnel est reconnaissable grâce aux motifs géométriques caractéristiques de la décoration des pots en terre cuite de la région.

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La ville souterraine de Kaymakli

Du VIIIème au XVème siècle,les habitants de la région firent comme les moines et les anciennes civilisations chrétiennes. Pour échapper aux troubles qui agitaient la région, ils ont creusé à l’intérieur des rochers des cachettes qui sont devenues par la suite des véritables villes souterraines sur plusieurs niveaux. Ils pouvaient vivre ici avec leur famille et leur bétail pendant plusieurs mois en totale autarcie. Ces refuges(qui pouvaient descendre jusqu’à une centaine de mètres de profondeur), indécelables et sûrs, possédaient tous les éléments nécessaires à une longue survie. En effet, les habitants, clairvoyants, avaient tout prévu. Sur plusieurs étages, ils avaient aménagé : des étables pour les animaux, des entrepôts pour stocker les récoltes et la nourriture (en quantité suffisante pour au moins 6 mois), des silos pour le grain, des meules pour le transformer en farine, des pressoirs, d’énormes cuves pour l’huile et le vin, des cuisines collectives et bien sûr, de multiples pièces d’habitation qui étaient reliées les unes aux autres par des kilomètres de galeries en pente. L’aération se faisait par des hautes cheminées verticales à peine détectables en surface et l’approvisionnement en eau par des puits creusés dans l’étage le plus profond. Rien ne manquait. Il y avait même des canalisations pour évacuer les eaux usées, des latrines, des écoles, des églises et… des cimetières !

L’utilité de ces villes souterraines était uniquement défensive. La population n’y descendait qu’en cas de danger lors d’invasions par exemple ou de pillages. Lorsque la situation était tranquille, les gens vivaient à l’air libre dans leurs maisons troglodytes. Comme la Cappadoce a été une région exposée pendant des siècles aux incursions, aux attaques et aux razzias, ces villes ont joué un rôle capital dans la survie des habitants.

Ces « taupinières », la Cappadoce en compte 37 ! 5 sont ouvertes au public.

Nous avons visité l’une des plus vastes, celle de Kaymakli. Enfin, quand je dis nous, ce n’est pas tout à fait vrai, je devrais plutôt dire Simone et Marc, car comme il y avait des escaliers, que les couloirs étaient très étroits avec en plus, un plafond très bas, je n’ai pas pu y aller.

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Par solidarité, Christine est restée avec moi. On a bu un coca à la petite buvette juste àcôté de l’entrée de la ville souterraine et on a lu le dépliant relatif à cette visite. On a appris, par exemple, qu’elle pouvait contenir près de 10 000 personnes, qu’elle s’échelonnait en profondeur sur 8 étages à 45 mètres de profondeur, que pour fermer ce labyrinthe, les gens de l’époque roulaient des lourdes meules de pierre en guise de porte à l’entrée des couloirs (c’était pour en sceller plus sûrement l’accès…) et qu’aujourd’hui, ce qu’on pouvait visiter, c’était les celliers, les dortoirs et les salles communes.

Cet étrange urbanisme des profondeurs, perfectionné tout au long des siècles, fut un ingénieux système pour se soustraire et se préserver des persécutions romaines d’abord, puis des razzias des tribus arabes, turques et mongoles, qui tour à tour, ont ravagé la Cappadoce, cette région prospère et florissante située à un des carrefours de la Route de la soie (le principal axe commercial avec l’Extrême-Orient) !

Le lac de Beysehir et Konya

Quitter le royaume féerique de la Cappadoce fut un crève-cœur, on y serait bien resté plus longtemps, mais avec le timing plutôt serré de notre voyage, on était obligé de s’en aller… eh oui, d’autres paysages, d’autres sites et d’autres belles découvertes nous attendaient !

Nous sommes donc partis pour le lac de Beysehir au sud-ouest de Konya. Comme la route était longue, Marc et Simone se relayait pour conduire. Lorsque Marc était au volant, tout allait bien, il n’y avait rien de spécial, mais lorsque c’était Simone, alors là, l’attitude des autres conducteurs changeaient complètement, elle était très déplaisante. Lorsqu’ils étaient derrière nous, ils nous collaient au cul (si j’ose m’exprimer ainsi), puis soudain, nous dépassaient et lorsqu’ils étaient devant nous, ils accéléraient, puis soudain sans aucune raison, ils ralentissaient pour que Simone soit obligée de les redépasser à nouveau et ainsi de suite. Au début, ça nous faisait rire, mais pour finir, cela devenait très agaçant, voir même pénible ! Simone, la pauvre, n’y pouvait rien. Elle avait des cheveux noirs à hauteur d’épaules (ce n’était donc même pas dû au fantasme de la blonde qui conduisait…), non, on avait beau réfléchir, vraiment, on ne comprenait pas pourquoi ils agissaient de la sorte, pourquoi ils avaient un tel comportement irrespectueux, à la limite même dangereux !

A l’intérieur d’un petit village, alors qu’on roulait tranquillement derrière un jeune entre 16 et 20 ans qui conduisait un tracteur, lorsqu’il a vu Simone, il a joué avec nous pendant au moins 20 minutes ! C’était horrible ! A chaque fois, que Simone pouvait et voulait le dépasser, il l’en empêchait en prenant toute la route et en faisant des zigzags absurdes avec un coup à droite, un coup à gauche ! Quel con ! On avait beau klaxonné ou faire des appels de phare, son petit manège a continué jusqu’à ce que la route de notre côté s’élargisse en deux voies et que Simone puisse le dépasser sans danger !

Le lac de Beysehir est le 3ème plus grand lac après le lac de Van et le lac Salé (ils sont salés) et le plus grand lac d’eau douce de la Turquie. Depuis la route, il y avait de très beaux coups d’œil !

Comme on devait encore trouver un hôtel accessible pour dormir et que les heures passaient très vite, on ne s’est pas arrêté, on est allé directement à Konya. Une fois l’hôtel trouvé, on s’est promené en ville à travers les rues qui sentaient bon le kebab et le poulet grillé. Comme toutes ces odeurs alléchantes nous ont donné faim, on s’est enfilé dans un restaurant pour déguster un de leur savoureux poulet qui, durant la nuit, nous a à tous donné une diarrhée d’enfer ! Une vraie horreur ! Le matin, barbouillés, irrités et la mine défaite, on carburait tous à l’immodium, la pilule miracle dans ce genre de tracas plutôt gênant lorsqu’on a une longue route à faire et qu’il n’y a pas tout le temps des toilettes sous la main ! De toute façon, les toilettes ici pour moi, à part dans les grands hôtels, c’était plutôt galère ! Eh oui, on était en Turquie et les toilettes turques… sont debout !!! Avec ma chaise roulante… impossible !!!

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Départ pour Alanya au bord de la mer

Après les visites archéologiques et géologiques, nous sommes partis à la découverte des stations balnéaires du bord de mer Méditerranéen.

Lorsque nous avons traversé une partie de la chaîne du Taurus pour rejoindre Alanya, c’était magnifique, mais alors bonjour les virages, ils n’en finissaient plus ! Au col d’Imatran à 2’529 mètres d’altitude, comme la route était étroite, les ravins et les précipices vertigineux, la prudence et la vigilance étaient de mise, surtout que c’était Simone qui conduisait ! Tout allait bien, lorsque soudain, une voiture qui était derrière nous, impatiente et complètement folle, nous a dépassés juste avant un virage et sans avoir aucune visibilité ! Résultat : cette idiote de voiture n’avait pas fini de faire ses manœuvres que, bien évidemment, un camion est arrivé en face ! Simone, pour éviter la collision, a dû freiner violemment et tourner le volant à droite. La voiture cinglée et le camion n’ont rien eu, ils ont continué leur route comme si de rien n’était, mais nous, par contre, on s’est retrouvé au bord d’un précipice avec la moitié de la roue avant droite dans le vide ! On a eu très peur ! Simone, choquée et énervée, tremblait comme une feuille ! Marc, pour redresser rapidement la situation scabreuse dans laquelle on était, lui a ordonné de tourner au maximum le volant à gauche et de redémarrer très sec. Ouf, la voiture s’est remise sans problème sur la route et on a pu continuer jusqu’à Alanya au bord de la Méditerranée sans autre difficulté !

A Alanya, après plusieurs recherches infructueuses, nous avons enfin trouvé deux bungalows accessibles, à plein pieds au milieu d’un complexe hôtelier genre village de vacances. Après avoir enfilé nos maillots de bain, nous sommes tout de suite partis à la belle plage un peu isolée qui se trouvait à quelques minutes de là. C’était magnifique ! La mer avec ses différentes variations de bleus était splendide, il n’y avait quasi personne, il faisait beau et chaud, mais alors, il y avait un vent… que pour finir, ç’en était désagréable et dérangeant !

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Le soir, nous nous sommes promenés dans le port et les vieux quartiers et nous avons admiré, perchée sur les hauteurs de la ville, la magnifique forteresse seldjoukide qui se dressait fière et imposante, ceinturée par une muraille de 6,5 km de long et 140 tours !

La nuit, dans nos bungalows… ce fut l’enfer ! Effectivement, avec les assauts ininterrompus du vent et de ses rafales infernales, on n’a quasi pas dormi. D’une part, on entendait plein de bruits bizarres et de sifflements étranges qui nous faisaient croire que quelqu’un voulait rentrer, d’autre part, comme il n’y avait pas de chauffage, pas de duvet, juste un drap de lit et une petite couverture de rien du tout, on a eu froid ! Le matin, lors du petit déjeuner, on a décidé d’écourter notre séjour ici et de partir directement pour Antalya, une autre station balnéaire à 130 km de là. Eh oui, on n’avait pas envie de repasser une seconde nuit comme ça !

Antalya

Protégée d’un côté par la chaîne du Taurus, baignée de l’autre par la Méditerranée, la ville d’Antalya, avec ses remparts, ses ruelles, son petit port, ses jolis parcs plantés de palmiers et ses superbes belles plages de sable et de galet qui s’étendent sur 20 km… est un petit bijou !

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Grâce à sa végétation verdoyante (agrumes, pêches, abricots, figues, olives, bananes), ses eaux tellement limpides et ses criques si magnifiques, elle est surnommée « la Riviera Turque » ! Fondée au IIème siècle avant J.-C., elle a été occupée par les Romains, les Byzantins et les Seldjoukides.

A Antalya, notre programme était très simple : bronzette, baignades, petits restos sympas et le soir, un dernier petit verre sur une terrasse !

Istanbul, notre dernière destination

Au petit aéroport d’Antalya, nous avons rendu notre voiture de location et après avoir survolé le territoire turc avec un avion d’une compagnie locale, nous avons atterri à Istanbul.

Cette ville cosmopolite, la plus grande du pays, la seule au monde à être à cheval sur 2 continents (l’Europe et l’Asie) fut successivement la capitale de 3 empires et changea 3 fois de nom, il y eut Byzance sous l’empire grec, Constantinople sous l’empire romain et Istanbul sous l’empire ottoman. Elle perdit son titre de capitale au profit d’Ankara en 1930 après la proclamation de la république par Mustapha Kemal Atatürk. Bâtie sur 7 collines (comme Rome), Istanbul a un patrimoine culturel, architectural et historique riche de 8 000 ans d’histoire. Depuis 1985, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Grâce à sa position stratégique (elle est située d’une part et d’autre du détroit du Bosphore), c’est la capitale culturelle, intellectuelle, artistique, économique et sociale de la Turquie. La ville s’étend sur 100 km le long de la rive asiatique et une quarantaine sur le littoral européen. Métropole orientale très occidentale, Istanbul compterait entre 12 et 18 millions d’habitants. C’est une ville-monde. Sans forcément se mélanger, une population de toute origine ethnique, religieuse et sociale s’y côtoie et s’y tolère. C’est fabuleux !

Cette ville magnifique, partagée entre l’Occident et l’Orient, vibrante et animée, parsemée de mosquées, d’églises, de minarets, de palais des sultans, de boutiques et de souks, est un délice pour les yeux, un banquet pour les papilles (leur cuisine est excellente) et une fête pour les oreilles (j’adore leur musique orientale) !

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Nous avons visité :

La mosquée bleue

Commencée sous le Sultan Ahmet Ier en 1609 et terminée en 1616 par l’architecte Mehmet Aga, la mosquée bleue tire son nom des 210’000 carreaux de faïence bleue d’Iznik qui décorent son dôme et ses murs intérieurs. Elle fut longtemps le point de départ des caravanes de pèlerins en partance pour la Mecque.C’est une des mosquées les plus belles et les plus visitées au monde, c’est la seule à avoir six minarets. Sa coupole, qui fait 23,5 mètres de diamètres, se trouve à 43 mètres du sol. Avec ses 6 minarets très élancés, elle domine le Bosphore et la mer de Marmara. Sa silhouette est devenue emblématique d’Istanbul.

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Lorsqu’on a voulu rentrer à l’intérieur pour la visiter, je n’ai pas eu besoin d’enlever mes souliers comme que les autres ont dû le faire (eh oui, c’est obligatoire pour toutes les personnes valides !). Sur le parvis, un garde est venu vers moi avec un chiffon à la main et a frotté les 4 roues de ma chaise roulante (pour lui, c’était elles et non pas mes souliers qui étaient en contact avec le sol, c’était donc elles qui étaient souillées et qu’il fallait nettoyer). A l’intérieur, la salle de prière, immense, avait son sol entièrement recouvert de magnifiques tapis de toutes les couleurs. Lumineuse, claire et rayonnante, elle était éclairée par plus de 260 fenêtres. Comme il n’y avait aucun siège, les musulmans étaient tous agenouillés pieds nus, face contre terre et excusez-moi du terme « fesses en l’air » en train de faire leurs prières… Pour nous, chrétiens ou athées qui n’avons pas l’habitude de voir une telle scène en direct, cette vision était plutôt surprenante !

Les mosquées sont un lieu de prière, mais aussi d’éducation, de soins et de charité. Au sommet de leurs minarets, il y a un muezzin qui, à heure fixe et 5 fois par jour, appelle à la prière. Il y a la prière de l’aube, celle du milieu du jour, celle de l’après-midi, celle du coucher du soleil et pour finir, celle du soir. Depuis quelques années (et de plus en plus), le muezzin est remplacé par une cassette et des hauts parleurs.

La Basilique Sainte Sophie

Considérée comme la huitième merveille du monde, la Basilique Sainte Sophie est un chef-d’œuvre de couleur rose. Sa construction a débuté en 532 sur l’ordre de l’Empereur Justinien. En fait, elle devait remplacer l’ancienne église qui avait été détruite lors d’une révolution et qui se trouvait sur le site d’un ancien temple grec. Plus de 10 000 ouvriers y ont travaillé et les travaux ont duré 5 ans. 2 ans plus tard, coup du sort, il y a la coupole qui s’est effondrée. L’architecte Isidore de Milet la reconstruisit en renforçant par la même occasion les bases au moyen d’énormes contreforts.

Sainte-Sophie fut pendant près de 1 000 ans le plus grand sanctuaire du monde chrétien, elle ne fut surpassée que par la basilique Saint-Pierre de Rome au XVIème siècle. Avec ses 7540 m² de superficie, elle se situe actuellement au quatrième rang des plus grandes basiliques, après celle de Saint-Pierre à Rome, la cathédrale de Séville et le Dôme de Milan.

En 1453, après la conquête de la ville par le sultan Mehmet II, les Ottomans la transformèrent en mosquée. Ils y rajoutèrent 4 minarets. C’est en 1934 que, finalement, Mustapha Kemal Atatürk (le fondateur et le premier président de la république turque)l’aménagea en un musée historique. On peut y admirer de magnifiques mosaïques de l’époque byzantine.

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Le Palais de Topkapi

Ce palais, constitué de plusieurs pavillons disséminés dans des jardins, était la résidence principale des sultans et des souverains ottomans jusqu’au XVIIIIème siècle. Ilse trouve sur l’emplacement de l’acropole de l’antique Byzance. Dominant la corne d’or, le Bosphore et la mer de Marmara, il était une vraie ville avec harem, mosquées, bibliothèques, services extérieurs, etc., le tout entouré de remparts de 5 km de long, flanqués de tours de surveillance et d’une superficie de 700 000 m².

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Le Palais de Topkapi

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Salle impériale avec le trône du sultan

La construction du harem a eu lieu au XVIème siècle. Le mot « harem » dérive de l’arabe « haram » qui signifie illégale. Par la suite, il prit le sens de « protégé » ou « réservé ». C’était la demeure privée du Sultan où vivaient sa mère, ses sœurs, ses épouses et ses concubines. Le harem était gardé par une légion d’eunuques noirs dont la plupart, Abyssins, étaient envoyés au Sultan par le Pacha d’Égypte. Le harem, lieu destiné uniquement aux femmes, se composait de longs corridors et de 400 chambres dispersées autour de cours étroites et sombres. Le harem, sans cesse aménagé et agrandi, occupait une superficie de 15 000 m².

Le Palais de Topkapi est devenu aujourd’hui un musée. Célèbre pour ses trésors, il est le témoignage d’un passé somptueux.

Le Grand Bazar

Le Grand Bazar fut pendant des siècles le plus grand marché couvert au monde. Même s’il a été détrôné par certaines grandes surfaces américaines, on peut encore facilement s’y perdre. Avec ses 66 ruelles, ses 2’500 échoppes, ses innombrables ateliers, c’est une ville dans la ville qui ferme ses 19 portes à 19 heures. Ce marché, avec toutes ses boutiques et ses magasins de toutes sortes, occupe des dizaines de milliers de personnes.

Le centre du bazar, appelé « bedesten », correspond au premier marché couvert, construit en 1’461. Pour donner une sécurité à l’ensemble, les portes se fermaient tous les soirs. Comme il y avait de plus en plus de nouvelles boutiques qui s’installaient sur les voies qui amenaient à ce « bedesten », les marchands ont recouvert ces ruelles d’un toit, puis ont construit des nouvelles portes aux extrémités. Le tout s’est bâti, bien entendu, entre incendies et tremblements de terre (le dernier grand tremblement de terre a eu lieu en 1’894 et le dernier incendie en 1’953). Lorsque l’un de ces 2 fléaux survenait, le bazar restait fermé plusieurs années, le temps de réparer et de reconstruire sur les morceaux restants.

Si les alentours du bazar sont restés des lieux de commerces et de manufactures traditionnels, c’est en son sein que l’on trouve le Petit bazar. Le Kapali Carsi comprend près de 4’000 boutiques et étals qui vendent toutes sortes d’objets en cuir, faïence, cuivre et laiton, des tapis, étoffes, bijoux, habits, bibelots et épices… en tant que femmes et touristes, que ce soit le grand ou le petit bazar, pour nous, c’était le paradis… on ne savait plus où donner de la tête !!!

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Marc-André au sortir des magasins avec tous nos achats

Tour en bateau sur le détroit du Bosphore

Ce détroit, qui relie la Mer de Marmara à la Mer Noire, long de 32 km, large de 660 à 3’300 m et profond de 30 à 120 m, est une voie navigable internationale qui autorise le passage des navires marchands, des pétroliers et des ferries touristiques, mais qui restreint celui des bâtiments de guerre. Il sépare 2 continents, l’Asie et l’Europe.

Un après-midi, alors que nous avions envie de naviguer sur ce célèbre détroit et de découvrir les rives européennes et asiatiques, nous avons pris un bateau commenté au départ des quais d’Eminonü. C’était dépaysant, agréable et pittoresque : on a vu de nombreux hôtels de luxe, des palais en marbre, des yalis (ce sont des constructions en bois au bord de l’eau. A l’origine, elles étaient peintes en rouge, certaines étaient sur pilotis), des forteresses et des villages de pêcheurs. Lorsqu’on est arrivé à Üsküdar, notre destination, c’était la première fois que je mettais les pieds en Asie Mineure. Waouh ! J’étais super contente !

Comme notre bateau a eu un gros problème technique (d’après les dires du capitaine, nous, on n’a rien vu…) et que c’était impossible de rentrer avec, nous avons dû débarquer et prendre un taxi pour retourner à Istanbul. Pour ce faire, nous avons roulé sur le légendaire pont du Bosphore, celui qui fait office de frontière entre l’Europe et l’Asie. C’était génial ! Quelle fierté ! Quel bonheur ! Ce pont, inauguré en septembre 1973 lors du cinquantenaire de la République Turque, avec ses 65 m de hauteur et son kilomètre de longueur, compte parmi les cinq plus grands ponts suspendus du monde.

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Le détroit du Bosphore est parcouru de courants forts et contradictoires. La navigation y est délicate à cause du nombre élevé de navires qui le traversent, de son étroitesse selon les endroits et d’un brouillard parfois épais. Il arrive d’ailleurs de temps en temps qu’un pétrolier finisse sa course dans un yali ! Ses eaux, qui furent de tout temps très convoitées, sont encore aujourd’hui un enjeu stratégique important, en effet, c’est le seul passage maritime pour l’exportation du pétrole extrait en Russie centrale.

Le quartier de Galata

Ce quartier, situé à l’entrée de la Corne d’or (estuaire de 7km de long qui se jette dans le Bosphore), domine le port. De nombreuses rues de Galata sont encore bordées de maisons bâties il y a 90 ou 100 ans, rappelant ainsi les villes méditerranéennes de cette époque. La tour de Galata (haute de 68 m) a été construite au Vème siècle comme tour de guet. De là, la vue panoramique sur la ville est remarquable !

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Retour en Suisse

Alors que nous étions tous installés dans l’avion du retour, les hôtesses de l’air, visiblement énervées, n’arrêtaient pas de faire des va-et-vient continus entre le cockpit et un groupe de gens debout derrière nous et entre le cockpit et la porte de l’avion qui était juste à côté de moi. En ce qui concerne les gens, je pense qu’ils n’étaient pas très contents, car ils avaient des billets pour ce vol, mais comme celui-ci était plein, ils ne pouvaient pas le prendre (cela arrive des fois lorsque la compagnie d’aviation pour compenser les désistements de dernière minute, vend plus de billets que de places) et en ce qui concerne la porte, les hôtesses sont venues 3 fois tirer sur la poignée pour s’assurer qu’elle tenait bien ou qu’elle était bien fermée. C’était très bizarre, pas très rassurant, comme si dans le cockpit, il y avait un voyant lumineux qui s’allumait pour dire que la porte était mal fermée ou avait un problème ! Ce petit stratagème a duré 1 heure, puis soudain, tout s’est précipité et l’avion s’est préparé à décoller. On ne savait pas du tout ce qui se passait, mais vu la nervosité et l’anxiété des hôtesses durant le décollage, ça ne devait pas être anodin !

Durant le vol, nous avions le nœud à l’estomac, mais heureusement pour nous tous, tout s’est bien passé. Par contre, juste avant l’atterrissage à Genève, l’hôtesse, qui était assise en face de moi, n’arrêtait pas de se tripoter les mains, l’air très angoissée. Je l’ai dit à Marc qui, lui de l’autre côté, voyait l’autre hôtesse qui faisait pareil. Mais qu’y avait-il donc dans cet avion pour que les hôtesses se mettent dans un état pareil ??? J’en ai fait des vols, mais jamais je n’ai assisté à un tel débordement d’inquiétude !!!

Lorsque l’avion, qui branlait dans tous les sens, s’est mis à faire des bruits bizarres, que les deux hôtesses ont fait le signe de croix sur leur thorax et qu’on sentait une grande tension monter chez les passagers, soudain l’angoisse nous a pris aussi !!! C’était horrible ! En quelques secondes, notre cerveau s’est retrouvé envahi de pensées négatives, macabres et funèbres… on avait les mains moites, de la sueur dans le dos, le cœur qui battait à toute vitesse !

Quand l’avion a enfin posé ses roues sur l’asphalte, qu’il a fini de freiner et que tout le monde a applaudi, on a poussé un grand OUF de soulagement ! Pressés et surtout heureux de pouvoir sortir de cette carlingue vivants, nous nous sommes tout de suite dirigés au terminal d’arrivée des bagages. Une fois nos valises, nos tapis et nos cadeaux-souvenirs récupérés, des gardes de la sécurité ont couru vers nous en hurlant : « Dépêchez-vous… vite… sortez… il y a une alerte à la bombe… » Affolés et apeurés, les passagers des deux ou trois avions qui venaient d’atterrir se sont mis à courir, à fuir à toute vitesse cet endroit qui, en quelques instants, était devenu la zone dangereuse à éviter à tout prix. Je peux vous dire que je n’ai jamais passé les douanes aussi rapidement ! C’était incroyable ! En tous cas, cette alerte à la bombe qui, heureusement, n’a pas abouti, nous a rendu un bien grand service. En effet, comme on avait toutes acheté des tapis, on aurait dû (en principe) les déclarer et payer un supplément !

Mes impressions

Ce voyage, ce pays… à aucun moment, je n’ai été déçue ! Bien au contraire, j’ai été émerveillée, impressionnée et éblouie ! De plus, je trouve qu’avec Christine, Marc et Simone, on s’est très bien débrouillé avec ma chaise roulante lors des visites des sites. Grâce à eux, j’ai pu voir et découvrir plein de belles choses, plein de beaux endroits, vivre de grands moments intenses rempli d’émotions !

Eh oui, la Turquie, c’est un fabuleux pays ! Que ce soit sur le plan culturel, historique, archéologique ou géologique, j’ai tout adoré… je suis tombé sous le charme !!! Cet état, qui est fascinant, enrichissant, intéressant et enchanteur, m’a appris bien des choses comme l’humilité et le respect devant la nature, l’ouverture d’esprit et la tolérance vis-à-vis des peuples, des ethnies et des cultures différentes, l’ingéniosité et la débrouillardise devant des terrains difficiles et le savoir et la connaissance sur une partie de notre fantastique histoire et épopée humaine !

Et puis, Istanbul, ce mélange d’Orient et d’Occident, cette diversité des races et des savoirs, ce cocktail du vieux côtoyant le moderne… quelle belle ville !

En résumé, si vous êtes en panne d’idées pour vos vacances, si vous aimez le beau et l’insolite et que vous avez envie d’être dépaysé complètement, alors pas de doutes, partez à la découverte de la Turquie ! Vous serez enchanté !!!

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La Turquie

 

 

Mars 2008            Marie-Claude Baillif

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