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2008 : La Camargue (2ème partie)

Ceci est la suite du texte La Camargue (1ère partie)

Les Saintes-Maries-de-la-Mer

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais mon point de chute en Camargue est toujours les Saintes-Maries-de-la-Mer ! En fait, j’adore cette petite ville ! Pour ma chaise roulante, elle est parfaite ! Elle se trouve directement au bord de la mer, n’a aucune montée ni descente et possède un très beau centre piétonnier. De plus, elle dispose d’une longue promenade goudronnée le long de la mer, de plusieurs plages de sable fin, de quelques dunes et de 3 ou 4 bateaux promenades pour découvrir le Petit Rhône (à 1km environ). Les boutiques sont très nombreuses et sympas, les restaurants aussi. Il n’y a aucun building, aucun immeuble du genre « cage à lapins ». Le bâtiment le plus haut, c’est la magnifique église romane de 15 mètres de haut, une véritable forteresse qui peut se voir jusqu’à 10 Km à la ronde depuis l’intérieur des terres.

                        

                         

Son histoire, riche en péripétie, a débuté au 9ème siècle. Construite pour remplacer l’oratoire (le lieu de prière des Saintes Maries à leur arrivée en Provence), elle est devenue prieuré au 11ème siècle pour gérer les terres de Camargue. Rebâtie plus solide au 12ème siècle afin de lutter contre les pirates, les contrebandiers et les brigands qui sévissaient sur la Côte, elle a servi de refuge à la population (ses murs épais furent percés de meurtrières et il y avait un puits d’eau douce à l’intérieur). A la fin du 14ème, à cause de sa position stratégique très importante (près de l’embouchure du Petit Rhône), des mâchicoulis y ont été rajouté. Depuis 1448, elle sert de haut-lieu lors du célèbre pèlerinage chrétien des saintes Marie Jacobé et Marie Salomé et depuis 1935, de haut-lieu également lors du plus grand pèlerinage gitan d’Europe en l’honneur de leur patronne, Sara.

Comme il n’y a aucun dancing, aucun cinéma ni aucune attraction foraine aux Saintes-Maries-de-la-Mer, il n’y a pas la foule, la cohue ou le tumulte des touristes comme dans les autres stations balnéaires ! C’est calme, paisible, tranquille, petit… exactement comme j’aime !

Voici un peu d’histoire…

Si les Saintes-Maries-de-la-Mer est devenue ce haut-lieu de pèlerinages et de légendes, c’est parce qu’en 42 de notre ère, à l’aube de la chrétienté, son rivage aurait accueilli une barque sans voile et sans rame avec à son bord Marie Jacobé (la sœur de la Vierge Marie, la tante de Jésus), Marie Salomé (la mère des apôtres Jean et Jacques le Majeur, devenu plus tard Saint-Jacques de Compostelle), leur servante noire Sara, Marie-Madeleine (l’amie et la première témoin de la résurrection du Christ), son frère Lazare et sa sœur Marthe, Maximin (l’un des 72 disciples de Jésus, le fils de marie Jacobé) et Sidoine (le disciple aveugle de Jéricho). Joseph d’Arimathie, qui transportait la célèbre coupe (le calice ou le Saint Graal…) avec laquelle Jésus aurait célébré sa dernière scène et dans laquelle, son sang aurait été recueilli, était (selon les dires de certains), également à bord. Ces proches du Christ, témoins de sa mort, de sa résurrection et de ses miracles, furent tellement persécutés par les romains et par Hérode Agrippa 1er(élu le roi des juifs par Rome), qu’ils durent fuir la Palestine. A Joppé (Jaffa), ils furent capturés par les infidèles et pour que personne n’entende plus jamais parler d’eux et de la bonne parole qu’ils répandaient, ils furent jetés dans un bateau (une barque sans voile et sans rame portée, selon la tradition provençale, par les courants et guidée par la providence jusqu’en méditerranée), mais certainement (et ceci est plus probable) sur un navire ou une galère qui reliait régulièrement la Palestine à l’Europe (le capitaine avait ordre de les abandonner sur des rivages lointains d’où ils ne pourraient jamais revenir… (lorsque le navire arriva à quelques kilomètres d’Aigues-Mortes, le capitaine les jeta dans une chaloupe en se disant que les courants et le vent de la mer décideraient de leur sort…) !

Lorsque ces exilés, ces proscrits de Palestine, ces naufragés auraient échoué sur la plage de l’oppidum Râ (c’était le nom donné aux Saintes-Maries-de-la-Mer avant 1838 lorsque les habitants dédiaient encore leur culte au dieu égyptien du soleil), ils auraient été accueillis comme des miraculés, comme guidés par la main de Dieu. Pour remercier et glorifier cette plage bénie, ils auraient élevé un autel chrétien pour prier. Peu de temps après, ils se seraient tous dispersés pour répandre la bonne parole du Christ à travers le pays. Saint Maximin serait parti vers Aix où il serait devenu le 1er évêque, Marie-Madeleine à la Sainte Baume pour vivre dans une grotte, Lazare à Marseille où il serait également devenu le 1er évêque, Marthe à Tarascon et Marie Salomé et Marie Jacobé, trop âgées, seraient restées là sur la plage des Saintes-Maries-de-la-Mer avec leur servante Sara.

A la mort des 2 saintes, pour leur rendre hommage et les remercier de tout ce qu’elles avaient fait, les habitants élevèrent un oratoire sur leur sépulture, puis plus tard une église. Comme de nombreux miracles avaient lieu, un culte, puis un pèlerinage s’est très vite répandu.

Bien que Marie Salomé et Marie Jacobé soient vénérées dans la région depuis le XIIIe siècle et que le village soit vite devenu un important lieu de pèlerinage, aucune mention n’est faite de Sara, du moins au début.

Il faut dire que l’histoire et l’identité de la patronne des Gitans ne sont pas très claires et restent, aujourd’hui encore, entourées de mystère ! Pour certains, elle était la servante noire, originaire de Haute Égypte (l’actuel Soudan) de Marie Salomé et Marie Jacobé (d’où le teint sombre de son visage et le nom de Sara-la-Khali, Sara la Noire). Pour d’autres, elle était la fille d’un roi des premiers occupants de la Camargue, probablement une tribu celto-ligure, les ancêtres des Gitans qui campaient dans la région. Grâce à une vision qu’elle aurait eue dans la nuit et qui l’avertissait de l’arrivée imminente des saintes présentes à la mort de Jésus (ou d’après l’autre version, après avoir entendu les marins du navire à Aigues-Mortes racontés qu’ils avaient abandonnés à leur triste sort des proches du Christ dans une chaloupe), elle aurait couru vers la mer pour les accueillir et les aider à atteindre la terre ferme malgré la tempête. Baptisée de leurs mains, elle devint la première chrétienne d’Europe.

Pour d’autres encore (et ceci est l’origine la plus intrigante…), cette fête serait l’adaptation Chrétienne du culte voué à « Kali », une déesse indienne. La cérémonie des Saintes-Maries serait à mettre en parallèle avec les cortèges annuels en Inde, le pays dont les Roms (les gens du voyage) sont censés venir. Pendant les pèlerinages indiens, les statues de la déesse indienne « Durga », également appelée « Kali », sont immergées dans l’eau. « Durga » est habituellement représentée avec un visage noir comme Sainte Sara.

Nul ne sait donc très bien qui est cette Sara, devenue la « patronne » des Gitans, ni comment son culte s’est instauré au Saintes-Maries-de-la-Mer.

En 1’343, la célébration des saintes était fixée 2 fois l’an, il y avait le 25 mai pour Marie Jacobé et le 22 octobre pour Marie Salomé. Le pèlerinage était très populaire. En 1’448, quand le roi René entreprit des fouilles sous l’autel de l’église et qu’il découvrit les reliques de Marie Jacobé et Marie Salomé, il les mit dans des châsses richement ornées et les transporta dans la chapelle haute. Bien qu’il ne trouva aucune trace des reliques de Sara, il fit creuser une crypte plus bas dans laquelle il autorisa les gitans de venir eux aussi vénérer leur patronne, Sara, d’y faire des prières et d’y déposer des cierges.

Depuis lors, chaque 24 et 25 mai fut consacré à la descente des reliques de Marie Jacobé et de Marie Salomé à la mer pour une bénédiction purificatrice durant une cérémonie chantée.

Vers les 1850, grâce au fort retentissement de ce pèlerinage, tous les grands hommes que comptait la Provence y allaient.Ils s’y rendaient en charrette, en carriole, en roulotte, à pied… tout était bon pour parcourir les mauvais chemins de la Camargue. Les gitans, fidèles à leurs traditions, sillonnaient eux aussi de plus en plus ces routes pour aller dans la crypte prier leur Sainte Sara.

A l’aube du XXème siècle, ce pèlerinage, partagé entre chrétienté et communauté gitane, connu une nouvelle ampleur et un nouveau dynamisme grâce à 2 évènements très importants :

1. L’arrivée du chemin de fer aux Saintes-Maries-de-la-Mer !

C’était en 1892 et le trajet reliait Arles aux Saintes. Grâce à ce moyen de locomotion révolutionnaire, l’accès à cette zone marécageuse devint beaucoup plus facile, beaucoup moins périlleux ! En effet, à cause des routes peu carrossables qu’il y avait en Camargue, les charrettes, carrioles et roulottes en tout genre se retrouvaient souvent coincées et embourbées les jours de pluie, elles souffraient le martyr !

2. L’intervention du marquis Folco de Baroncelli en faveur des Gitans !

Ce noble, issu d’une famille florentine, né en 1869 à Aix-en-Provence, passionné par la poésie et la Camargue et habitant aux Saintes-Maries-de-la-Mer depuis 1989 s’est vu devenir leur fervent défenseur, car en homme de cœur, touché et sensibilisé par les injustices faites aux minorités opprimées, il ne supportait pas et surtout ne comprenait pas pourquoi les Gitans étaient continuellement écartés du grand pèlerinage des Saintes, qu’ils leur étaient interdit de pratiquer leur foi au grand jour et qu’ils ne pouvaient rentrer dans l’église adorer leur sainte que par une porte dérobée, jamais par la principale !

Son combat pour que le culte de Sara soit reconnu par l’Église dura bien des années, le 24 mai 1935, enfin… il obtint satisfaction ! Ce jour-là, en effet, pour la première fois, la statue de Sara (la patronne des Gitans), fut autorisée de sortir de la crypte et ô miracle, bénie officiellement durant la procession à la mer ! Cette fois-là, ce fut par le curé des Saintes-Maries-de-la-Mer, l’année suivante, par l’évêque d’Aix-en-Provence en personne !

Depuis lors, l’engouement de ce peuple à se retrouver autour de leur Sara, à l’habiller de vêtements colorés, de bijoux et à manifester leur grande ferveur est devenu colossal ! Chaque année, ils sont entre 8 à 10’000 Yéniches, Gitans, Tsiganes, Manouches et Roms à venir des quatre coins de l’Europe pour vénérer leur Sainte. Ils s’installent dans les rues, sur les places, au bord de la mer… ils se parquent partout ! Durant ce grand rassemblement qui dure en moyenne entre 8 à 10 jours, pour eux, c’est l’occasion de retrouvailles, moments festifs et prières intenses. La plupart de leurs enfants sont baptisés dans l’église des Saintes.

La statue de Sara est une modeste statue de plâtre. Il doit y avoir à l’heure actuelle une cinquantaine de robes qui s’amoncellent sur cette frêle statue qui n’arrête pas de grossir et dont le fin visage noir pâlit sous les attouchements des visiteurs !

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Le 24 mai, durant la procession à la mer de Sara, la foule joyeuse et bigarrée, composée des autorités locales, laïques et religieuses, de milliers de gitans et de touristes au beau milieu des télévisions et photographes du monde entier, est très impressionnante ! Cette procession, cette marche vers la mer symbolise l’attente, l’arrivée et l’accueil des Saintes Maries Jacobé et Salomé par Sara !

Le 25 mai, lors de la procession des 2 Saintes Marie Jacobé et Marie Salomé, la barque dans laquelle se trouvent leurs 2 statues est portée jusque dans la mer pour symboliser l’arrivée des 2 Saintes et de la Foi par la mer. Elles sont accompagnées également d’une foule de pèlerins, chrétiens et gitans.

Le Cheval Camarguais

Lorsqu’on arrive en Camargue, une des premières choses que l’on remarque, ce sont les magnifiques chevaux blancs typiques de cette région !

Le « Camargue » est un cheval robuste, vif et rapide dans l’action, mais aussi rustique par les rudes tâches qui lui incombaient à l’origine. Mesurant entre 1,35 m et 1,48 m de hauteur, son crin est fourni et sa robe est blanche, parfois grise. Le pelage du poulain est sombre jusqu’à l’âge de 3 ans.

Grâce à sa taille et son caractère doux, il est le compagnon idéal des Camarguais et des amoureux des grands espaces ! Très apprécié par les amateurs de randonnées équestres, il est accessible à tous les niveaux, même aux débutants.

Ce superbe cheval est, ne l’oublions pas, la monture indispensable du gardian. En effet, pour surveiller et s’occuper des chevaux et des taureaux au milieu des immenses terres marécageuses, il est le principal et le meilleur moyen de locomotion ! Les zones d’élevage du cheval « Camargue » se situent dans un triangle qui va de Montpellier à Tarascon et Fos.

Le Taureau Camarguais

 

 

 

Le taureau est incontestablement le roi de la Camargue ! Il est élevé uniquement pour la course camarguaise !Contrairement aux corridas espagnoles, là, le taureau n’est pas mis à mort (ouf, car je trouve cela cruel, barbare et sanguinaire !).

La course camarguaise dure 15 minutes. Lorsque le taureau se trouve dans les arènes, il est affronté par une dizaine d’hommes, des « razeteurs », qui vont tout faire pour tenter de lui ravir la cocarde attachée entre ses cornes par des ficelles. Agressivité, brio, intelligence du combat, si le taureau possède ces qualités, il deviendra le dieu des arènes provençales et languedociennes.

Après la course, lorsqu’il retourne à la manade, il n’en refera d’autre que 2 ou 3 semaines plus tard. Les « cocardiers » (c’est ainsi que l’on nomme les taureaux vedettes) courent environ 6 à 7 fois par an, pas plus. A la fin de leur carrière, vers les 14, 15 ans, ils passent une retraite paisible dans la manade. A leur mort, ils sont enterrés debout, la tête tournée vers la mer avec des stèles ou des statues à leur effigie.

Le taureau de Camargue (Lou Biou en provençal) cohabite parfaitement bien avec les chevaux qui partagent leurs pâturages. De petite taille, 1,30 m en moyenne, il est trapu, sa peau est noire et avec son allure fière, il est le seigneur de la Camargue, un seigneur que tout le monde respecte !

Ce robuste animal qui, au XVème siècle participait aux travaux des champs, a été croisé au XlXème siècle avec des taureaux de sang espagnol. Ces derniers, plus combatifs, apportèrent selon les dires de certains, ce qu’il manquait au pur camarguais pour affronter les toreros.

Le Flamant Rose

Le flamant rose, célèbre équilibriste des bords de l’eau (il peut rester debout sur une patte pendant des heures…) vit sur les lagunes, les lacs et les deltas envasés et peu profonds. Son bec épais, de couleur rose et noir, incurvé, est un véritable outil de pêche et de cueillette. En effet, il filtre les particules animales et végétales de l’eau avant de les rejeter.

 

 

Le flamant rose vit en groupe de plusieurs dizaines d’individus et niche dans des nids en boue de 30 à 45 cm de hauteur. Leur œuf, unique, éclot au bout de 28 jours. Les jeunes se mettent à voler au bout de 70 jours et deviennent indépendants 1 mois après leurs premiers battements d’ailes.

En Camargue, chaque année, il y a quelques 20’000 poussins qui naissent. Ils sont blancs. Ce n’est qu’à l’âge de 4 ou 5 ans qu’ils obtiennent leur plumage rose éclatant et c’est dû à leur nourriture. Dans les étangs, il y a des algues microscopiques qui rejettent du bêta carotène. Les crevettes mangent ces algues et deviennent roses, de même que les flamants qui consomment ces crevettes.

Lorsque les flamants semblent presque immobiles sur leurs pattes graciles, il ne faut pas s’y fier, car le moindre bruit peut provoquer leur envol en un majestueux déploiement de couleurs et de cris. C’est de toute beauté ! A la fin de l’été, certains d’entre eux partent émigrer de l’autre côté de la Méditerranée vers des contrées où l’hiver est plus clément. Les autres restent en Camargue, prenant le risque parfois d’affronter un hiver très rigoureux, mais c’est plutôt exceptionnel !^

La croix de Camargue

L’origine de cette croix, appelée aussi « croix gardiane » est assez récente. En effet, c’est à la demande du Marquis de Baroncelli (il cherchait un symbole pour représenter ce pays qu’il aimait tant) que son ami, le peintre et sculpteur Paul Herman a conçu et dessiné cette croix en 1924.¨

Associant symboliquement les gardians et les pêcheurs (les 2 composantes du peuple des Saintes-Maries-de-la-Mer), elle possède en haut une croix chrétienne (qui symbolise la foi) avec à ses extrémités 3 tridents (pour honorer les gardians et l’âme camarguaise), au centre un cœur (qui représente l’amour et la charité) et en bas, une ancre marine (en l’honneur des gens de la mer, elle symbolise l’espérance) !

La croix originelle a été fabriquée par Joseph Barbanson, un forgeron des Saintes-Maries-de-la-Mer (c’est lui qui a suggéré à son créateur de rajouter les 3 tridents à la croix afin d’encore mieux symboliser la Camargue) !

En Camargue, elles sont accrochées dans toutes les maisons. Je les ai trouvées tellement belles, tellement originales que je n’ai pas résisté, j’en ai acheté une pour ma chambre et une pour mon salon !

La cabane de gardian

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Ces constructions sommaires, typiques des Camarguais de conditions modestes, étaient utilisées par les pécheurs, les bergers, les vanniers, les ouvriers des salins et les gardians. Ces maisons modestes, rustiques avec une porte, une fenêtre ne possédaient qu’une seule pièce pour les plus simples, une chambre et une cuisine pour les mieux loties. Pour résister à la violence du mistral (dans ces plaines immenses et plates, il n’y a évidemment aucun obstacle pour le briser ou le freiner), la face exposée au nord était toujours arrondie pour donner moins de prise au vent et éviter que le toit en matériaux léger ne se soulève (cela limitait aussi les tourbillons au devant de la cabane) et la face sud, au contraire, toujours verticale. Ne pouvant pas avoir d’étages (trop dangereux à cause du vent), elles étaient construites basses avec uniquement un rez-de-chaussée.

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En pierre de taille, elle chauffait l’hiver au soleil, tandis qu’elle isolait de la chaleur en été. Souvent une treille y était rajoutée pour faire de l’ombre.A l’intérieur, le sol était en terre battue et les murs crêpis à la chaux. La séparation entre la chambre et la pièce de vie se faisait avec l’aide d’un rideau en tissus. Il y avait souvent une cheminée appuyée contre le mur en pierre. L’évier était à l’extérieur, la vaisselle et la préparation de la cuisine avaient lieu dehors. En ce qui concerne le toit, il était fabriqué avec des roseaux (la sagno), un matériau bon marché que l’on trouvait à profusion dans ces régions marécageuses. Les gens les cousaient au fil de fer sur la charpente et lorsqu’ils avaient terminé, ils étalaient sur son faîte (la partie la plus haute) un mortier de ciment et de chaux. Il y avait toujours une croix de Camargue au-dessus du toit.

Si pour la construction traditionnelle, les pierres provenaient des carrières (comme celle de Fontvieille, par exemple), le transport représentait un lourd investissement, ainsi qu’une perte de temps très importante. Pour remédier à ces inconvénients, certains habitants, habiles et malins, se débrouillèrent autrement en prenant directement les matériaux trouvés sur place, s’adaptant ainsi à leur milieu de vie. L’argile, le roseau, la canne, le bois… ces matières permettaient de fabriquer ces maisons quasi sur place et de façon assez rapide, à moindre coût. Abandonnées plus tard au profit de conditions de vies plus modernes et plus confortables, ces cabanes ou mas camarguais sont aujourd’hui surtout construites pour des raisons touristiques. En effet, elles servent de locations, résidences luxueuses, auberges et chambres d’hôtels…

L’exploitation du sel
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La saliculture est l’une des plus grandes activités de la Camargue ! Depuis l’essor de l’industrie chimique, le chlore et la soude (extraits du sel marin), font partie de la composition de nombreux produits chimiques, alimentaires et pharmaceutiques. En fait, aussi incroyable que cela puisse paraitre, le sel est partout… dans le traitement et l’adoucissement de l’eau, pour le déneigement du réseau routier en hiver, pour la table et la cuisine, dans les médicaments et la nutrition animale, pour l’agriculture… ! Eh oui, cette matière première, cette substance devenue si utile et nécessaire, entre de nos jours dans la composition d’énormément d’objets quotidiens qui nous entourent ! Il intervient même, à des stades divers bien sûr, dans la fabrication de voiture, de tube de rouge à lèvres, de matières plastiques et même dans les agents propulsant des fusées!!!

La Camargue possède 2 salines : il y a celle de Salins-de-Giraud, la plus grande d’Europe, elle s’étend sur 14’000 ha et produit 900’000 tonnes de sel par an ! Et il y a celle d’Aigues Mortes avec une surface de 10’800 ha (elle mesure 18km du nord au sud, 13,5km d’est en ouest, sa superficie est légèrement plus grande que celle de la ville de Paris). Elle produit 500’000 tonnes de sel chaque année, il est récolté 1 fois par an à fin août, début septembre.

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La coloration rose de l’eau est liée à la prolifération de micro-organismes de type algues microscopiques qui rejettent du béta carotène.

Grâce à la diversité des taux de salinité des salins d’Aigues-Mortes (qui fournissent une nourriture abondante) et la faible fréquentation humaine, ces derniers sont devenus un lieu de nidification et de halte importante pour des milliers d’oiseaux migrateurs, un sanctuaire pour ces grands voyageurs ! En effet, dans cet environnement paisible et propice, ils peuvent se reposer, se nourrir et reprendre des forces ou alors, nidifier avant de reprendre leurs longues courses migratoires.

Le Rhône

Le Rhône est un important fleuve d’Europe. Long de 812 kilomètres, il prend sa source dans les Alpes suisses, à 1’753 m d’altitude dans le canton du valais, traverse le lac Léman, coule en France et finit son cours dans un delta (le delta de Camargue) qui se divise en 2 bras : le grand Rhône (qui draine 85% des eaux) et le petit Rhône (15% des eaux) avant de se jeter dans la mer Méditerranée. Son parcours en Suisse est de 290 Km, en France de 522 Km.

Parmi tous les fleuves qui se jettent dans la Méditerranée, après le Nil, c’est le Rhône qui a le plus gros débit. C’est également le plus puissant des 5 fleuves français !

Les moustiques

40 espèces de moustiques vivent en Camargue dont 10 piquent l’homme. D’avril à novembre, la mise en eau du delta (rizières, salins, marais) favorise l’éclosion des larves qui sont aquatiques. La gêne causée par les moustiques est importante. Il a fait naître plusieurs projets de démoustication, mais aussi beaucoup d’inquiétudes quant à leur impact sur l’environnement. De novembre à mars, les moustiques hibernent ou résistent à la mauvaise saison sous forme d’œufs enkystés. Ils ne causent alorsaucune gêne à l’homme. Ce ne sont que les femelles qui piquent. Les moustiques sont le seul point négatif de la Camargue !

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Les Oiseaux Migrateurs

La Camargue est une halte indispensable pour les oiseaux migrateurs. C’est là que quelques 350 espèces répertoriées viennent nicher et se reproduire. Certains y prennent même leur quartier d’hiver. Les amateurs d’ornithologie peuvent y admirer de nombreuses espèces comme les flamands roses, les hérons, les poules d’eau… (pour les échassiers), les canards, mouettes, goélands, cormorans, fous de bassan… (pour les palmipèdes), les aigles, busards, milans, grands ducs, faucons, buses, éperviers… (pour les rapaces).

Au printemps, ce sont les premières terres et les premiers buissons que les oiseaux rencontrent depuis les côtes africaines. A l’automne, ce sont les dernières avant la mer.

La superficie de la Camargue est de 100’000 hectares. Les étangs et les marais, qui occupent 20 000 hectares, constituent les aires favorites des oiseaux migrateurs ou sédentaires. Celui du Vaccarès, entouré de roseaux et de tamaris (arbustes à petites feuilles), occupe à lui tout seul 6’000 hectares.

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Voilà, pour les amoureux de nature et de grands espaces, pour les passionnés de terres sans frontières, de terres d’évasion et de liberté où vivent en harmonie et en paix taureaux, chevaux et flamants roses, où s’ébattent et font halte des centaines d’oiseaux migrateurs… la Camargue, c’est le paradis, le rêve, l’émerveillement à l’état pur !

Cliquez ici pour voir mon diaporama de la Camargue:

Novembre 2008               Marie-Claude Baillif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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