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2007 : 3 jours en Gruyère !

Le 24, 25 et 26 août 2007, comme les météorologues annonçaient enfin 3 jours consécutifs de beau temps, j’ai décidé d’en profiter et de nous offrir à mes deux auxiliaires de vie (Chantal et fabienne) et à moi-même un dernierdécidé d’en  petit voyage de 3 jours. Je trouvais que cela nous ferait du bien, car à cause de la météo exécrable qui a régné tout l’été sur nos régions, j’ai dû annuler plein d’excursions d’un jour et plusieurs petits voyages de 3 à 4 jours… et puis, cela clôturerait formidablement bien l’année en ce qui concerne nos balades et nos découvertes !

Eh oui, à partir du mois de septembre, Chantal ne pourrait plus ni m’accompagner à l’extérieur, ni plus m’aider à me sortir du lit, me mettre dans ma chaise roulante ou dans la voiture. En effet, le 5 septembre, c’est-à-dire une dizaine de jours plus tard, la pauvre, elle devait aller à l’hôpital pour se faire opérer et mettre une prothèse totale du genou ! Généreuse et très dévouée envers moi, elle avait reculé au maximum cette opération (c’était pour que je puisse profiter à fond de mon été), mais là, elle n’avait plus le choix, elle devait le faire !

Comme sa convalescence allait durer entre 3 et 6 mois, qu’on arrivait en plein dans les mois d’hiver et que là, bien entendu, avec le froid, la pluie et la neige, je ne sortais plus, ces 3 jours en Gruyère étaient les bienvenus !

Oh, bien sûr, j’aurais très bien pu m’arranger et partir avec quelqu’un d’autre, mais sans ma petite Chantal adorée, sans mon petit rayon de soleil à mes côtés, ça ne me disait rien du tout (l’ambiance n’était pas la même, c’était beaucoup moins drôle…) et puis, de toute façon, avec mes principes et mon éducation, je n’aurais jamais pu avoir l’audace, le culot ni même l’ingratitude de la laisser tomber, de l’abandonner là dans un moment aussi difficile et délicat, elle qui prenait si bien soin de moi depuis 5 ans déjà !!!

Être (ou devenir) une personne ingrate et égoïste, qui ne sait que prendre et recevoir sans jamais redonner  en échange, eh bien non, je refuse de cautionner une telle attitude, c’est contraire à toutes mes règles, à toutes mes valeurs ! Je trouve que dans la vie, il faut avoir du respect, de l’attention et de la reconnaissance vis-à-vis des gens qui nous aident (ou qui nous ont aidé un jour), car sinon comment pourrions-nous encore nous regarder en face dans un miroir ?!?

Chantal avait beau dire qu’il ne fallait pas que je me prive pour elle, qu’elle allait se débrouiller, je savais très bien que je devais être là (c’était mon devoir et l’évidence même…) pour d’une part, la soutenir, l’épauler et l’aider à surmonter cette épreuve difficile (le chirurgien lui prévoyait de très violentes douleurs), puis pour s’occuper de nos 3 chiennes et du chat (Sultane, Kalyne, Punckie et Simba), car Chantal devait rester une dizaine de jours à l’hôpital et enfin, pour la surveiller et l’empêcher de faire trop de choses trop vite, car comme dit le proverbe : « Qui va piano, va sano ! »

Comme ce dernier périple hors de mon nid douillet ne durait que 3 jours, je n’avais pas envie d’avaler des kilomètres et des kilomètres et de passer des heures et des heures assise dans la voiture (eh oui, je trouvais stupide et complètement déraisonnable de partir loin et de ne pas profiter du soleil…), j’ai donc choisi la Gruyère. Cette magnifique région avec ses petits lacs, ses belles montagnes et ses verts pâturages n’était qu’à 1 heure et demie de voiture par l’autoroute et là-bas, j’étais sûre d’avoir du soleil et des températures agréables !

La Gruyère se trouve dans le canton de Fribourg en Suisse. Son chef-lieu est Bulle, mais j’ai choisi Charmey, un petit village à 900 mètres d’altitude pour louer notre hôtel.

Charmey

Ce village de montagne, authentique et traditionnel, situé au cœur des Alpes fribourgeoises dans un cirque montagneux hors du commun, est aujourd’hui une station idéale pour les familles, les sports d’hiver, les randonnées pédestres et les courses de VTT en été. A Charmey, il y a une télécabine qui monte au sommet du Vounetz à 1627 m d’altitude, un musée qui raconte l’histoire de la région et depuis le 31 mars 2007, des bains thermaux qui sont reconnus et appréciés par toutes les régions alentours.

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Le premier jour

Diner à l’Hostellerie du Vignier à Avry-devant-Pont

Lorsqu’on a quitté l’autoroute et qu’on est arrivée à Bulle, qu’on a vu qu’il y avait des travaux, des routes barrées et des déviations de partout, que ce jour-là, il y avait le marché artisanal et qu’on roulait à du 2 km à l’heure, on n’a pas été s’assurer que l’hôtel était bien accessible et déposer nos bagages comme on le faisait d’habitude (on aurait perdu trop de temps sur mon programme), on a fait demi-tour et on est allée directement à l’Hostellerie du Vignier à Avry-devant-Pont.

Si j’ai choisi de réserver notre premier repas de midi là, c’était d’abord pour la vue extraordinaire qu’il y avait depuis la terrasse (j’avais vu des photos sur Internet), puis pour remercier Fabienne d’avoir abandonner son week-end de congé pour partir avec nous et lui souhaiter un joyeux anniversaire d’avance, car le jour J, elle ne serait pas avec nous pour le fêter et enfin, pour offrir un bon repas à Chantal juste avant son opération afin de la booster et de lui donner du courage !

C’était super ! On se trouvait juste au-dessus du lac de Gruyère dans une verdure rafraîchissante, les plats étaient délicieux et il faisait grand beau ! Lorsqu’on est allée sur le gazon pour faire des photos souvenirs et que j’ai vu qu’il y avait un joli chemin piétonnier en contrebas qui longeait l’eau, on était toutes d’accord, il fallait y aller pour dégourdir à la fois les pattes, les jambes et les roues de nos 3 chiennes, de mes 2 aides et de moi-même !

Après avoir payé l’adition, nous avons pris la voiture (depuis l’hostellerie, il y avait un petit sentier qui descendait, mais comme il y avait des marches, avec ma chaise roulante, c’était impossible) et parqué à côté du terrain de football. Sultane, Kalyne et Punckie se sont régalées, elles pouvaient courir, batifoler et se tremper dans l’eau autant de fois qu’elles le voulaient et nous, on a pris un bon bol d’air pur au milieu d’un très beau paysage !

Le lac de Schiffenen

Après cette excellente balade récréative, nous sommes parties au lac de Schiffenen où nous attendait Monica (la fille qui était dans la voiture lorsque mon frère a eu son accident mortel en 2004). Comme elle habite à Estavayer-le-lac, que ce n’était pas très loin de là où on était (lorsque je lui ai dit qu’on venait en Gruyère, elle a tout de suite voulu nous voir), je lui ai proposé de se retrouver au restaurant du camping du Schiffenensee à Düdingen (eh oui, là, on parle déjà le suisse-allemand !). Comme personne ne connaissait ce lac, c’était une bonne occasion de le découvrir…

Monica est venue en moto avec l’un de ses copains. C’était très sympa de se revoir, on a eu beaucoup de plaisir, mais alors en ce qui concerne la vue sur le lac, j’étais déçue ! On a demandé à la serveuse s’il y avait d’autres coins pour bien le voir, si l’on pouvait se balader autour, eh bien non, il n’y avait rien, pas de chemins, pas de routes qui le longent et pas d’autres restaurants. Pour le découvrir, le seul moyen est de naviguer dessus, mais non pas avec un grand bateau (aucune compagnie ne le traverse), mais avec des canoës kayak. Ah, bon !!!

Comme il faisait chaud et que Sultane avait bien évidemment envie de nager (on le comprend tout de suite parce qu’elle pleure), on a rappelé la serveuse pour savoir si à part les rampes d’escaliers, il y avait un autre passage accessible pour ma chaise roulante pour descendre tout au bord du lac. Avenante, elle est partie se renseigner et nous a indiqué que si on allait au milieu du camping, on trouverait une rampe. Ravies, nous y sommes parties, mais alors lorsqu’on a vu la rampe, aïe, aïe, aïe, bonjour la descente ! Pour une rampe dite accessible en chaise roulante, c’était la honte ! Décidément, les valides ont vraiment de la peine à comprendre et à se rendre compte de ce que nous vivons au quotidien, de ce que c’est que d’être handicapé en chaise roulante ! Cette rampe en béton était tellement raide que Fabienne était incapable de me retenir seule, Chantal a dû se mettre devant moi pour l’aider. De plus, pour être sûre que le haut de mon corps ne bascule pas en avant et que je tombe, j’ai dû faire pousser ma petite tablette au maximum contre moi. A la fin de la rampe, il y avait une marche d’au moins 15 cm de hauteur. Impossible de la descendre en avant (là, c’était ma chute assurée), on a dû tourner ma chaise dans l’autre sens pour pouvoir la descendre en arrière. Je n’ai jamais vu ça de ma vie ! Heureusement que Sultane et kalyne se sont bien amusées dans l’eau, ça nous a remis de bonne humeur, car là, on était plutôt énervée !

Pour éviter de remonter cette rampe de merde (excusez-moi du terme, mais c’est celui qui convient le mieux), nous avons longé le lac pendant 5 minutes par un tout petit chemin en gravier qui arrivait directement dans un parking. Chantal, Monica et son copain sont partis chercher la voiture et les motos de l’autre parking (celui de l’arrivée) et nous ont rejoints quelques minutes plus tard. Nous avons encore barjaqué 5 minutes, le temps d’admirer leurs 2 motos respectives, puis ce fut les grands « au revoir » et chacun a repris sa route…

Notre hôtel à Charmey

Lorsque nous sommes arrivées à notre hôtel autour des 20 heures, de belles surprises nous attendaient ! D’abord, il n’y avait plus de place libre au parking qui était tout petit et ensuite, il y avait toute une rampe d’escaliers pour rentrer dans l’hôtel ! Lorsque je leur avais téléphoné quelques jours auparavant, le réceptionniste m’avait pourtant certifié qu’il n’y avait aucun souci, que leur hôtel était parfaitement accessible en chaise roulante et qu’il y avait un grand parking à côté ! Eh bien, ça commençait bien !

On s’est garée en double file et Chantal est partie à l’intérieur pour discuter avec le gérant. Comme elle a montré ouvertement son mécontentement, le gérant lui a proposé de passer derrière l’hôtel avec la voiture (il y avait une forte pente), de la poser là 5 minutes le temps de me sortir, de décharger et de monter nos bagages dans les chambres, puis d’aller la remettre sur le petit parking lorsqu’une place se libérerait. En ce qui me concernait, de là, j’étais au même niveau que la terrasse du restaurant et pour rentrer dans l’hôtel, il n’y avait plus qu’une seule marche à franchir. Comme il y avait peu de monde sur la terrasse, on a bu un verre pour se calmer.

Une demi-heure plus tard, une place de parc s’étant libérée, Chantal est vite partie parquer la voiture. Comme je commençais à avoir froid, Fabienne et moi, on est rentrée dans l’hôtel pour se trouver une place au restaurant. Pour atteindre l’ascenseur, on a dû d’abord passer par la première salle de restaurant qui était pleine et dans laquelle, le gérant a dû déplacer un petit bahut pour que je puisse passer avec ma chaise roulante, ensuite il nous a fallu tourner vers les cuisines, puis retirer un porte manteau sur roulette qui obstruait le passage et le pousser de l’autre côté du couloir, car à cause de lui, Fabienne n’arrivait pas à ouvrir la porte de l’ascenseur et me mettre en face pour que je puisse rentrer à l’intérieur !

Dans la deuxième salle de restaurant qui se trouvait au sous sol, il y avait tellement de monde aussi, tellement de brouhaha (il fallait crier pour s’entendre, les deux serveuses trop stressées n’arrivaient pas à suivre avec les commandes, on a cru ne jamais avoir nos plats, les 2 bouteilles d’eau commandées ne sont jamais arrivées à notre table et pour obtenir les cafés, c’était l’enfer) qu’on n’a pas aimé du tout ! Comme on n’avait pas envie de s’attarder trop longtemps dans cet endroit totalement déplaisant, on est monté dans nos chambres pour préparer ma mise au lit.

Dans ma chambre, évidemment, il a fallu remuer les meubles pour que je puisse accéder à mon lit (je dois toujours prendre celui qui permet à mon auxiliaire de vie, lorsque je suis couchée dessus, d’être à ma gauche. C’est plus facile pour elle pour me mettre sur le pot et pour me peser sur les poumons la nuit au cas où je devrais cracher. Je ne sais pas pourquoi, on dirait que c’est un fait exprès, mais ce n’est presque jamais le lit qui est côté porte, non, c’est quasi toujours celui qui a le moins de place autour !)

Pour que je puisse m’allonger sous la couette pour me reposer et me réchauffer, c’est toute une préparation. En effet, il faut d’abord fixer mon dossier électrique derrière le matelas du lit et le brancher sur la multiprise que l’on prend toujours avec nous, ensuite installer ma machine de physio sur une chaise à côté du lit, vérifier la configuration des boutons, mettre du Nacl (une solution physiologique à base de sel) dans le godet de nébulisation et la brancher aussi sur la multiprise, poser mon coussin spécial pour ma nuque et mon baluchon pour mes genoux (grâce à lui, je n’ai plus jamais eu mal au dos), mes alèzes au cas où j’aurais des fuites ou une diarrhée, puis allumer mon coussin électrique et le mettre sur 3 pour qu’il devienne bien chaud (car lui seul pourra réchauffer mes pieds congelés), brancher les 2 chargeurs (mes deux petites perles qui, pendant que je vais dormir avec mon respirateur connecté sur l’électricité, vont pouvoir recharger les batteries que j’ai utilisées durant la journée) et sortir mon pot pour faire pipi.

Alors que Fabienne agençait ce matériel, Chantal, quant à elle, préparait le repas (croquettes et boites) de nos 3 museaux affamés. Après pendant que les fauves dévoraient leur pitance, mes 2 auxiliaires de vie m’ont déshabillée et m’ont apprêtée pour aller rejoindre les bras de Morphée.

Le lac de Gruyère

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Le lac de Gruyère, l’un des plus beaux lacs artificiels de Suisse, se trouve entre les villes de Bulle et de Fribourg. Avec une longueur de 13,5 km et une superficie de 9,80 km2, il est le deuxième plus grand lac artificiel de la Suisse. Sa profondeur est de 75 m et son altitude de 677 m. Conçu en 1948, suite à la construction du barrage de Rossens (vers Fribourg), il fêtera en 2008 ses 50 ans d’existence !

A son extrémité côté Fribourg (entre le Bry et Pont-la-Ville) se trouve l’île d’Ogoz, un petit joyau où subsistent encore les derniers vestiges du site médiéval de Pont-en-Ogoz. Cet ancien petit bourg, bâti et fondé vers 1230 sur une presqu’île arrondie s’est retrouvé noyé à la suite de la construction du barrage et du lac, il n’émerge aujourd’hui plus qu’une chapelle et les 2 tours d’un château.

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Dans la chapelle (qui peut contenir 80 places), on peut y organiser des mariages et des baptêmes, sur la petite île, des apéritifs. En été (sur la rive gauche), lorsque le niveau de l’eau est très bas, il y a une fine bande de terre qui apparait et qui permet d’y aller à pied. Pendant le reste de l’année, on peut s’y rendre en bateau grâce à un embarcadère flottant.

Si quelqu’un désire découvrir les mille et un recoins de ce magnifique lac, il y a 2 possibilités : louer des canoës ou alors, prendre les excursions d’une heure qui sont organisées tous les dimanches du 1er mai au 1er novembre de 14h à 16h.

Le lac de Schiffenen

Ce lac de barrage (un barrage voûte), construit en 1968, se trouve entre les villes de Fribourg et de Laupen à 532 m d’altitude. Sa superficie est de 4,25 km2 et sa profondeur de 38 m. Sauvage et entouré de hautes parois de grès, de magnifiques châteaux le surplombe. Le seul moyen de l’admirer et d’en profiter (pour les non sportifs comme moi, c’est vraiment très dommage…) est de louer des canoës au départ de Fribourg, le long de la rivière la Sarine ou alors, depuis le camping où nous étions avec Monica, à Düdingen. Le long du parcours, il y a plusieurs petites criques pour se baigner. Il paraît que c’est pittoresque et bucolique !

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Le deuxième jour

Le lac Noir

Le matin, après avoir pris le petit déjeuner dans la chambre (ça me permet de rester plus longtemps au lit et de faire pipi à la dernière minute), nous sommes parties pour le lac Noir à 1 heure et demie de voiture. Grâce au guide Michelin (j’avais imprimé mes itinéraires avant sur internet), nous avons pris des petites routes peu fréquentées et avons pu ainsi admirer les beaux paysages et les superbes maisons et fermes avec leurs toits typiques de la région fribourgeoise. C’était un pur régal !

Au lac Noir, nous avons posé notre voiture dans un grand parking et avons longé un peu plus de la moitié du lac. Waoh, c’était superbe, j’ai adoré ! On avait de jolis coups d’œil sur le lac, les roseaux et la berge d’en face avec les montagnes et les pâturages verts où paissaient plusieurs troupeaux de vaches, à tout moment, il y avait des bancs pour s’assoir (nous en avons profité pour manger notre pique-nique) et nos chiennes s’ébattaient, heureuses de pouvoir jouer, renifler et faire trempette dans l’eau lorsqu’elles avaient trop chaud ! Arrivées au village Schwarzsee, nous avons bu un bon petit café sur une terrasse tout au bord de l’eau. C’était incroyable, car de n’importe où que l’on se trouvait, les vues sur ce lac étaient sublimes et l’endroit divin ! C’était un vrai régal pour les yeux et l’esprit ! 

De retour à la voiture, nous sommes montées en altitude par de toutes petites routes pour voir le lac depuis en haut. Waoh ! C’était de toute beauté, royal !

Le lac Noir (Schwarzsee) est un lac naturel qui se situe dans les Préalpes fribourgeoises à 1046 m d’altitude. Il possède une très jolie promenade d’environ 4 km de long, partiellement éclairée le soir, qui en fait le tour. Sa profondeur maximale est de 10 m. Selon la lumière, sa couleur passe du bleu turquoise au noir. Entouré de prairies, de roseaux, d’arbres et de montagnes aux verts pâturages, il est magnifique et romantique à souhait !

En hiver, il est gelé, ce qui fait le bonheur des petits et des grands. En été, il dispose de plus de 200 km de chemins pédestres et d’environ 180 km de sentiers spécialement balisés pour les VTT. Dans les alpages occupés par les troupeaux de vaches et de génisses, il y a de nombreuses buvettes qui permettent de déguster les produits du terroir.

La Singine, une célèbre rivière qui forme la frontière du « Röstigraben », c’est-à-dire la séparation entre la Suisse romande et la Suisse allemande, prend sa source ici.

Le village de  Gruyère

Ensuite, en fin d’après-midi, nous avons pris le chemin du retour (par l’autoroute cette fois-ci) et nous avons été dans la petite, mais illustre ville de Gruyère. Pour éviter que Chantal et Fabienne suent en poussant ma chaise (eh oui, les parkings sont en bas et il y a une sacrée belle montée à faire…), nous nous sommes permises de pénétrer à l’intérieur de Gruyère en voiture. C’était gonflé, je l’avoue, mais comme c’était uniquement pour me déposer, on avait la conscience plus que tranquille et puis, comme dit le proverbe « Qui ne risque rien, n’a rien ! »

Ce jour-là, comme il y avait une fête à l’église et que beaucoup de gens arrivaient dans le village avec leur voiture, on a passé complètement inaperçue ! On a demandé à des gens qui habitaient là si on pouvait aussi parquer vers l’église et comme ils nous ont répondu « essayer, vous verrez bien», on ne s’est pas gênée, c’est exactement ce qu’on a fait !

Après, on s’est promenée un moment dans la rue principale pour faire des photos, puis on s’est s’installée sur une petite terrasse de restaurant afin de savourer le dessert typique de la région, des meringues à la double crème de gruyère avec des fruits frais (fraises, framboises et myrtilles). Miam… quel délice !

On n’est pas montée jusqu’au château, car comme on était fatiguée (c’était 19h30, on était réveillée depuis 7h du matin et en rôde depuis 9h30), que ça montait trop et que sur les pavés, j’étais secouée comme un prunier, on en n’avait plus ni l’envie ni le courage. De plus, comme j’y étais déjà allée lors d’un précédent voyage et que Chantal et Fabienne ne s’y intéressaient pas plus que ça, nous sommes rentrées à l’hôtel. Pour ne pas être incommodée par le brouhaha et le stress du soir d’avant, nous avons juste mangé une salade sur la terrasse et hop, au lit !

Ce bourg médiéval, perché sur les hauteurs d’une colline verdoyante à 830 m d’altitude et entièrement ceinturé de tours et de remparts, mérite qu’on s’y arrête ! Avec son magnifique château qui le domine (l’un des plus prestigieux de Suisse, il a été construit au XIIIe siècle), c’est le plongeon dans 800 ans d’histoire, d’architecture et de culture. Le château a été pendant longtemps la demeure des Comtes de Gruyères. En 1938, il a été racheté par l’état de Fribourg qui en a fait un musée.

Les rues, bordées de terrasses, de restaurants, de belles maisons aux fenêtres remplies de géraniums, de boutiques souvenirs et de magasins d’alimentation avec les produits typiques de la région, sont toutes pavées et pentues. Ce n’est pas très pratique pour nous qui sommes en chaise roulante, mais je dois dire que cela confère à l’endroit un cachet fou, un charme particulier et pittoresque !

Dans ce haut lieu historique et touristique qui attire chaque année des milliers de visiteurs, la circulation automobile est interdite. Ici, les piétons sont rois et c’est très bien !

Si Gruyères, l’une des localités les plus typiques de Suisse romande, est très connue de par son château, elle doit sa renommée aussi grâce au célèbre fromage du même nom !

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Gruyère (le fromage)

Ce fromage suisse à pâte dure tire son nom du district fribourgeois qui l’a vu naître, le district de la Gruyère. Souvent imité et commercialisé sous son terme générique, le gruyère est protégé depuis le 26 juillet 2001 par une appellation d’origine contrôlée (AOC) qui limite sa production aux cantons romands du Jura, de Neuchâtel, de Vaud et de Fribourg, ainsi qu’à quelques communes du canton de Berne. Contrairement à la légende, le gruyère ne présente pas de trou (c’est l’Emmental qui en a, le fromage suisse le plus exporté).

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Si ses origines ne sont pas clairement établies, les spécialistes estiment que les Romains consommaient déjà du fromage puisqu’en 161 après Jésus-Christ, l’empereur Antonin-le-Pieux aurait succombé suite à une indigestion de fromage fabriqué en Gruyère. En 1249, on a retrouvé des écrits qui relataient un actif commerce de ce « fromage gras » qui descendait des chalets d’alpage éloignés pour achalander les marchés des grandes villes jusqu’à Vevey et Genève et plus tard, jusqu’à Lyon, Paris et l’Italie. Au début du 17e siècle, lorsque le fromage de la Gruyère a conquis tous les pays voisins, l’état de Fribourg, méfiant a émis ses premières craintes. Précautionneux, il souhaitait en limiter la zone géographique de production. Pour ce faire, des démarches de protection de sa provenance ont été entreprises. En 1762, l’Académie française a ajouté le mot « gruyère » à son dictionnaire en spécifiant qu’il s’agit d’un fromage provenant de la région de Gruyère.

C’est un fromage au lait de vache entier à pâte pressée cuite, mais au lait cru. Sa meule a une forme ronde et présente une croûte grainée, uniformément brunâtre et saine. Ses dimensions doivent être de 9,5 à 12 cm pour sa hauteur, de 55 à 65 cm pour son diamètre et de 25 à 40 kg pour son poids. Il faut environ 400 litres de lait pour faire une meule de 35 kg. Le fromage est affiné pendant 5 à 12 mois (5 mois pour le gruyère doux, 8 mois pour le mi-salé, 10 mois pour le salé et 12 mois pour le vieux). Lors de cet affinage, les meules sont retournées et frottées à l’eau salée.

Dans la Maison du Gruyère, située à Pringy (un village proche de Bulle), l’on peut assister, selon les heures, aux secrets de la fabrication de ce savoureux et délicieux fromage. Celle-ci s’effectue dans des cuves en cuivre et les vaches qui donnent le lait sont nourries, été comme hiver, avec des fourrages naturels exempts d’ensilage. Pour leur traite, un soin tout particulier est apporté afin que leur lait conserve sa qualité irréprochable.

Le troisième et dernier jour

Chantal et Fabienne ont remis les bagages dans la voiture, j’ai payé l’hôtel et nous sommes parties à travers un vallon très joli dans lequel il y avait l’imposant monastère de l’ordre des Chartreux, la Valsainte (ce couvent qui a été fondé en 1294 et qui a subi passablement de remous est la dernière Chartreuse vivante de Suisse. On ne peut pas le visiter, car 24 moines vivent encore à l’intérieur, 12 Pères et 12 Frères. Il se trouve à 1025 m d’altitude). Comme la route et les paysages étaient superbes (des montagnes, des verts pâturages, des troupeaux de vaches et des belles fermes isolées…), nous avons continué jusqu’à ce qu’on ne puisse plus rouler avec la voiture. C’était très sympa ! Lorsqu’à des moments, la route goudronnée s’arrêtait et faisait place à un cul-de-sac dans un pâturage, un sentier pédestre ou un chemin en terre battue où seul un 4/4 pouvait circuler, hop, on faisait demi-tour et on en prenait une autre.

A force de virevolter et de s’amuser sur ces petites routes, on a atterri à un chalet d’alpage. Comme la vue était belle et que sur la carte, il y avait de la soupe de chalet, on s’est arrêtée pour en prendre. Ce fut une erreur, car elle avait un petit goût bizarre assez écœurant ! Comme elle était faite avec du lait de leurs vaches, qu’il était frais et non pas pasteurisé comme celui qu’on achète à la Migros, on pense que c’est l’arrière goût de ce lait dont nous, citadins, on n’a plus l’habitude !

Moléson-village

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Comme il faisait toujours grand beau et qu’on avait encore du temps devant nous, nous sommes parties au Moléson-village, une petite station ludique, nichée au pied du Moléson, la montagne emblématique de la Gruyère. Quelle horreur ! C’était le genre d’endroit qu’on détestait, surtout un dimanche ! En effet, c’était bourré de monde, il fallait faire 3 fois le tour du parking avant de trouver une place et il y avait des files d’attente partout ! S’il y avait une telle affluence en ce beau dimanche d’août, c’est parce qu’ici, il y a tout un circuit pour faire de la trottinherbe, du bob-luge d’été et du dévalkart. Il y a également un jardin botanique alpin et une fromagerie d’alpage du XVIIe siècle dans laquelle on peut voir la fabrication artisanale et traditionnelle du fromage au feu de bois. Pour les randonneurs, il y a de la marche à travers les pâturages, une montée en funiculaire jusqu’à un restaurant d’alpage, puis un téléphérique pour aller au sommet du Moléson à 2002 m d’altitude. Là, il y a un restaurant dortoir équipé d’un observatoire (de jour, les jumelles les plus puissantes du monde, offre un champ de vision à 360 degrés, du lac Léman au Jura et du Mont Blanc aux sommets de l’Oberland Bernois. De nuit, il est possible de bénéficier d’une initiation à l’astronomie et d’observer les astres par télescope).

Ce jour-là, le nec plus ultra, les gens pouvaient faire un petit tour en hélicoptère (il y en avait un qui tournait sans arrêt en faveur d’une association pour handicapés).

Comme il n’y avait pas grand chose à faire pour nous et qu’on n’aime pas la foule, avec la voiture, nous sommes montées tout en haut du village jusqu’à un cul de sac. Comme de là, on avait une belle vue plongeante sur tout ce qui se passait en bas, on a parqué la voiture dans un coin et on est allée s’asseoir sur le seul banc qu’il y avait. De voir tous ces gens, toutes ces petites fourmis qui s’animaient et qui bougeaient dans tous les sens, j’avoue qu’on a bien rigolé et qu’on s’est bien amusée !

L’hélicoptère, qui se trouvait droit en face de nous, n’arrêtait pas de faire des allers-retours de 5 minutes avec chaque fois à son bord 2 à 4 touristes. Un habitant du village, un papy de 60 à 70 ans, qui n’arrivait pas à faire sa sieste à cause du bruit du rotor de l’hélicoptère, nous a rejointes sur le banc. Très sympa, il nous a raconté plein d’anecdotes amusantes sur la région. Par exemple, le banc sur lequel Chantal, Fabienne et lui-même était assis, il a mis 10 ans pour l’obtenir, 10 ans de bataille juridique avec les autorités pour qu’elles acceptent de le poser ! En tout cas, ce banc était super bien placé et il nous a bien rendu service !

A 16 heures, ravies et comblées par ces 3 jours de soleil et de belles découvertes, nous avons pris le chemin du retour. Sur la route, on s’est encore vite arrêtée dans une fromagerie pour acheter des meringues, de la double crème et du gruyère… quand c’est délicieusement bon, il n’y a pas de raisons de s’en priver, vous ne trouvez pas !?!

La Gruyère, cet écrin de verdure au milieu des montagnes, ce paradis des balades et des excursions, ce petit bijou où il fait bon vivre et respirer est, je le dis haut et fort, une formidable région à découvrir et à visiter !!!

Ces 3 jours, qui n’ont été que plaisir, joie et allégresse… je les ai adorés ! Alors, pour terminer ce récit, je ne rajouterais que ceci : allez-y, vous allez vous régaler !!!

Voici 4 plats typiques, délicieux et incontournables de cette région :

La double crème de gruyère avec les meringues

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La double crème avec les meringues et les fruits

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Le fromage à pâte dure (le gruyère)

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La fondue au fromage moitié-moitié (moitié gruyère et moitié vacherin fribourgeois)

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Les macaronis du chalet (grosses cornettes cuites dans un chaudron sur le feu de bois avec des oignons. Est rajouté au dernier moment de la crème double et du gruyère râpé)

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Je vous souhaite un bon séjour en Gruyère si vous y allez et un bon appétit si vous goûtez ses spécialités !

 Décembre 2007                                  Marie-Claude Baillif

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