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1996 : La Vieille Ville d’Annecy

« Persévérance » et « ténacité » sont les mots corrects et adéquats que j’ai envie d’utiliser pour parler de mes vacances de l’été passé. En effet, c’est le moins que l’on puisse dire, car en l’espace de quelques mois, j’ai dû changer trois fois de projets ! Il y avait toujours un grain de sable qui apparaissait au dernier moment juste pour venir m’empoisonner l’existence et gâcher mon plaisir. Oui, mais, voilà, je suis myopathe et me battre contre l’adversité, j’en ai l’habitude ! Je le fais tous les jours contre ma satanée maladie… Moi, ce que j’aime, c’est remporter des victoires et non pas me complaire dans mes défaites ! Je suis têtue et lorsque j’ai décidé quelque chose, croyez-moi, je fais tout pour y arriver ! Comme dit le proverbe « j’ai la force de soulever des montagnes » et surtout, surtout, je possède un inépuisable puits d’idées dans la tête !

En résumé, voilà ce qui s’est passé. D’abord, mon tout premier projet était de partir une semaine en France en Ardèche avec Nora, la fille française qui s’occupe de moi chaque été durant un mois. Devaient nous accompagner, Judith, une amie roumaine qui vit actuellement en Hongrie et Roger son ami, celui qui allait être notre chauffeur. Tout allait pour le mieux lorsque, premier grain de sable, Judith et Roger se séparent ! Ca, c’est la tuile, car sans chauffeur, impossible de partir ! Quelle poisse !

Mais voilà que, à peine quelques semaines plus tard, un nouvel espoir surgit. Nora est en train de passer son permis de conduire. Si son examen a lieu avant août et qu’elle réussit du premier coup, c’est elle qui nous conduira. Le suspense est total. Le jour J, nous lui tenons les pouces. Alléluia ! Victoire ! Nora a réussi, elle a son permis de conduire ! C’est génial ! Extraordinaire ! Nous allons pouvoir partir ! Léger petit détail, il faut trouver une voiture… Pas de problème, je vais en louer une ! Je téléphone à Genève à différentes agences de location afin de comparer les prix.

Deuxième grain de sable, pour louer une voiture, il faut avoir 21 ans révolus et son permis de conduire depuis 2 ans. Là, en l’occurrence, ce n’est pas le cas et malheureusement, tout notre beau projet tombe à l’eau. C’est vraiment dommage, car nous étions si près du but et puis ces vacances, j’y tenais beaucoup, surtout pour Judith !

En effet, lorsqu’elle était en Suisse il y a 4 ans, (elle était étudiante à l’université de Genève. C’est là où je l’ai rencontrée, elle s’occupait de moi les week-end), elle n’a jamais pu mettre les pieds en France, son rêve. Avec son passeport roumain, il lui était impossible de franchir les frontières sans un visa. Cette année, grâce à l’aide d’une amie, elle a enfin réussi à en obtenir un. Pour elle, pour nous, c’était l’occasion rêvée, une opportunité inespérée. Quelle déception!

Quelques semaines plus tard pourtant, un nouveau rebondissement totalement inattendu arrive. Ma mère décide de s’acheter une nouvelle voiture, plus confortable, plus puissante et surtout avec air conditionné. Dans un geste hyper généreux, elle me laisse son ancienne voiture, une Opel Kadet que je peux utiliser comme bon me semble. Je n’en crois pas mes oreilles ! Je suis sous le choc, complètement abasourdie ! Maman, ma chère maman, comment la remercier un jour de tout ce qu’elle fait pour moi ? C’est trop, beaucoup trop et je ne sais pas si je le mérite toujours… Quelle femme extraordinaire, si généreuse !J’en suis très fière et je peux dire une chose, ma maman, c’est la meilleure des mamans et je l’adore !

Pour aller en Ardèche, il faut compter environ 4 heures de voiture par l’autoroute. En discutant avec Nora, elle m’avoue qu’elle n’a jamais conduit sur une autoroute, (à St- Claude dans le Jura français, il n’y en a pas) et qu’elle a peur d’essayer. Elle préfère rouler sur les petites routes. Tout ça, c’est bien joli, mais cela signifie qu’au lieu de mettre 4 heures, il va falloir rouler pendant des heures et des heures et traverser les villes de Lyon et Valence. Cette perspective ne m’enchante guère, surtout avec une toute nouvelle conductrice ! C’est de la folie et je propose de changer de destination, de choisir un endroit plus proche de chez moi à seulement une ou deux heures de voiture. Tout le monde est d’accord. Après moult réflexions, mon choix s’arrête sur la ville d’ Annecy en Haute-Savoie. L’endroit est idéal ! Ce n’est pas loin, c’est joliment situé et il y a plein de choses à voir et à visiter. Adjugez, Annecy et son lac seront nos prochaines vacances !

Je téléphone à la douane franco-suisse pour des renseignements et c’est là que le troisième grain de sable tombe raide comme un couperet ! Une Française qui réside en France n’a pas le droit de conduire une voiture aux plaques minéralogiques suisses en France. Incroyable, mais vrai ! Cette nouvelle me fait l’effet d’une douche froide ! J’ai beau insister, supplier, la loi, c’est la loi ! Et si je passe outre ? Eh bien, en cas de contrôle de police, c’est une forte amende à payer et en cas d’accident, aucune assurance ne prendra de frais en charge. Je suis anéantie ! Mais pourquoi le mauvais sort s’acharne-t-il comme ça sur ces vacances ? Je n’y comprends rien du tout.

Heureusement dans la vie, il y a toujours une récompense pour ceux qui se montrent patients ! Pour résoudre mon problème, une amie me propose la chose suivante. C’est elle qui va nous emmener à Annecy, puis revenir nous chercher une semaine plus tard. C’est d’accord.

Le 22 août, le grand départ est donné. Pour finir, c’est Roger (eh oui, entre temps, il a réapparu) qui nous conduit. Il fait très chaud, 32°. En 1 heure, nous sommes à Annecy. L’hôtel est impeccable, un 2 étoiles pas cher du tout et de plus, entièrement accessible en chaise roulante. C’est parfait. Roger n’est pas pressé, alors nous profitons de la voiture.

Nous faisons le tour du lac. C’est une pure merveille ! Les couleurs, les berges, les petits villages, les montagnes environnantes, partout où nos yeux se posent, c’est une vrai beauté, à vous couper le souffle ! Je me sens bien, je suis heureuse de pouvoir profiter de tant de splendeurs ! Le lac d’Annecy est considéré comme le plus pur d’Europe. Par endroit, l’eau y est même vert-émeraude.

A Talloires, nous stoppons un instant, le temps de faire quelques pas à travers les rues du village, de s’immortaliser sur deux ou trois photos et de prendre un rafraîchissement sur la terrasse de l’auberge du Père Bise. Ce restaurant 4 étoiles est superbe et la vue et le coup d’oeil sur le lac magnifique.

Nous retournons à Annecy vers 19 heures. Roger nous quitte. Il rentre en Suisse. Nous de notre côté, nous musardons dans la vieille ville à la recherche d’un bon restaurant. La vieille ville d’Annecy est magique et je l’adore. Ses petites ruelles pavées, ses vieilles maisons en pierre toutes fleuries et garnies de géraniums aux fenêtres et aux balcons, ses petits canaux par-ci, ses petits ponts par-là, ses restaurants, pizzerias et autres tavernes à tort l’arigo, ses innombrables terrasses et boutiques… oui, décidément, Annecy est un petit bijou plein de charme et de cachet ! Dans les zones piétonnes, il y a toutes sortes d’artistes qui animent les rues, des chanteurs, des joueurs d’orgue de barbarie, des jongleurs, des clowns, des peintres. C’est très vivant, chaleureux, l’ambiance est pittoresque et formidable !

La semaine passe très, très vite. Toutes nos journées, toutes nos soirées sont bien remplies. Le programme est varié et comporte un tour du lac en bateau, une après-midi à la plage, une visite du marché à la brocante, aux fruits et légumes, une séance au cinéma, une longue ballade à pieds jusqu’à Annecy-le-vieux, une visite au casino.

Un jour, nous décidons de prendre le bus pour une petite escapade à Menton-St-Bernard. Visite de la ville, promenade sur les quais, pique-nique au bord de l’eau. C’est très sympa !

Une autrefois, nous reprenons le bus pour Doussard cette fois-ci. C’est très bizarre, car nous pensions être dans une jolie petite ville au bord de l’eau, eh bien, pas du tout ! Nous nous retrouvons dans un bled paumé en rase campagne à 5 km. du lac et le comble dans toute cette histoire, c’est qu’au sortir du bus, nous avons oublié de prendre ma petite table ! Ca, c’est très embêtant, car ma petite table, (c’est une tablette en bois que je fixe entre mes deux accoudoirs ) m’est totalement indispensable. Elle sert à poser mes bras, à prendre les photos, à boire l’apéro et à manger dehors. Sans elle, je me sens perdue. Ciel, que faire ? Il faut réfléchir vite, agir immédiatement.

A côté de nous, un restaurant. Nous y entrons. J’explique mon problème au patron et lui demande d’avoir la gentillesse de téléphoner au chauffeur du bus pour qu’il s’arrête et dépose ma petite table quelque part où je pourrais aller la chercher. C’est impossible, il n’y a pas de téléphone à l’intérieur du bus. Zut ! Mais qu’est-ce qu’il faut faire ? En fait, je n’ai pas grand choix. Il n’y a que deux solutions. Soit rester planter là tout l’après-midi à attendre le retour du bus (il passe vers les 7 heures du soir), soit partir à sa poursuite avec un taxi. J’ai peur de ne jamais retrouver ma petite table, alors, je choisis la deuxième solution.

Nous appelons un taxi. C’est une femme. Nous lui expliquons la situation et lui demandons de foncer. Au diable, les limitations de vitesse ! Là, c’est un cas d’extrême urgence! Pas de chance, ce jour-là, la police de la route a décidé de faire du zèle ! Il y a plein de contrôles et des radars cachés un peu partout. C’est très difficile de rouler vite sans se faire prendre, même avec la cibie qui marche à fond à l’intérieur de la voiture ! Eh oui, notre chauffeuse de taxi en est une fervente adepte. Fascinant ! Petit à petit, grâce à cette incroyable petite boîte, nous réussissons à localiser tous les emplacements exactes des cars de police et des radars mobiles. Dans le langage codé des cibistes, un radar s’appelle « un barbecue »!. C’est très drôle et nous nous amusons beaucoup ! On se croirait en plein tournage d’un film d’action ! Oui, mais voilà, ce n’est pas un film, c’est la réalité pure et pour finir avec cette plaisanterie, qui me coûte une fortune d’ailleurs, nous nous retrouvons en pleine montagne à Albertville, la ville des jeux olympiques ! Le bus est là à la gare routière. Ouf ! Nous récupérons avec joie ma chère petite table, puis comme nous n’avons rien à faire ici à Albertville, le taxi nous ramène à Doussard à l’embarcadère des bateaux cette fois-ci. Eh oui, pour l’instant, nous avons une indigestion de bus et nous préférons rentrer à Annecy en bateau ! Cette ballade sur le lac nous fait le plus grand bien. Elle est calmante, reposante et apaisante. C’est le meilleur moyen d’effacer le stress et les frayeurs de la journée !

repann

Je suis fatiguée, retour à l’hôtel pour une pause de physiothérapie respiratoire

Les vacances se terminent. Sniff ! Quel dommage ! C’était si bien… C’est vrai, entre Nora, Judith et moi-même, l’entente était parfaite, il y avait beaucoup de complicité, beaucoup d’enthousiasme et de nombreux éclats de rire. La joie et la bonne humeur étaient quotidiennes, nos jeux et discussions distrayants et très intéressants. Quelle belle équipe, un vrai trio d’enfer !

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Mes deux aides,Judith et Nora

J’espère que l’année prochaine, nous pourrons réitérer cette belle expérience ! Mais pour l’instant, nous consacrons notre dernier jour à l’inévitable envoi de cartes postales et à quelques achats-souvenirs dans les magasins. Le soir, après avoir dégusté une tartiflette, (sorte de gratin de pommes de terre au fromage et aux petits lardons), grande spécialité culinaire de la région avec la fondue savoyarde, nous regardons le défilé et la parade militaire.

Aujourd’hui, c’est le 50 ième anniversaire de la Libération d’Annecy. Quel spectacle ! Le dimanche matin, nous téléphonons à ma mère, car c’est elle qui va venir nous chercher. Voilà, bye-bye, Annecy ! Au revoir, la France ! C’était super et nous n’avons qu’un mot à te dire…merci et à bientôt !

Nyon, Suisse 1996         Marie-Claude Baillif

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