Tous mes Textes

Pour M’écrire

Envoyer un mail
à Marie-Claude: mcbaillif@bluewin.ch

Blog Traffic

Pages

Pages|Hits |Unique

  • Last 24 hours: 0
  • Last 7 days: 0
  • Last 30 days: 0
  • Online now: 0

1999 : Miracle en hélico !

Pause photo devant l’hélicoptère qui nous a permis de survoler la Suisse Romande

Pourquoi je parle de miracle ? Tout simplement, parce ce que je crois bien que s’en est un ! Voyez-vous, « remonter en l’air », 1O ans après avoir dû arrêter et en plus, dans l’état où je me trouve actuellement, pour moi, c’est vraiment… un miracle !

Fanatique de voyages depuis l’âge de 21 ans, (aujourd’hui, j’en ai 42), j’ai toujours adoré prendre l’avion, quel qu’il soit, avion de ligne, charter, jet à 10 places, à 4 places, hydravion, mon expérience était riche et vaste. A 31 ans, coup du sort, ma maladie a progressé. Je dois vivre avec un respirateur. Finies les grandes destinations lointaines et exotiques, terminé l’avion et l’altitude, je manquerais d’oxygène ! Pas de chance !

Je n’ai pas renoncé aux voyages pour autant (lorsqu’on a le virus, on a le virus !). J’en fais toujours, mais ils sont différents et se font en voiture avec ma brave opel kadet, une vieille voiture que j’ai transformée en véritable quartier général ! Il y a tout dedans. Cela va du scotch aux ciseaux pour réparer les fuites d’air dans mon masque ou mes tuyaux de respirateur, des outils pour ma chaise roulante (pompe à vélo, chambres à air, roue complète avant), une bouteille d’eau, des pailles, des gobelets (si quelqu’un a soif), des médicaments, une trousse de secours, trois manteaux de pluie pour mes deux aides et moi-même (un orage est si vite arrivé !), une lampe de poche, une couverture chaude… bref, tout le nécessaire en cas de problème ! Dans la vie, il y a un proverbe qui dit « mieux vaut prévenir que guérir ! ». Et puis, ça m’amuse! D’ailleurs, on m’appelle le « Mac Gyver » au féminin !

Ma nouvelle façon de voyager me plaisait beaucoup, j’étais très heureuse (de toute façon, je ne reviens jamais sur le passé, je ne suis pas masochiste, je n’aime pas souffrir !). Quelquefois, quand même, lorsqu’un avion passait au-dessus de ma tête, j’avais la nostalgie, les souvenirs, tout se réveillait… J’imaginais les gens assis à l’intérieur, les hôtesses de l’air leur servant à boire et à manger, la vue magnifique depuis les hublots. Je me disais: « Moi, aussi, j’aimerais bien remonter là-haut ! Moi, aussi, j’aimerais bien revivre cette incroyable sensation du décollage lorsqu’on est plaqué contre le siège ! ». Eh oui, mais comment faire et surtout où trouver une compagnie d’aviation d’accord de me prendre à son bord ? C’est toujours la même chose ! Les gens ont peur et ne veulent prendre aucun risque.

Les mois passaient, les années passaient et mon rêve ne bougeait pas. Il restait toujours à l’état de rêve ! Un jour, pourtant, le destin s’en mêla… En 1998, le magazine « l’Illustré » me consacrait 2 pages, un reportage très intéressant qui racontait ma vie de myopathe au quotidien, mes tracas, mes soucis, mes joies et mes envies. A la question: « Quel est votre rêve ? » J’avais répondu: « faire un tour en hélicoptère ! » (je ne peux plus prendre l’avion, Ok, car il vole trop haut, 10.000 pieds correspondent à environ 2000 mètres d’altitude, mais avec l’hélicoptère, ce n’est pas pareil, lui, il vole beaucoup plus bas). Emu par mon témoignage, une ancienne connaissance, une personne vraiment très gentille, a décidé, par élan du coeur et avec l’aide de quelques collègues, de m’offrir ce fameux tour en hélicoptère tant désiré ! Il s’agit de Daniel Rosselat du Palèo festival de Nyon. Quelques semaines plus tard, je recevais une lettre avec à l’intérieur un bon-cadeau. J’avais droit à un tour d’une demie-heure avec la compagnie Heliswiss à Epagny en Gruyère. Deux personnes pouvaient m’accompagner. Quelle surprise ! Quelle joie ! Quel bonheur ! Quel défi aussi, car maintenant, je ne pouvais plus reculer ! Je l’avais dit, il fallait que je le fasse !

Le 8 septembre 1999 fut le jour « J ». Ma santé était bonne, je ne toussais pas, je ne crachais pas. La météo était idéale, ciel bleu sans bise ni vent. Seule ombre au tableau, un horrible noeud à l’estomac ! C’était inconscient, plus fort que moi, j’avais ce qu’on appelle communément « la trouille » ! Normal ! Cela faisait 10 ans que je n’étais pas remontée dans un avion ! Je ne savais pas comment mon corps allait réagir et des mauvaises pensées m’envahissaient : « Et si je n’arrivais plus à respirer…? ». « Et si l’hélicoptère tombait…? ». « Quelle horreur ! Ce serait vraiment pas de chance ! ». Les soucis me prenant trop la tête, je décidais, par mesure de sécurité, de prendre mon respirateur avec moi à l’intérieur du cockpit (sans le brancher à une prise électrique, il a une autonomie de 40 à 60 minutes. Le vol dure 30 minutes, ça devrait jouer !). Aucun problème, le pilote était d’accord.

Pour m’installer à l’intérieur de l’hélicoptère (je suis devant à côté du pilote), ce ne fut pas évident ! Comme le dossier du siège était droit, qu’on ne pouvait pas l’incliner en arrière, le haut de mon corps avait tendance à glisser vers la porte. Impossible de rester en place ! Finalement, avec beaucoup d’astuces et de persévérance, on a quand même réussi à bien me positionner, à tout caler comme il faut, les jambes, les bras, les épaules, la tête. J’avais 2 coussins sous les fesses, un derrière la tête, un entre mon épaule gauche et la porte, plus une ceinture de sécurité. Youpie ! Tout tenait ! J’avais mon masque sur le nez, mon respirateur branché (on l’a coincé derrière mon siège), un casque sur les oreilles (dans l’hélicoptère, c’est tellement bruyant que pour se parler et se comprendre, on est obligé d’en porter un).

à l’intérieur du cokpit

Linda et Jessica étaient assises à l’arrière. Quelle excitation ! Quelle ambiance ! Trois vraies gamines ! Le pilote, très concentré, lui, procédait aux dernières vérifications d’usage. Je n’oublierais jamais cette scène. Il y avait l’hélice au-dessus de nos têtes qui tournait de plus en plus vite, de plus en plus fort, la cabine qui bougeait, qui tremblait, l’herbe aux alentours qui se couchait, balayée par la force du vent. Lorsque l’hélicoptère a décollé, waoh, quelle sensation ! J’ai vibré, j’ai crié ! C’était très, très impressionnant ! Un gros coup au coeur ! J’ai adoré ! Je me sentais sur un petit nuage complètement euphorique ! « Enfin ! Moi aussi, je remontais en l’air, Je revoyais la terre depuis en haut ! »

Vu d’en haut, l’autoroute, les champs et les maisons ont l’air toutes petites…

Quel plaisir ! Je n’oublierais jamais ! On est parti d’Epagny en Gruyère. On a survolé la campagne gruyérienne, le lac de Brêt, le Mt-Pélerin, Chexbres, le Lavaux avec son vignoble en terrasses, les bords du lac Léman, Vevey, Montreux, le Château de Chillon, les Rochers-de-Naye, la Dent de Jaman, Château-D’oex et retour sur Epagny par le lac de Gruyère. C’était magnifique et on a fait tout ça en 35 minutes ! A vol d’oiseau, c’est fou, les kilomètres que l’on peut parcourir ! Impressionnant !

De retour sur la terre ferme, on a fini notre film photo avec le pilote qui a été absolument génial ! Gentil, attentionné, prévenant, ses explications sur ce qu’on voyait, la topographie du terrain, la conduite de l’hélicoptère… c’était super ! On a beaucoup aimé. Le temps a passé très vite, trop vite. L’atterrissage s’est fait tout en douceur. On n’a rien senti du tout.

En écrivant ce texte, j’avais deux choses en tête :

  1. Rendre hommage à la gentillesse et à la générosité. Eh, oui, ça existe encore… !
  2. Dire un grand MERCI !
  • A tous ceux qui ont participé au bon-cadeau pour m’offrir ce merveilleux tour en hélicoptère !

  • A Linda et Jessica, mes deux aides, sans qui rien n’aurait été possible !

  • Au pilote qui nous a ramené à bon port !

  • et enfin à la Vie qui, une fois de plus, m’a permis d’aller au bout de mon rêve !

Voler en hélicoptère est une expérience unique, formidable que je conseille vivement à tout le monde ! Bon vol !

Nyon 2000                       Marie-Claude Baillif


Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *