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2008 : La Camargue (1ère partie)

Cette belle région de France, située au bord de la Mer Méditerranée en plein cœur du delta du Rhône est une pure merveille ! J’adore y aller ! C’est très curieux d’ailleurs, car en principe, je ne retourne jamais ou quasi jamais deux fois au même endroit ! « Ah, bon et pourquoi cela ? » me demanderez-vous « Eh bien, tout simplement parce que je n’aime pas ça ! » En effet, quand je connais déjà, j’ai l’impression de ne plus rien avoir à découvrir, de faire toujours les mêmes choses, de voir toujours les mêmes paysages… et moi, ce n’est pas mon truc, au bout d’un moment, je m’ennuie ! De plus, je me dis que le monde est tellement vaste, qu’il y a tellement de belles contrées à parcourir et à visiter… que ce serait vraiment dommage, une grosse erreur de toujours retourner dans les mêmes !

La Camargue, je ne sais pas pourquoi, fait exception à ma règle ! C’est peut-être à cause de son côté brut, sauvage, de ses immenses étendues de terre, de marécages et d’eau, de ses magnifiques flamands roses, chevaux et taureaux que l’on croise à tout moment au bord des routes ou alors, c’est peut-être à cause de la mer… (pour respirer du iode, la Camargue est l’endroit le plus près de chez moi. Avec l’autoroute, on met entre 5 et 6 heures en comptant 2 arrêts pipis pour les chiens) ou alors, c’est peut-être tout simplement parce que c’est tranquille, loin du bruit des foules et de la cohue infernale des touristes, que c’est plat, donc très facile pour ma chaise roulante et que la luminosité n’est jamais pareille d’une saison à l’autre !

En tous les cas, quoiqu’en soit la ou les raisons, entre la Camargue et moi, c’est… à chaque fois… le coup de foudre, la passion, l’amour fou ! Je m’y suis totalement attachée, ma ferveur et mon engouement pour elle sont véritables, authentiques et absolus ! Eh oui, à l’heure actuelle, j’ai toujours ancré en moi cette irrésistible envie d’y retourner encore et encore, cet appel du large pour ces vastes espaces où règnent silence et beauté, cette excitation et cette joie intense de voir et revoir tous ces nobles chevaux blancs, taureaux noirs et flamands roses, cet faim et cette soif de respirer, humer et ressentir la mer… bref, la Camargue, moi, j’en suis fan, elle m’inspire et me fait rêver !!!

A mon actif, déjà 6 séjours !

La première fois que j’ai mis les pieds en Camargue (je devais avoir entre 24 et 25 ans), c’était avec Bernard, mon meilleur ami de l’époque (je l’ai connu lors de mon adolescence vers les 16 ans) et Maya (la jeune fille au pair suisse-allemande qui s’occupait de moi la semaine).

Je n’avais pas encore mon respirateur, mais j’étais déjà en chaise roulante. Pour dormir, on avait loué 2 chambres dans un mas aux abords de la ville des Saintes-Maries-de-la-Mer. Il y avait plein de chevaux pour faire du tourisme équestre. C’était superbe !

On est resté 4 jours. On a visité l’adorable petite ville des Saintes-Maries-de-la-Mer avec sa charmante église romane (haut-lieu de pèlerinage), les manades de chevaux et de taureaux (une manade est un troupeau), les étangs, les plages et les dunes de sable. J’étais séduite et conquise !

Un matin à 6h, on s’est inscrit pour faire un safari photo en jeep. C’était très beau, très intéressant, mais alors, hyper crevant ! Vous connaissez la pub : « Orangina, secouez-moi, secouez-moi… » ? Eh bien, c’est ce qu’on a vécu pendant 2 heures !!! C’était horrible et en plus, il faisait très froid ! On est rentré heureux, ça, c’est vrai, mais alors complètement courbaturés et frigorifiés !

La 2ème fois

C’était en juin 2003 avec Jessica et Sylvaine, 2 étudiantes qui se sont longtemps occupées de moi et avec qui j’ai beaucoup voyagé. Pour dormir, on a aussi pris un mas à l’entrée des Saintes-Maries-de-la-Mer.

On est restée 1 semaine. On a visité le magnifique Parc Ornithologique du Pont de Gau (ce parc, très instructif, situé à 4 Km des Saintes-Maries-de-la-Mer et fondé en 1949, permet de partager l’intimité de la faune sauvage dans un milieu naturel de 60 hectares. Il y a 7 Km de sentiers en terre battue qui serpentent à travers toutes les facettes de l’environnement camarguais comme les marais, les étangs, les roselières, les roubines (canaux creusés et aménagés par l’homme qui servent à l’écoulement des eaux) et les sansouires (zones sableuses ou argileuses qui bordent les lagunes à une altitude voisine de zéro et qui forment des étendues d’apparence inhospitalière. Elles sont inondées en hiver, desséchées, voir même avec des sols craquelés en été. L’ensemble de ces terres salées est couvert d’une végétation très particulière).

Grâce à toute cette diversité d’habitats, le parc possède une multitude d’espèces d’oiseaux, sédentaires ou migrateurs. A l’intérieur, tout a été aménagé et disposé pour faciliter la présence et l’observation de plusieurs centaines de flamants roses, hérons, cigognes, aigrettes, sarcelles, rapaces, passereaux et autres petits échassiers. Également centre de soin bénévole, le parc accueille et soigne tous les oiseaux blessés (aigles, grands ducs, milans, faucons… dont l’état ne permet pas un retour à la nature), la petite ville médiévale d’Aigues-Mortes (jolie, pavée, elle est entourée de toute part de remparts. Leur construction a débuté en 1272 et s’est achevée 30 ans plus tard. Miracle ! Grâce à un ascenseur spécial pour chaise roulante, j’ai pu monter en haut de ces derniers et profiter de la formidable vue sur la plaine, le canal et ses bateaux et sur l’incroyable et gigantesque mine de sel en face ! Enfin quand je parle de vue, comme j’étais assise, c’est bien sûr entre les interstices des remparts que j’arrivais à en obtenir un peu… C’est très dommage, car j’aurais bien voulu voir le panorama de la région en entier comme les valides et non pas haché menu comme moi, je l’avais !

Dans la Tour de Constance, qui doit sa tragique célébrité à la ténacité d’une vingtaine de femmes protestantes emprisonnées au XVIIIe siècle pour avoir exercé leur religion interdite, c’était très émouvant, car sur le rebord d’un puits, il y avait encore gravé dans la pierre le mot « Résister » ! L’auteur de ce message, Marie Durand, a été enfermée à l’âge de 18 ans et libérée 38 ans plus tard avec des prisonniers politiques. Cette tour mesure 33 mètres de hauteur et son diamètre est de 22 mètres. Elle a été érigée en 1242 par Saint Louis. Aigues-Mortes doit son nom aux marais qui l’entourent « les eaux mortes »).

Nous avons également visité le très beau port de pêche du Grau-du-Roi. Anciennement appelé « le Grau Henri » en l’honneur d’Henri IV qui y entreprit d’importants travaux d’aménagement, le village du Grau-du-Roi fut créé vers 1830. Au début, ce n’était que quelques cabanes de pêcheurs qui ornaient le rivage, puis au fil des années, il devint un pittoresque port de pêche. Le centre-ville est construit autour d’un canal qui relie les étangs et Aigues-Mortes à la mer. Jusqu’aux années 1920, son activité était entièrement tournée vers la pêche. Puis, grâce à ses plages de sable fin, il est devenu une station balnéaire.Aujourd’hui, doté du plus grand port de plaisance d’Europe, Port Camargue (5’000 places), le Grau-du-Roi avec ses 18 Km de plages est devenu un pôle touristique important et reste le second port de pêche français en Méditerranée. Il y a de gros chalutiers qui y naviguent.

Un jour, on a pris le bateau « les Quatre Maries I » pour découvrir la faune et la flore du Petit Rhône. En quittant le port des Saintes-Maries-de-la-Mer, cette grande vedette ultra rapide a navigué d’abord une dizaine de minutes en mer avant de rejoindre le célèbre fleuve. C’était super ! Le capitaine, au fil de l’eau, nous expliquait l’histoire des gitans, leurs traditions, leurs coutumes… la vie des oiseaux… les manades de taureaux et de chevaux… les différents terrains et paysages… c’était très intéressant ! Au retour, juste avant de retourner en mer pour rentrer au port, on a assisté (depuis le bateau) à un petit spectacle pour touristes. Sur un bout de terrain en terre battue, un troupeau de taureaux noirs comme l’ébène est arrivé au galop suivi par 2 gardians à cheval (gardien du troupeau). Pendant une dizaine de minutes, les 2 gardians nous ont montré leur dextérité à faire obéir les taureaux, ainsi que leur talent à tenir à cheval. C’était pittoresque et folklorique, enchantées, nous avons fait crépiter l’appareil photo ! La balade a duré 1h30, avec ma chaise roulante, il n’y a eu aucun souci !

Un soir, après avoir mangé en ville, on a voulu boire un verre au bord de la piscine de notre mas. On pensait trouver du monde, mais étrangement, il n’y avait personne ! Comme je ne comprenais pas pourquoi, je disais à Sylvaine et à Jessica : « Mais qu’est-ce qu’ils peuvent être bêtes les gens ! Il y a une piscine, une belle soirée étoilée et ils n’en profitent même pas ! » J’ai vite déchanté et j’ai vite compris pourquoi il n’y avait personne au bord de cette piscine d’enfer ! Envahie, vous savez ce que cela veut dire envahie de… moustiques !!! Ces sales bêtes nous attaquaient de partout ! Je n’avais jamais vu ça ! C’était démentiel et surtout impossible de rester ! On a tenu 5 minutes, pas plus ! Jessica a fait quelques brasses dans l’eau, puis on a couru nous réfugier dans notre chambre ! C’était horrible et quand j’y repense… brrr… ça me donne des frissons dans le dos !!!

La 3ème fois

C’était en octobre 2003 avec Chantal (ma chauffeuse, aide et amie), Danièle (une copine de Chantal) et Sultane (la nouvelle petite chienne labrador de Chantal qui avait 6 mois).

Mon garagiste, amoureux lui aussi de la Camargue, m’avait donné une adresse sympa, un mas avec chevaux et piscine à quelques kilomètres au nord des Saintes-Maries-de-la-Mer.

On est restée 1 semaine. Notre programme était de profiter au maximum du soleil et de la mer avant les longs mois d’hiver qui nous attendaient, de déguster un maximum de poissons, coquillages et crustacés et de se faire plaisir dans les boutiques et marchés artisanaux des Saintes-Maries-de-la-Mer… C’était super !

Un jour qu’il n’y avait pas de mistral, on a pris le magnifique bateau à roue « le Ticki III » pour voguer sur le Petit Rhône. Ce bateau original, tout rouge, permet de découvrir de l’embouchure du petit Rhône au bac du sauvage la faune (taureaux, chevaux, hérons, aigrettes) et la flore (marais, enganes, salicornes). Les salicornes sont des plantes des rivages et des lieux salés, les enganes sont des prairies de salicornes servant de nourriture aux chevaux et aux taureaux. A mi-parcours, nous avons assisté à peu de choses près au même spectacle que depuis le bateau « les Quatre Maries I ». En effet, on y a vu un troupeau de chevaux et de taureaux accompagnés d’un gardian. Dans la manade, il y avait 3 adorables petits poulains gris et 2 taurillons bruns. Ils étaient mignons comme tout ! Le gardian, cette fois-là, montait sans selle, on était très étonnée ! La croisière a duré 1h30 aussi.

L’embarquement se trouve à l’embouchure du petit Rhône sur la départementale 38 à 1,5 Km des Saintes-Maries-de-la-Mer. Ce bateau à roue fonctionne tous les jours et par tous les temps en eau toujours calme. Pour les chaises roulantes, pas de problèmes non plus, les gens nous aident volontiers à monter dessus !¨

Partir avec Sultane a été un vrai bonheur ! J’ai adoré ! La voir courir et folâtrer dans le sable, la regarder jouer avec les vagues et recracher l’eau salée qui la surprenait à chaque fois qu’elle en avalait, était formidable ! On a beaucoup ri !

En automne, comme les couchers de soleil sont remarquables, un jour, en fin d’après-midi, nous avons décidé de partir vers l’étang de Vaccarès. Pour y aller, nous avons pris la route de Cacharel. C’était splendide ! Tantôt on voyait des flamands roses fouillant la vase dans les étangs ou prendre leur envol, des chevaux et des taureaux broutant l’herbe dans les prairies, des touristes en balade à cheval tous à la queue leu leu au milieu des marais et tantôt des hérons picorant dans la terre… C’était tellement magique qu’on a oublié de regarder où en était notre jauge d’essence ! Une belle erreur, car lorsqu’on y a enfin pensé, la flèche avait déjà dépassé le rouge, elle était en plein dans la réserve ! C’était très ennuyeux, car là, au milieu des étangs, il n’y avait pas une âme qui vive et encore moins une station d’essence !!! On s’est arrêtée pour faire demi-tour, mais avant de repartir, Chantal est vite sortie de la voiture pour immortaliser sur l’appareil photo, le somptueux coucher de soleil qui tombait sur les étangs et les roseaux. A cause de la porte ouverte, une nuée de moustiques nous a envahies ! Il y en avait partout ! C’était terrible ! De retour en quatrième vitesse, Chantal et Danièle (qui se faisaient dévorer), les chassaient et les tuaient à coup de journal contre les vitres ! Dans cette voiture, c’était une vraie tuerie ! Pour finir, après les fous rires et le massacre, on est partie à la recherche d’une station d’essence. Je peux vous dire qu’on a eu très peur et qu’on était sûre de tomber en panne sèche… C’est lorsqu’on n’y croyait plus que soudain le miracle a eu lieu, il y avait une station d’essence ! Ouf ! L’étang de Vaccarès… on va s’en souvenir longtemps !

La 4ème fois

C’était en avril 2004 avec Chantal (ma chauffeuse, aide et amie. Eh oui, on adore voyager ensemble…), Hayet (la fille qui s’occupait de moi la semaine), Carine (une amie tétraplégique en chaise roulante) et Sultane (notre adorable chienne labrador).

Cette fois, pour ne pas toujours dépendre de la voiture, nous avons pris un hôtel à l’intérieur des Saintes-Maries-de-la-Mer. Cet hôtel, très pratique et très sympa, était super bien placé pour nous. En effet, situé à côté d’un terrain vague (l’idéal pour les besoins de notre chienne) et à 200 mètres de la mer, il bénéficiait d’une piscine à l’intérieur juste en face de nos chambres du rez-de-chaussée. Et puis, il y avait « Léon », notre brave copain, un magnifique labrador mâle. Sultane était ravie, elle avait un nouveau compagnon de jeux…

On est restée 1 semaine. C’était très chouette ! Nous avons beaucoup profité de la mer, du soleil et des terrasses de restaurants. Nous avons été au Grau-du-Roi (le port de pêche), pris un bateau touristique aux abords d’Aigues-Mortes (la cité médiévale) et visité Arles. Datant du Vème siècle avant Jésus-Christ, cette « Rome Gauloise », colonisée par Jules César en 46 avant Jésus-Christ, possède encore de nombreux et prestigieux vestiges de cette présence romaine. Il y a des arènes, des amphithéâtres et un théâtre antique

Les arènes, construites identiques au Colisée de Rome, parfaitement conservées, restent fidèles à leur vocation. Après les jeux de cirques romains et les combats des gladiateurs, ce sont les férias qui, aujourd’hui, font vibrer le public ! Ce « temple » du jeu peut accueillir jusqu’à 25’000 spectateurs. L’origine des gladiateurs était assez variée. A côté des criminels condamnés à mort ou aux travaux forcés, on trouvait des volontaires attirés par l’argent ou la gloire.

Arles inspira beaucoup le peintre Vincent van Gogh. Certains disent que c’était sa ville préférée !

Le bateau touristique sur le canal d’Aigues-Mortes était nul ! Sur le prospectus, c’était écrit qu’on verrait des flamands roses, des chevaux et des taureaux et qu’au retour, on s’arrêterait pour assister à une manade avec des gardians. Alors, oui, on a aperçu 2 ou 3 chevaux, mais ils étaient tellement loin qu’ils n’étaient que des points blancs sur les photos ! Pour les taureaux, c’était idem, il aurait fallu avoir des jumelles pour pouvoir les voir et les apprécier !!! Quant aux flamands roses, on n’en n’a pas vu un seul ! On était fâchée !

Comme si cela ne suffisait pas, au retour, on a appris que pour assister à la manade, il fallait sortir du bateau et ceci en plein milieu de la berge. Ça, on ne nous l’avait pas dit ! Comme il n’y avait évidemment aucun ponton, le capitaine et ses 3 matelots ont dû sortir une passerelle métallique du bateau pour la placer contre la berge et ainsi permettre aux gens valides de sortir plus facilement. Tout ça, c’était bien joli, mais Carine et moi, on était en chaise roulante et monter sur une passerelle avec une telle inclinaison et de plus, sans aucun revêtement antiglisse était dangereux, voir même périlleux ! Là, je peux vous garantir et vous certifier que même avec le bon vouloir et la force de Chantal et de Hayet, ça ne suffisait pas, eh non, pour nous pousser là-haut, surtout avec mon respirateur dessous la chaise, il nous fallait d’autres bras forts !

Les passagers du bateau ont tous passés les uns après les autres à côté de nous, mais, ô scandale, pas un, eh oui, pas un seul homme (et pourtant, il y en avait !) ne nous a demandé si on avait besoin d’aide !!! Il y avait même un sosie de Johnny Hallyday qui était là avec une blonde plantureuse et un petit Yorkshire… eh bien, lui non plus, tout musclé qu’il était, il ne nous a pas proposé son aide ! Eh non, ils sont tous partis comme s’ils n’avaient rien vu, la conscience bien tranquille à l’endroit prévu pour la manade ! En colère, nous vociférions à tout va. Au bout de quelques minutes, 3 matelots, pris à parti par Chantal, se sont enfin décidés à venir nous aider ! Ouf, car même à 5, pour hisser nos chaises en haut de cette passerelle de fortune… c’était galère !

Une fois sur la berge, une autre surprise nous attendait et de taille ! En effet, pour aller à la manade, nous avons dû parcourir plus de 500 mètres sur un chemin en terre battue rempli de trous et de nids de poule, un enfer pour nous autres en chaises roulantes, car on est tellement balloté dans tous les sens, tellement secoué que notre équilibre en devient précaire et instable ! De plus, comme nous devions nous dépêcher pour rattraper les autres et ne pas manquer le début de la représentation, nous sommes arrivées à l’endroit de la manade, courbaturées et déçues ! Eh oui, pour voir le spectacle, il fallait encore monter sur une espèce de talus surélevé qui donnait sur un vaste champ où là se trouvaient des taureaux et des gardians à cheval ! Le talus était, bien évidemment, totalement inaccessible pour Carine et moi et depuis là où l’on était, on ne voyait strictement rien, car on avait un mur d’êtres humains debout devant nous ! Contrariée, irritée et franchement totalement désappointée, j’ai demandé à Chantal et Hayet de nous faire une ouverture visuelle au milieu de tous les gens en les poussant les uns, un maximum à gauche, les autres, un maximum à droite. Au début du spectacle, ils ont obéi, on a pu voir pas mal de choses, mais plus les minutes passaient, plus ils bougeaient et plus notre champ de vision diminuait ! Chantal et Hayet n’arrêtaient pas de faire les gendarmes en leur rappelant continuellement que s’ils se remettaient devant nous, on ne verrait à nouveau plus rien, mais pour finir, comme cela devenait lassant et épuisant et pour elles et pour nous, que le cœur n’y était plus (le plaisir et l’enthousiasme avaient disparu, maintenant c’était la tristesse, l’amertume et l’exaspération qui étaient en nous), on s’est lancée sur le chemin du retour !

A 20 mètres du bateau, tout le monde nous avait rejointes et comme avant durant la sortie, personne ne nous a proposé de l’aide ! Ils ont tous passé à côté de nous sans dire un mot et pourtant, ils ont tous vu comme la passerelle était raide et difficile à descendre ! Même le capitaine et ses 3 matelots n’ont rien demandé !!! Quelle honte !!! Pour un bateau et une balade qui se disait totalement accessible pour les personnes en chaise roulante, quel mensonge, quelle tromperie, quelle belle arnaque ! En langage clair, moi, j’appelle ça du vol qualifié, de la supercherie et de l’abus de confiance sur personnes faibles et sans défense ! Vous pensez bien que si Carine et moi, on aurait su les détails de cette promenade, jamais on n’y serait allée ! On est handicapée, certes, mais pas encore folle ni idiote !!!

Pour finir, vous savez qui nous a aidées à descendre dans ce bateau d’ingrats et d’égoïstes ??? Eh bien, ce sont les 4 gardians à cheval qui étaient venus là pour les photos souvenirs !!! Lorsqu’ils ont vu que personne ne bougeait pour nous aider, ils sont tout de suite descendus de leurs chevaux pour nous secourir ! En voilà des hommes, des vrais… braves et dévoués ! Sans eux, honnêtement, je ne sais pas ce qu’on aurait fait, eh oui, heureusement qu’ils étaient là ! De retour au port, lorsque le vendeur de billets, responsable de l’excursion, est venu vers nous, tout sourire, pour nous demander si on était satisfaite et si tout s’était bien passé, on ne l’a pas injurié (on a été éduquée…), mais on lui a clairement fait comprendre que sa balade était nulle, inadaptée et mensongère ! Il n’était pas content, mais nous non plus !!!

Le dernier jour, nous avons fait nos boutiques préférées et le grand marché des Saintes-Maries-de-la-Mer. Comme nous dormions en ville, cette fois, les moustiques ne nous ont pas incommodées !

La 5ème fois

C’était en mai 2005 avec Chantal (on n’arrive plus à voyager l’une sans l’autre…), fabienne (la fille qui s’occupe de moi la semaine), Sultane (le labrador de Chantal) et Kalyne (la chienne de la maman à Chantal).

On est retournée dans le petit hôtel sympa à l’intérieur des Saintes-Maries-de-la-Mer, là où il y avait Léon (le beau labrador mâle, copain de Sultane) et où l’on se sentait si bien.

Cette fois, on n’est restée que 3 jours, car après, on est parti pour 1 semaine en Côte d’Azur (j’avais loué une villa pas chère à Saint-Aygulf, près de Fréjus). Ces 3 jours étaient magnifiques ! Soleil, mer, restaurants, boutiques et marché artisanal… on s’est régalée ! Dans ce voyage, c’était au tour de Kalyne de découvrir les joies du sable et de l’eau salée. En effet, c’était la première fois de sa vie qu’elle la voyait et qu’elle y goûtait ! De la voir batifoler et s’amuser comme une folle avec Sultane fut un pur plaisir…

Lorsque j’ai posé mes dates de vacances et réservé l’hôtel, je n’ai pas réalisé qu’elles tombaient en plein dans le pèlerinage gitan ! Leurs roulottes, mobil home, caravanes et camping car étaient partout… dans le terrain vague à côté de notre hôtel, le long des trottoirs, sur les parkings publics, le long de la mer… c’était très impressionnant ! De pouvoir vivre en direct et partager une partie de ce pèlerinage, connu dans toute l’Europe, me ravissait et m’enchantait ! J’étais toute fière !

Le mauvais point, c’était qu’un tiers des boutiques, la moitié des restaurants et tous les bars étaient fermés (eh oui, à force d’avoir eu des vols, des actes de vandalisme, des détériorations et des bagarres, plusieurs commerçants des Saintes-Maries-de-la-Mer, fatigués de toutes ces violences, ont préféré limiter leurs dégâts en fermant leurs commerces plutôt que de toujours payer les pots cassés) ! Les voitures de police tournaient sans arrêt, de jour comme de nuit ! Pour nous, petits Suisses tranquilles, c’était très insolite d’assister à tout ce remue-ménage, on n’a pas l’habitude !

Question : pourquoi pour contrecarrer et améliorer leur si mauvaise réputation (ils ne sont tout de même pas tous malintentionnés et pernicieux, il y en a beaucoup de bons, d’honnêtes et de corrects), les anciens ne créeraient-ils pas leur propre surveillance pour empêcher les vauriens et les fauteurs de trouble de commettre leurs actes délictueux ??? Les gens auraient moins peur d’eux et ils seraient certainement mieux accepté dans notre société !?!

En tout cas, pendant les 3 jours où l’on y était, certains d’entre eux ont saccagé l’école qui se trouve à deux pas de notre hôtel et ont volé tous les vélos des élèves ! A nous, ils ont arraché l’antenne de radio de la voiture (alors que sur cette dernière, il y a de tous les côtés des autos-collants de chaise roulante, ils n’ont pas pu ne pas les voir !) et à la propriétaire de l’hôtel aussi ! Pas très sympa ni très fair-play !

Comme on partait le samedi matin pour prendre possession de la villa en Côte d’Azur et que leur grande procession jusqu’à la mer se déroulait le mardi, on pensait revenir, mais après leur vol stupide de la nuit, on n’en n’avaitplus envie ! C’est bien dommage, car leur fête nous aurait bien intéressées…

En septembre 2006

Pour se ioder un maximum avant les longs mois d’hiver, Chantal (ma sœur de cœur), Fabienne (mon auxiliaire de vie la semaine) et moi-même avions projeté d’y emmener nos 3 chiennes, Sultane, Kalyne et Punckie (la petite dernière), mais suite à mon stupide accident du genou et à mon immobilité forcée, cela n’a malheureusement pas pu être possible. On a beaucoup regretté !

En 2007

A cause de la météo désastreuse du mois d’avril et mai, on n’a pas pu y aller et comme en septembre, Chantal a dû se faire opérer du genou, on a dû y renoncer une nouvelle fois !

En 2008

Ce sont les finances cette année qui n’ont pas suivi !!! Dommage, car un peu d’air marin dans nos poumons et nos alvéoles aurait à coup sûr été un très bon plan !!! En 2009, peut-être…


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Une réponse à 2008 : La Camargue (1ère partie)

  • giraudo sylvie dit :

    C’est vraiment trop bien écrit, un vrai talent de conteuse. Me tarde de découvrir tout le « carnet » de voyage. J’ai adoré la camargue en découverte express, quelques jours seulement. Le boeuf à la gardian, miam! Pourtant, je ne pense pas en remanger un jour étant trés attirée spirituellement par la nourriture vegan.. J’aime tellement les animaux!! Excellent pour la santé de sûrcroit!! Je m’interroge sur votre incroyable personne et pense souvent à vous. Quel moral! Mes amis myopathes ne le gardent pas toujours, pas autant. Je prie pour vous, je suis trés croyante. Mille bises. A bientôt.

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