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2009: Le Palais du Facteur Cheval à Hauterives

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Ce texte est la suite du texte Le Safari de Peaugres

Le jeudi matin 7 mai 2009, après le petit déjeuner, nous avons quitté l’hôtel Ibis de Saint-Rambert-D’albon (au nord de la Drôme à 15 km de Peaugres) pour nous rendre à Hauterives à 21 km de là, en Drôme également. Notre but de la journée était de visiter le Palais Idéal du Facteur Cheval.

La route était agréable, la région magnifique. Entre les paysages de prairies, de champs agricoles, de forêts et de petits villages sympas, on a beaucoup aimé ! De voir tous ces différents verts entremêlés de jaune, de rouge et de rose (c’était le printemps, l’éclosion des couleurs sur les arbres et dans les fleurs) faisait chaud au cœur, c’était un bonheur pour les yeux !

Arrivées à Hauterives, on a parqué la voiture, pris les chiennes avec nous et sommes allées directement au Palais Idéal du Facteur Cheval. Comme les chiens étaient autorisés à rentrer à l’intérieur du parc et qu’il y avait un gros chêne avec de l’ombre en-dessous, nous les avons attachées là. Pendant qu’elles se relaxaient dans l’herbe au frais, nous, nous avons visité le palais.

Ce monument, ce temple de l’insolite et de l’imaginaire, ce sanctuaire de l’irréel avec sa multitude de détails et sa richesse d’ornements était incroyable ! Fascinées et admiratives, les premiers mots que nous avons sorti de notre bouche, c’était « Waouh… comme c’est beau ! »

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Gigantesque, original, insensé et hallucinant, cet imposant édifice avec ses 23 m de longueur, ses 12 m de largeur par endroits et ses 6, 9 m voir même 11 m de hauteur par moments nous a totalement éblouies ! Impossible de ne pas aimer, impossible de rester indifférent devant une telle magnificence, difficile de croire que ce chef-d’œuvre était l’accomplissement d’un seul homme et de surcroît à main nue !!!

Mais qui donc était-il celui qui a réussi à réaliser une telle construction ???

Joseph Ferdinand Cheval, plus connu sous le nom de Ferdinand Cheval (plus tard le Facteur Cheval) est né à Charmes-sur-Herbasse dans le département de la Drôme en 1836. Fils de paysan, il fut tout d’abord ouvrier agricole. Puis, après avoir été apprenti boulanger à Lyon à l’âge de 13 ans, comme il savait lire et écrire, en 1867, il fut officiellement nommé facteur aux postes. Affecté à Hauterives en 1869, à une douzaine de km de son village natal, il avait en charge la tournée de Tersanne, une tournée pédestre quotidienne de 33 km. Au cours de ses tournées, il occupait ses heures de marche à rêver d’un palais féérique, d’un palais idéal. Ses rêves se sont concrétisés une dizaine d’années plus tard…

En effet, alors qu’un jour d’avril 1879, il marchait sur les chemins escarpés de sa tournée postale, son pied a buté contre une pierre et il a failli tomber. Attiré par la forme spéciale de la pierre, il la ramassa et l’enfila dans l’une de ses poches. Le lendemain, lorsqu’il se retrouva dans le même endroit, il constata que de nombreuses autres pierres aux formes encore plus étonnantes et encore plus extraordinaires que celle de la veille se trouvaient là. Émerveillé alors par l’étrange beauté de ces pierres et leur originalité, il se fit la réflexion suivante : « Puisque la nature pouvait faire de la sculpture, il pourrait très bien se faire lui-même architecte, maître d’œuvre et ouvrier dans la construction de son palais idéal ! » Il avait alors 43 ans…

Durant les 33 années qui suivirent, Ferdinand Cheval ne cessa de choisir des pierres durant ses tournées quotidiennes, les portant d’abord dans ses poches, puis se munissant d’un panier, voir même d’une brouette en certaines occasions (il amassait les pierres en petits tas de 40 kg le long des chemins, puis la nuit, il retournait les chercher rallongeant ainsi sa tournée de 8 à 20 km).

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De retour à son domicile, il passait alors de longues heures à la mise en œuvre de son rêve travaillant la plupart du temps de nuit à la lueur d’une lampe à pétrole. Assemblées avec de la chaux, du mortier et du ciment, les premières pierres collectées et travaillées sont devenues une fontaine, des sculptures d’animaux fantastiques et des plantes surprenantes. S’ensuivirent ensuite d’autres éléments architecturaux comme des grottes, des labyrinthes, des escaliers, des galeries, des niches, des statues, des tours et des mosaïques.

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Ce palais qui mélange plusieurs styles d’architecture (oriental, musulman, roman, baroque), qui puise ses inspirations dans la Bible, la mythologie indoue et égyptienne, qui se veut être le témoin des croyances universelles et qui nous emmène dans un monde d’amour, de respect et de tolérance était une véritable avancée, une révolution pour l’époque ! En effet, l’on peut y voir se côtoyer une crèche de coquillages, une grotte de la vierge, un temple hindou, une mosquée avec ses minarets et son croissant, la maison carrée d’Alger, un château du moyen-âge, un chalet suisse, ainsi qu’un tombeau égyptien destiné à recevoir les corps du facteur et de sa femme. Dans un souci d’unir toutes les cultures du monde, Ferdinand Cheval nota à l’entrée de la mosquée « Les fées de l’Orient viennent fraterniser avec l’Occident » !

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Pour faire de son œuvre, un témoignage pour les générations futures, ce novateur y grava aussi toutes sortes de messages sur ses pensées sur la vie et la mort prenant parfois le visiteur à parti. C’est ainsi qu’on peut y lire par exemple « Heureux l’homme libre, brave et travailleur », « Tout ce que tu vois, passant est l’œuvre d’un paysan…», « A cœur vaillant, rien d’impossible » ou encore « Plus opiniâtre que moi se mette à l’ouvrage », « En cherchant, j’ai trouvé, 40 ans, j’ai pioché pour faire jaillir de terre ce palais de fée. Pour mon idée, mon corps a tout bravé, le temps, la critique, les années », « Fils de paysan, je veux vivre et mourir pour prouver que dans ma catégorie, il y a aussi des hommes de génie et d’énergie. 29 ans, je suis resté facteur rural. Le travail fait ma gloire et l’honneur mon seul bonheur », « La vie est un océan plein de tempêtes entre l’enfant qui vient de naître et le vieillard qui va disparaitre », « Sur cette terre, comme l’ombre nous passons. Sortis de la poussière, nous y retournerons » !

Cet édifice hors du temps, hors des normes fut souvent construit durant la nuit pour éviter les railleries de ses voisins. Ceux-ci, rivés à la terre, avaient du mal à comprendre pourquoi cet ancien ouvrier agricole entassait des pierres dans son jardin alors qu’eux cherchaient plutôt à en débarrasser leurs champs !

Considéré comme un excentrique par les gens du coin, ce facteur rural, bâtisseur autodidacte et sculpteur visionnaire du futur, ne s’est jamais découragé, au contraire, il a toujours mis tout son cœur à réaliser son rêve.

Petit à petit, de bouche à oreille, ce fabuleux monument s’est fait connaitre et grâce à la curiosité de son voisinage, puis de la France entière, il a valu à ce petit facteur sans grande éducation, connaissance architecturale, notion de maçonnerie et sans avoir jamais voyagé (à part avec les cartes postales qu’il distribuait lors de ses tournées, elles sont apparues en France en 1872, c’est-à-dire 5 ans avant le début de sa construction) la fascination et la reconnaissance de nombreux artistes, de même que des milliers d’autres personnes qui ont découvert que l’art n’était pas forcément réservé à des peintres ou des écrivains, mais qu’il pouvait être l’affaire de tous, y compris des simples facteurs ! Les visites ont commencé dès 1909 avant l’achèvement du palais. On peut y voir les signatures de nombreux visiteurs étrangers qui venaient d’Asie, d’Europe, d’Amérique, d’Australie, d’Égypte, etc…

Au début des années 30, il a reçu le soutien moral de Pablo Picasso (qui l’a reconnu comme un chef-d’œuvre absolu de l’art naïf), d’André Breton (à travers lui, l’admiration des surréalistes), de Max Ernst (un peintre et sculpteur allemand) et de Jean Tinguely (un sculpteur suisse). André Malraux, alors ministre de la culture, le classa comme monument historique en 1969 et fit de ce délire d’un homme, une œuvre d’art !

Aujourd’hui, le Palais du Facteur Cheval est visité par des centaines de milliers de personnes en provenance de tous les pays. Sa construction a commencé en 1879 et s’est achevée en 1912. 600 m2 de pierres ont été acheminées, moulées et sculptées pour former ce sanctuaire avec plus de 3 500 sacs de chaux. Cela a représenté 93 000 heures de travail, 10 000 journées, 33 ans d’épreuves ! 33 années de sang, de sueur et de larmes fêtées et reconnues par le monde artistique et intellectuel… pas si mal pour quelqu’un que les habitants de la région se plaisaient à qualifier d’idiot du village !?!

En 1912, désespéré par l’interdiction de la loi française de pouvoir être enseveli dans l’enceinte même de son palais le jour de sa mort (il avait prévu un tombeau, mais comme la législation l’autorisait seulement si le corps était incinéré et qu’à l’époque, l’usage de la crémation n’était pas du tout entrée dans les mœurs françaises), Ferdinand Cheval accepta de se conformer aux contraintes légales et d’être enterré le moment venu dans le cimetière officiel de la commune, mais à la condition de pouvoir choisir lui-même la forme de son tombeau. En 1914, alors que l’Europe se préparait à une guerre meurtrière (la 1ère guerre mondiale), lui, à l’âge de 76 ans, après avoir acheté une concession au cimetière communal de Hauterives, consacra ses dernières forces à charrier des pierres pour les assembler et élever durant 8 ans ce qu’il allait appeler « le tombeau du silence et du repos sans fin » ! Celui-ci fut achevé en 1922.

Ferdinand Cheval mourut en 1924 à l’âge de 88 ans. Il y repose depuis lors attirant chaque année également des milliers de visiteurs qui viennent lui rendre hommage. Cet homme de génie a marqué son temps !

Le tombeau du silence et du repos sans fin a été inscrit sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques le 12 septembre 1975.

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Après avoir repris nos chiennes, fait un petit tour à travers la boutique souvenir, nous sommes reparties le long de la petite ruelle piétonne où se trouvait restaurants et bazars, nous avons bu un café et sommes allées au bord du plan d’eau de Roybon pour pique-niquer et permettre à nos 3 canidés de s’ébattre, de se baigner et d’avoir eux aussi du plaisir durant ces 2 jours d’évasion ! À Roybon, petit bourg d’environ 1 300 habitants en Isère, se trouve la réplique fidèle, en fonte, de la célèbre statue de la liberté de New-York. Haute de 3 m, avec son socle, elle pourrait rentrer toute entière dans la main de sa sœur ainée de New-York ! Offerte par son véritable créateur, le célèbre sculpteur alsacien Frédéric Auguste Bartholdi (il est l’auteur également du célèbre lion de Belfort, sculpté dans une falaise), elle a été érigée en 1906.

2 heures plus tard, rassasiées, réjouies et reposées, nous avons continué notre route jusqu’à Chatte, un village en Isère. Là, nous avons visité le jardin ferroviaire, un parc magnifique où se côtoie trains miniatures et végétation luxuriante ! Un petit paradis pour petits et grands !

Si vous voulez lire la suite de ce super voyage de 2 jours en France, veuillez cliquer ici sur :

Le jardin ferroviaire de Chatte !

Pour visiter le Palais Idéal du Facteur Cheval, il faut se renseigner sur les horaires, car ils varient selon les mois de 9h30 à 12h30 et de 13h30 à 16h30, 17h30, 18h30 ou 19h.

Il se trouve à Hauterives en France. Son téléphone est le 0033 475 68 81 19.

Octobre 2009           Marie-Claude Baillif

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