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1988 : Au delà du Cercle Polaire en Chaise Roulante !

Il y a quelques mois, ma cousine Sandrine a réussi un challenge difficile…me faire changer d’idées sur les pays du nord et me convaincre de l’accompagner dans un grand voyage d’un mois à travers la Scandinavie. Ce n’était pas une chose facile et, au début, je n’étais pas très chaude. Pour moi, les pays nordiques ont toujours représenté la pluie, la neige, le froid et, de ce fait, j’étais plutôt branchée… sud ! Oh ! bien sûr, franchir le cercle polaire et se retrouver au cap Nord, la partie la plus septentrionale de l’Europe devait être un moment extraordinaire, un feeling inoubliable ! Mais il y avait le mauvais temps et je n’avais pas le courage de l’affronter !

Pourtant, nul n’est à l’abri des surprises et, comme dit le proverbe, » seuls les imbéciles ne changent pas d’avis !  J’étais très étonnée, mais le 6 juillet de l’année 1988, je me retrouvais bel et bien à bord d’un avion, un DC-9 de la compagnie Finnair, avec à mes côtés Simone, la fille au pair qui s’occupe de moi, ma cousine Sandrine et deux de ses collègues instituteurs, Mary-Claude et Jean-Luc. Nous formions une équipe sympa, tous impatients de partir à la découverte de grands espaces, d’approcher un monde nouveau, de vivre d’autres expériences.

Notre but ? Remonter la Finlande, franchir le cercle polaire, voir le soleil de Minuit au cap Nord, redescendre par les fjords de la Norvège jusqu’aux îles Lofoten et finir par la Suède et sa capitale Stockholm. Un programme chargé qui représentait environ 6 000 kilomètres.

La meilleure solution pour entreprendre un tel voyage : louer un motorhome. Cela nous permettait d’être totalement indépendants, de nous arrêter au gré de nos envies et de dormir n’importe où, vu que le camping sauvage est autorisé dans toute la Scandinavie.

Arrivée à Helsinki en Finlande

A l’aéroport d’Helsinki, en Finlande, un représentant de  » Touring Car  » nous attendait pour nous remettre les clés du motorhome et nous donner quelques brèves explications quant à son bon fonctionnement. Ce n’était pas très évident à conduire et je dois dire que lors des premiers kilomètres, nous étions plutôt soucieux et tendus.

A l’intérieur il y avait une cuisinière, un frigo, de la vaisselle et des casseroles, une mini-salle de bains avec douche, lavabo et W .-C. chimiques, 6 lits transformables en un tournemain en plusieurs places assises, une table, des moustiquaires et même le chauffage ! Nous pouvions parcourir 2 100 kilomètres par semaine sans payer de supplément au kilomètre et le passage des frontières ne posait aucun problème quant aux assurances.

Il n’était pas très accessible en chaise roulante, mais je dois dire que nous nous sommes quand même très bien débrouillés et avec un peu d’imagination, on arrive à tout. Par exemple, comme il n’y avait pas assez de place pour que je reste dans ma chaise roulante, je m’asseyais sur le siège du passager avant, très pratique, car il pouvait se tourner sur lui-même.

Lorsque nous roulions, je servais de co-pilote en indiquant les différents itinéraires à suivre et lorsque nous nous arrêtions, je n’avais qu’à tourner le siège pour participer à la vie communautaire du groupe. Pour ce qui est des toilettes… pas de problème ! Les W .-C. chimiques, lorsque nous étions dans les coins enchanteurs, loin de toute civilisation, et autrement les toilettes des stations-services, des musées, des restaurants, etc., pratiquement tous accessibles en chaise roulante. Je dois dire que sur ce point la Scandinavie est remarquable et a bien de l’avance sur la Suisse. Tous les lieux publics sont fonctionnels et l’on trouve presque toujours un W.-C., une rampe, un parking et même un téléphone pour handicapés ! Bravo ! Une fois par semaine, nous passions une nuit dans un camping officiel. Tout le monde profitait de prendre une grande douche et de faire sa petite lessive.

Notre premier choc en Finlande ? Il faisait beau et très chaud, 29 degrés, et la nuit ne tombait pas. (Au cours de l’été, le soleil ne se couche pas pendant environ 70 jours.) Cela nous procurait une drôle d’impression d’avoir la clarté du jour 24 heures sur 24 et, au début, nous avions de la peine à trouver le sommeil. Je dois même dire que nous étions complètement déphasés. Nous soupions vers les 11 heures du soir, nous nous couchions vers 1 heure du matin et nous nous levions vers les 10 heures !

Magique et romantique avec ses 62 000 lacs et ses milliers de kilomètres de forêts de sapins, de pins et de bouleaux, la Finlande m’a complètement fascinée. J’y ai vécu de grands moments intenses et, parmi ceux-ci, il y a eu une balade de 3 heures en bateau à vapeur au milieu des 36 000 îles et écueils du lac Samaïa ; le panorama éblouissant depuis le restaurant tournant de la tour Puijo à Kuopio, haute de 75 mètres (où que se porte le regard, à perte de vue des lacs et des forêts… au menu : médaillons de rennes et vin de groseille) ; la ville de Rovaniemi, résidence du Père Noël qui, entouré de ses secrétaires, répond aux milliers de lettres venues du monde entier; le passage du cercle polaire où, pour 10 francs, l’on peut s’acheter un certificat-souvenir tamponné, daté et signé, authentifiant l’événement; Tankaavara, un camp de chercheurs d’or où nous avons pu faire un peu de prospection et même ramener quelques pépites (toutes petites, je l’avoue, mais des pépites quand même! ) ; la rencontre avec le peuple lapon et les troupeaux de rennes en liberté. C’était vraiment fantastique !

 

   Carte de la Finlande     Le Port d’Helsinki, capitale de la Finlande

La Forteresse de Suimenlinna à quelques km d’Helsinki

Le lac Saimaa

La Tour de Puijo à Kuopio, 75 m de hauteur

Le cercle polaire en Laponie

Le village du Père-Noêl à Rovianemi

Les rennes se promènent souvent en liberté

Les couchers de soleil sont grandioses

La Norvège, ses montagnes et ses fjords

La Norvège, quant à elle, est complètement différente. Les routes sinueuses ont remplacé les routes toutes droites, les forêts et les lacs romantiques ont fait place aux montagnes, à la mer et aux premiers fjords. C’est la force de la nature dans toute sa splendeur. A chaque virage les yeux s’écarquillent… c’est un nouveau décor… un nouvel émerveillement et, croyez-moi, c’est de toute beauté, à vous couper le souffle !

Nous avons pris quelques auto-stoppeurs au passage et leur avons offert l’hospitalité de notre motorhome. C’était très sympa de partager ces quelques moments privilégiés et j’en garde un excellent souvenir.

J’ai eu deux coups de foudre en Norvège : le Cap Nord (la partie la plus septentrionale de l’Europe) et l’archipel des Lofoten.

Au Cap Nord c’était très impressionnant, surtout lors des derniers kilomètres et lorsque la route s’est arrêtée.  » Eh oui, nous étions au bout de l’Europe ! Au-delà, l’océan, les icebergs, l’arctique. il faisait très froid et nous étions des dizaines et des dizaines de personnes emmitouflées dans de grosses vestes, moonboots aux pieds, à attendre le même spectacle’ l’événement unique au monde: voir le soleil se coucher à minuit, disparaître au loin derrière l’océan (coloriant l’horizon au passage) et renaître quelques secondes plus tard d’un blanc éblouissant !

C’était un moment très fort, l’un de ces moments particuliers où l’on se sent toute petite, où l’on réalise la perfection et l’immensité de cet univers. Nous avons eu beaucoup de chance, car quelques instants plus tard un brouillard à couper au couteau est apparu et l’on ne distingua plus rien.

Des îles Lofoten, je garde encore une très forte impression. Connues de par le monde pour leurs montagnes en forme de dents de scie, elles forment une véritable barrière entre l’Atlantique et le continent. C’est là que se déroulent chaque année les pêches saisonnières les plus importantes et les plus célèbres de la Norvège. Près de 3 000 personnes participent à cette aventure (autrefois, comme en 1947,ils étaient 20000).

La météo y est très instable et un temps calme et ensoleillé peut rapidement se transformer en un temps pluvieux avec du vent. Toutefois, malgré les latitudes élevées, il est rare de trouver des températures en dessous de 0 degré (sauf bien sûr pendant les mois d’hiver les plus rigoureux) et ceci grâce à la présence du Gulf Stream. En fait, la température moyenne du mois de janvier aux Lofoten est de 20 degrés supérieure à celle enregistrée à la même latitude ailleurs, et il s’agit là de la plus grande anomalie positive de température du monde.

La balade à ne surtout pas manquer, c’est Trollfjorden, un fjord particulièrement étroit avec une entrée caractérisée par des parois de montagne tombant droit dans la mer et que l’on n’atteint que par bateau.

Départ pour la Suède

Après les îles Lofoten, nous avons quitté la Norvège et filé tout droit sur Kiruna, en Suède Là, nous avons exceptionnellement pris un tour guidé, seul moyen de visiter les plus grandes mines de fer du monde (près de 400 kilomètres de galeries souterraines à plus de 125 mètres sous terre). C’était très intéressant… mais alors quelle joie de se retrouver à l’air frais !

La Suède, avec ses 449 793 km2 et ses 8 millions d’habitants, est le plus grand et le plus touristique des quatre pays scandinaves. En comparaison, la Finlande fait 337 009 km2 pour 4,9 millions d’habitants, la Norvège 324 219 km’ pour 4 millions d’habitants, et le Danemark 43 075 km2 pour 5 millions d’habitants. Composée de 67 000 lacs de toutes tailles et de milliers de kilomètres de forêts, la Suède, grosse comme dix fois la Suisse, m’a séduite.

J’ai adoré Stockholm, sa capitale, une ville bâtie sur des îles et des presqu’îles, jeune, active et dynamique. Nous avons dormi sur un parking et, entre les musées, les balades en bateau-mouche, les flâneries dans les rues, la disco… le temps a passé très vite !

Pour rejoindre Helsinki (où nous devions rendre le motorhome et prendre l’avion du retour) nous sommes montés à bord du plus gros car-ferry du monde, le Vicking Line  » Olympia  » Ce gigantesque monstre flottant de huit étages était très, très impressionnant. Imaginez plutôt ! 600 véhicules, 2800 passagers, 3 restaurants, 2 discos, une piscine, un sauna, un magasin hors-taxe, des ascenseurs partout… et même des cabines et des toilettes pour handicapés. La traversée a duré quinze heures et nous en avons profité pour déguster un smôrebrôd, célèbre buffet suédois composé des plats les plus typiques. C’était royal !

Ce voyage d’un mois, riche en péripéties et en émotions de toutes sortes, a été une expérience fantastique. J’ai appris plein de choses comme, par exemple, la vie communautaire à l’intérieur d’un motorhome. Vivre à cinq 24 heures sur 24 dans un espace réduit pendant tout un mois n’est pas évident et je dirais même que c’est tout un apprentissage. Chacun doit y mettre du sien et, lorsque ce n’est pas le cas, il y a forcément quelques grincements de dents.

J’aime la Scandinavie, cette terre du nord aux paysages enchanteurs et aux grands espaces. Ses innombrables facettes, sa nature encore intacte et si belle m’ont émerveillée et j’y ai vécu des moments inoubliables !

Une seule ombre au tableau… les moustiques, véritable fléau national. Concentrés en Finlande, et plus particulièrement en Laponie, ils étaient des centaines et des centaines, tous plus voraces les uns que les autres… à croire vraiment qu’ils crevaient de faim ! Nous avions beau nous enduire de produits, ces sales bêtes nous piquaient quand même, et même à travers les chaussettes et les pantalons ! Des fois, j’ai même dû renoncer à sortir du motorhome ! Un matin, alors que nous dormions tranquillement au bord du lac Inari, le lac sacré des Lapons, nous avons été complètement envahis et avons dû partir en catastrophe, fenêtres et portes grandes ouvertes pour essayer de les chasser! C’était horrible ! D’ailleurs, là-bas, pour protéger les bébés et les petits enfants, les poussettes et les pousse-pousse étaient recouverts de moustiquaires. Dans les magasins on pouvait acheter des pulls très drôles et originaux. Leur motif… un gros moustique dessiné avec l’inscription :  » J’aime les touristes ! « 

Voilà. J’espère que ces quelques lignes vous auront donné l’envie de partir et de découvrir de merveilleuses contrées lointaines. Les voyages sont la meilleure des universités.. .alors je vous souhaite bon voyage et beaucoup de plaisir.

Cliquez ci-dessous pour voir mes diaporamas :

Finlande

Norvège

Suède

 

Nyon 1988                    Marie-Claude Baillif

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