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2010: Bâle et sa région

Toujours avide de voyages et de découvertes, je suis partie 4 jours au mois de juillet dernier avec ma voiture et ma chaise roulante dans la ville de Bâle et sa région !

Pour m’accompagner et s’occuper de moi, il y avait mes 2 fidèles et super auxiliaires de vie Fabienne et Fatya. C’était génial ! Grâce à leur force, leur endurance et leur dévouement (elles ont toujours du plaisir à me faire plaisir), j’ai pu visiter 5 beaux sites et musées, un vrai bonheur !!! Il y a eu :

1. La ville de Bâle

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Bâle (Basel en allemand) est la 3ème plus grande ville de Suisse (la 1ère étant Zürich, la 2ème Genève) et le chef-lieu du canton de Bâle-Ville. Située dans le nord-ouest de la Suisse à environ 3 km de la frontière française et à environ 5 km de la frontière allemande, elle s’étend sur les 2 rives du Rhin. C’est à Bâle que se trouve le dernier port du Rhin accessible aux péniches.

Cette ville de culture, réputée dans toute l’Europe, possède sur une superficie de 37 km2 pas moins de 40 musées dont certains comme la Fondation Beyeler et le musée des Beaux-arts ont une renommée mondiale. Place économique forte, Bâle est la région la plus dynamique de Suisse et l’une des plus productives et innovatrices du monde. Ce succès, la ville le doit à l’implantation des 2 parmi les 5 plus grands groupes pharmaceutiques du monde (Novartis et Hoffmann la Roche), à la présence de nombreuses autres grandes entreprises chimiques et des sciences de la vie, à des startups et spinn-off, ainsi qu’à d’importantes sociétés de services financiers, commerciaux et logistiques. A Bâle se trouve aussi plusieurs hautes écoles, de même qu’une université de tradition.

Au cœur de l’Europe, tri-nationale et ouverte sur le monde grâce au triangle qu’elle forme avec la Suisse, la France et l’Allemagne, Bâle est une plaque tournante importante du trafic international. Avec son aéroport, son port fluvial, ses trains et ses routes, elle est reliée au monde entier. Bâle est le plus grand port de Suisse. C’est par lui que passe la moitié de toutes les marchandises étrangères qui arrivent dans le pays. Certains bateaux commencent ou terminent ici un périple de plus de 1000 km jusque dans les eaux froides de la Mer du Nord. Le Rhin traverse 6 pays avant de rejoindre les Pays-Bas.

À Bâle, on se déplace facilement et rapidement. Que ce soit à vélo, en tram, en train, en bac, en bateau ou en voiture, tout est fait pour rendre la vie des habitants et des touristes la plus agréable possible.

Avec son magnifique centre ancien, ses nombreuses rues piétonnes, ses superbes maisons médiévales avec leurs cours à l’abri des regards, ses beaux espaces verts, son vaste choix de restaurants et de bars, ses commerces en tout genre et ses jolis bords du Rhin où se côtoient promeneurs, joggers, cyclistes et nageurs (ils sont des centaines à se jeter dans l’eau et à se laisser transporter par les courants forts du fleuve. C’est très insolite…), Bâle est sans contexte une très jolie ville. On a beaucoup aimé !

Lorsqu’on est arrivées, nous avons d’abord visité le musée de la Maison de Poupées, puis sommes montées à la Cathédrale protestante Notre Dame de Bâle (Basler Münster en allemand). Cette église médiévale, reconnue comme l’emblème de la ville, a été construite entre les années 1’019 et 1’500. Commencée en style roman, elle fut partiellement détruite lors du terrible tremblement de terre qui dévasta Bâle en 1’356. En 2 jours, il y eut 12 secousses qui ont été ressenties parfois jusqu’à Paris même. Les morts se sont comptés par centaines, la ville fut tout simplement rayée de la carte. Ce fut le plus important séisme dans l’histoire de l’Europe centrale. Plus tard, lors de la reconstruction de Bâle, la cathédrale fut achevée dans un style gothique. Avec ses murs en grès rouge, ses tuiles colorées et ses 2 tours, elle marque la silhouette de la ville. La crypte, le cœur, la tombe d’Érasme de Rotterdam (un humaniste et théologien néerlandais, grande figure de la Renaissance), la porte de Saint-Gall et les 2 cloîtres… tous témoignent d’une histoire mouvementée à travers les siècles.

Une fois la visite terminée, nous sommes allées pique-niquer sur la Pfalz, la terrasse derrière la cathédrale. De là, la vue sur la ville, le Rhin et ses ponts est superbe ! On peut même y voir à certains moments des péniches marchandes naviguer. Une fois la pause pique-nique finie, nous sommes allées sur la Place du Marché pour voir l’Hôtel de ville (Rathaus en allemand), un magnifique bâtiment rouge avec à l’intérieur de la cour de très belles fresques et peintures. C’est le siège du gouvernement du canton de Bâle-Ville et de la ville de Bâle elle-même.

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La cathédrale de Bâle avec la vue sur le Rhin et la ville depuis la terrasse de la Pfalz !

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L’hôtel de ville (Rathaus) de Bâle avec ses magnifiques fresques et statues !

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Les bords du Rhin avec sa longue promenade, les bateaux qui y naviguent et qui le traversent !

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Magnifiques vues sur la cathédrale !

Après avoir musardé et fait du lèche-vitrines à travers la zone piétonne, entré dans les magasins et les boutiques (ici, c’est le paradis du shopping), les terrasses de café et évité les nombreux trams qui circulent, nous nous sommes baladées ensuite dans les 2 vieilles villes divisée par le Rhin : le Grossbasel (le Grand Bâle) d’un côté et le Kleinbasel (le Petit Bâle) de l’autre. Pittoresques et toutes aussi charmantes l’une que l’autre, nous avons eu beaucoup de plaisir à les visiter ! Selon certaines personnes la vieille ville de Bâle est l’une des mieux préservées et l’une des plus belles d’Europe, car avoir su marier aussi harmonieusement l’architecture du 15ème siècle avec des réalisations modernes est plutôt rare ! Je suis d’accord avec eux !

À 20h, lorsque les pieds de Fabienne et de Fatya furent fatigués (dans cette ville, il y a tellement de choses à voir et à faire qu’on se retrouve à marcher pendant des heures et des heures) et que moi-même, je n’en pouvais plus, nous avons repris ma voiture pour nous rendre à l’hôtel que j’avais réservé à 6 km de là en France. Pour moi qui suis en chaise roulante, je m’en sors beaucoup mieux financièrement en louant des chambres d’hôtels en France plutôt qu’en Suisse. En effet, en France, j’arrive à trouver des hôtels 2 étoiles accessibles, donc moins chers, en Suisse, je dois toujours prendre des hôtels 3 étoiles, donc plus chers. Une fois à l’hôtel, nous avons pris le repas du soir dans la chambre réservée pour Fatya et moi-même, puis nous sommes allées nous coucher heureuses d’avoir découvert une si jolie ville !

2. Le musée de la Maison de Poupées

Ce Puppenhausmuseum (en allemand) est le plus grand musée du genre en Europe. Il présente de façon ludique et intéressante sur 4 étages plus de 6’000 objets (ours en peluche anciens, poupées, maisons de poupées, manèges et miniatures fidèles aux originaux à l’échelle 1:12). Mis en scène avec fantaisie et humour au travers d’une centaine de vitrines spacieuses fabriquées en bois ou en verre tout exprès, ils sont un vrai régal pour les yeux, ils font ressurgir notre âme d’enfant ! Avec une superficie de 1’000m2, ce musée possède de très belles pièces remontant pour certaines jusqu’au début du 19ème siècle. Toutes reflètent leur époque respective. Dans le cadre d’un concept d’exposition unique en son genre, anciens et nouveaux objets, chacun d’eux se côtoient, se mélangent et racontent une histoire.

Avec plus de 2’500 nounours, ce musée original et insolite abrite la collection d’ours anciens la plus importante du monde. Les plus vieux d’entre eux peuvent s’enorgueillir d’avoir un âge certain puisqu’ils remontent à l’année 1904 ! De qualité encore exceptionnelle, ils viennent pour la plupart d’Allemagne, d’Angleterre, d’Amérique, de France et de Suisse.

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Dans la partie réservée aux poupées, certaines comme les sœurs catholiques toutes de noires vêtues, je n’en avais encore jamais vues ! Dans les maisons de poupées, de toutes les tailles et de toutes les époques, les détails, les objets, les accessoires, les décors, tout était minutieux, méticuleux, parfaitement conforme à la réalité. C’était beau, remarquable ! Idem pour les magasins et boutiques en tout genre et pour les manèges !

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Nous avons eu la chance de pouvoir voir également une exposition consacrée à l’art populaire des crèches napolitaines. Avec ses scènes méridionales caractéristiques, cette présentation nous a permis d’avoir en miniature une vision parfaite de la vie quotidienne des habitants de Naples au 18ème siècle.

Dans ce musée, les objets ne suivent aucun ordre chronologique déterminé par leur origine ou leur nature. Ils sont disposés pêle-mêle sans discipline aucune. Pour en savoir plus sur les objets présentés (leur année de création, leur origine), il est possible de regarder sur des écrans tactiles interactifs disposés à chaque entrée de salle ou alors de feuilleter un catalogue qui se trouve au même endroit. Dans ces 2 systèmes se trouvent notés tous les renseignements désirés.

Totalement accessible en chaise roulante (il y a un ascenseur qui permet d’accéder aux 4 étages), le Musée de Poupées se trouve à la Steinenvorstadt. Au rez-de-chaussée, il y a un restaurant et une boutique. Le bâtiment date de 1867. Il est très beau et la visite de ce musée nous a enchantées !!!

Le lendemain, nous avons été au célèbre Zoo de Bâle, ainsi qu’au musée Tinguely.

3. Le Zoo de Bâle

Situé en plein cœur de la ville, à quelques rues seulement de la gare, le Zoo de Bâle est une véritable oasis de verdure au milieu du béton. Eh oui, grâce à cette belle opportunité d’avoir à la fois un espace de détente et de découvertes avec des animaux provenant des 5 continents et de pouvoir oublier durant quelques heures l’agitation de la ville et le brouhaha des voitures, ce zoo est un vrai bonheur ! Baptisé « Zolli » par les Bâlois, avec ses 11 hectares de superficie, ses jolis chemins qui serpentent autour des enclos des animaux et les nombreux bancs (pour se reposer ou observer) qui se trouvent tout au long du parcours, il est vraiment très agréable à visiter !

Fondé en 1874, il est le plus vieux parc animalier de Suisse et l’un des plus anciens d’Europe. Créé à l’origine pour présenter des animaux indigènes, il changea de concept en cours de route et fit venir entre 1880 et 1900 plusieurs animaux exotiques tels que des chameaux, des lamas, des tapirs, un éléphant et un orang-outan.

S’agrandissant au fil des années et améliorant toujours plus le confort de ses pensionnaires, il abrite aujourd’hui environ 6’000 animaux provenant de 600 espèces différentes. Qu’ils viennent d’Europe, d’Afrique, d’Amérique ou d’Australie, ils font tous la fierté de ce jardin zoologique qui héberge également des animaux malheureusement en voie de disparition comme les gorilles, les ânes de Somalie, les ours à lunettes, les crocodiles du Nil et les rhinocéros unicornes d’Inde. Le Zoo de Bâle fait partie d’un programme de préservation des espèces menacées.

De nombreux animaux disposent d’un enclos intérieur et extérieur. Grâce à leurs bonnes conditions d’habitat, leur comportement est proche de celui qu’ils auraient dans leur milieu naturel. De ce fait, chaque année, de nombreuses couvées, nichées et portées ont lieu, ce qui vaut au Zoo de Bâle une reconnaissance internationale.

Entre les autruches, girafes et zèbres, les okapis, bongos et koudous, les lions, guépards, léopards des neiges et lycaons, les rhinocéros, hippopotames et éléphants, les kangourous, crocodiles, serpents et autres reptiles, les macaques de Buffon et les lémuriens, les bisons d’Europe, bœufs musqués, rennes, ours blancs et ours bruns, les loups, lynx, renards, chats sauvages et marmottes, les flamants roses, pélicans, cigognes et autres volatiles en tout genre, les chamois, moutons, ânes et lamas, les loutres, castors, otaries et pingouins… c’était génial de pouvoir observer toutes ces bêtes, de pouvoir partager un instant de leur vie !

 

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Dans le zoo de Bâle, il y a également un vivarium. Avec sa quarantaine d’amphibiens, parfois extrêmement rares, d’invertébrés, ses 300 espèces de poissons d’eau de mer et d’eau douce et autant de serpents et de reptiles, il peut s’enorgueillir de posséder une magnifique collection qui vaut le détour !

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Ce fut une belle journée, un beau moment, on a beaucoup apprécié ! La seule ombre au tableau, ce qui était vraiment dommage, c’est qu’on n’a pas pu voir l’espace des grands singes avec les orangs-outangs et les gorilles. En rénovation complète, sa réouverture est prévue pour avril 2011.

À l’intérieur du Zoo, il y a un restaurant, un self-service, une aire de pique-nique, une boutique de souvenirs et une place de jeux pour les enfants. Il est totalement accessible en chaise roulante.

Après cet instant privilégié avec nos amies les bêtes, ce havre de paix au milieu de la ville, nous sommes reparties à la découverte des autres trésors de Bâle et avons visité l’incroyable musée Tinguely.

4. Le musée Tinguely

Inauguré en octobre 1996 et construit par le célèbre architecte tessinois Mario Botta, ce musée situé dans le parc de la Solitude aux abords du Rhin présente sur 2 étages la vie et les œuvres originales et avant-gardistes de Jean Tinguely. Cet artiste suisse, sculpteur et plasticien sur fer, né le 22 mai 1925 à Fribourg et mort le 30 août 1991 à Berne (il avait alors 66 ans), fait partie de ces artistes un peu fous, extravagants qui savaient capter l’attention des passants, même les plus novices en matière d’art !

Mais au fait, l’art… c’est quoi ??? Eh bien, si c’est comme certains le disent quand quelqu’un ne peut rester indifférent devant tel ou tel objet, tel ou tel tableau ou telle ou telle sculpture, que cela soit beau ou pas, intéressant ou pas, utile ou pas, ce n’est pas le plus important, ce qui compte, l’essentiel, ce sont les interpellations, les questions que les gens se posent, les surprises et les étonnements, eh bien si l’art, c’est ça, je peux vous jurer que M. Tinguely était un roi en la matière !!!

Cet homme qui n’était ni mécanicien, ni technicien, ni ingénieur, était pourtant capable avec quelques bouts de ferrailles destinés à la casse de les transformer en des sculptures-machines mobiles incroyables où plusieurs des éléments vibraient, sonnaient, tournaient et roulaient, d’authentiques œuvres d’art complètement surréalistes et anticonformistes ! Aux yeux de certains spécialistes d’ailleurs ces machines étaient construites de manière tout-à-fait anarchique et déplorable. Pour Tinguely lui ce qui lui importait, c’était de provoquer, d’attirer l’attention de tout un chacun, d’établir une communication par l’emploi de mécanismes familiers qu’ils détournaient de leurs sens et de leur finalité quotidienne. Ce qu’il adorait, c’était de prendre des matériaux de récupération, de leur redonner une vie en utilisant des moteurs pour les animer. Ces machines construites consciemment imparfaites dénonçaient souvent le culte de l’objet neuf produit par notre société de consommation. En avance sur son temps en pratiquant le recyclage, ce génie à l’imagination débordante et stupéfiante fut d’abord récrié, incompris, puis reconnu, adulé et très apprécié par les amateurs d’art statique !

Dans l’exposition permanente du musée, on peut y voir des œuvres de ses débuts dans les années 50 avec des reliefs actionnés par des moteurs, des machines à dessiner, des assemblages de ferraille des années 60, des sculptures-machines mobiles peintes en noir, ainsi que des sculptures géantes et des cycles pan-démoniaques de sa dernière période de création. Elles représentent 35 années de travail. Sur les 70 exposées, beaucoup s’actionnent par nous-mêmes, les visiteurs, à l’aide d’une pompe bouton-poussoir posée parterre sur lesquels il faut appuyer avec le pied. C’est surréaliste, impressionnant, on se retrouve dans une autre dimension, dans un univers curieux et étrange, mais tout de même très intéressant, il faut y voir !

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Le musée offre en plus des œuvres de Tinguely des expositions temporaires sur les artistes compagnons et contemporains de ce dernier tels que Niki de Saint Phalle, Bernhard Luginbühl, Yves Klein, Marcel Duchamp et Kurt Schwitters.

Après la visite de cet univers étrange, le lendemain, nous sommes parties à la rencontre des Romains.

5. Le site romain de Augst Raurica à Augst

À 10 km à l’est de la ville de Bâle se trouve le village d’Augst. Célèbre pour les remarquables trésors retrouvés en son sol, il est le plus grand parc archéologique en plein air de Suisse. Avec ma chaise roulante, j’ai pu voir sans problème le théâtre romain (le plus grand situé au nord des alpes), le musée avec le plus grand trésor d’argenterie de la fin de l’Antiquité et la réplique d’une maison romaine de l’époque. Plus loin, nous avons été voir le parc des animaux domestiques romains, une erreur, car il était tout en pente et donc pas pratique.

C’est grâce aux fouilles archéologiques du 16ème siècle que la cité d’Augusta Raurica a pu être révélée au grand jour. Fondé entre 44 et 43 avant J.-C., c’était une importante colonie romaine et la plus ancienne ville (romaine également) établie sur le Rhin. C’est Jules César qui avait demandé à son Général Munatius Plancus de consolider la frontière nord de son empire. Après un développement urbain rapide et une activité commerciale florissante, la ville comptait pas moins de 20 000 personnes au début du 2ème siècle après J.-C.

À la fin du 2ème siècle par contre, suite à un terrible tremblement de terre qui détruisit une grande partie de la ville et aux attaques répétées des Alamans, les Romains  découragés et abattus finirent par s’en aller. La conséquence de leur départ fut que la très belle et grande cité antique s’endormit dans les collines bâloises durant près de 2000 ans. Aujourd’hui grâce aux fouilles, il y a déjà 20 monuments qui sont sortis de leur sommeil témoignant du passage des Romains dans cette région, de l’étendue et de l’importance que représentait la cité d’Augusta Raurica à l’époque. Les prospections et les excavations continuent, car les archéologues et les historiens sont persuadés que la région n’a pas encore révélé tous ses secrets.

À part la villa romaine et le musée romain qui sont payants, tous les autres édifices se visitent librement et gratuitement. Ils sont quelques fois éloignés les uns des autres. Il y a un théâtre, un amphithéâtre, un forum (qui constituait le centre religieux, marchand, administratif et politique de la ville), des restes d’habitations (insulae), des thermes, une basilique, un baptistère, une boulangerie avec des fours à pain, une cave, un système d’évacuation des eaux usées, un réseau d’eau potable, des restes d’aqueducs, de remparts, ainsi que différents temples.

Le théâtre

C’est la plus importante ruine romaine de Suisse et l’une des mieux conservées au nord des Alpes. Servant à l’époque de théâtre scénique et d’arène de combat, il pouvait accueillir jusqu’à 8000 spectateurs. Aujourd’hui, il revit grâce à des représentations et des concerts en plein air.

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La villa romaine

Fidèlement reconstruite selon les modèles antiques, cette villa de négoce et d’habitation permet de se faire une idée bien précise de ce qu’était le mode de vie des Romains dans la région. Son chantier débuta en 1955. Pionnière, elle fut la 1ère du genre en Europe. À l’intérieur, on peut y voir une zone d’habitation familiale avec plusieurs pièces, un espace commercial avec un atelier artisanal (forgerie et boulangerie), une boutique avec son comptoir. Toutes les salles donnent sur un joli jardin extérieur (un atrium) orné de plantes et de sculptures. L’intérieur des chambres est soigné avec des mosaïques au sol et des dessins au mur. Le confort existe déjà puisqu’il y a un système de chauffage au sol, des latrines et un sauna (balneum). C’est dans cette salle d’eau que les Romains faisaient leur toilette en passant d’un espace à l’autre, l’un étant chaud au début, l’autre froid à la fin.

Dans la chambre à coucher, il y avait un métier à tisser sur lesquels les femmes de la maison confectionnaient les habits pour les membres de la famille. C’était en général des tuniques amples aux formes simples. Dans la cuisine, à côté du foyer qui était utilisé pour cuire les aliments, il y avait les latrines. Étonnant ! La cuisine bien entendu était réservée aux femmes et aux servantes. Dans la pièce d’à côté, il y avait la salle de banquet qui était la pièce principale de la villa. C’est là que le maître de maison recevait ses invités, c’est là qu’ils buvaient et mangeaient couchés sur des banquettes moelleuses.

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Tous les objets exposés dans cette villa ont été soit retrouvé durant les fouilles archéologiques, soit reconstruit à l’identique. La villa a été repeinte et remeublée à neuf en 2001.

C’est la 1ère fois que j’ai eu l’opportunité de visiter une telle maison, c’est vraiment très intéressant ! J’ai beaucoup aimé !

Le musée romain

Dans ce musée, on peut voir une magnifique collection de plus d’un million d’objets, de statues et de bijoux provenant de l’ancien site d’Augusta Raurica. Le clou de ces vestiges, c’est sans conteste l’incroyable trésor d’argenterie. Déterré en 1962, il reposait bien au chaud et bien tranquille au pied des anciennes murailles encore visibles en certains endroits.

D’une valeur inestimable, il est composé de 270 pièces dont un service de table luxueux avec des candélabres, des cuillères, des gobelets, des écuelles et des plats décorés de scènes mythologiques, mais aussi de lingots d’argent marqués d’un sceau datant de l’an 350 après J.-C et plusieurs pièces de monnaie. Ce trésor devait certainement appartenir à des officiers romains. Ceux-ci avaient l’habitude de conserver pendant des années les objets précieux qu’ils avaient reçus en héritage ou qui avaient été offerts par l’empereur en guise de récompense ou de remerciement. C’est certainement à cause des assauts répétés des Alamans que ces officiers romains durent un jour enterrer en toute hâte leur trésor à côté des fondements du mur du castrum. Morts certainement ensuite au combat, ils ne purent donc jamais le récupérer… ce qui explique pourquoi il a dormi là pendant près de 1’650 ans !

Entre les différents objets et les nombreuses pièces de monnaie, le total de ce fabuleux trésor d’argenterie représente environ 60 kg d’argent pur. Au-delà de sa valeur matérielle, il est un remarquable témoin de la culture et de l’artisanat chez les Romains !

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Le parc aux animaux domestiques

Situé beaucoup plus loin (nous avons dû reprendre la voiture pour y aller), ce petit parc animalier, aménagé en 1992, présente sur la base d’ossements d’animaux découverts à Augusta Raurica, les espèces élevées dans les basses-cours romaines de l’époque comme les chèvres Nera Verzasca, les vaches naines, les moutons des hauts plateaux grisons, les poules italiennes, les pintades, les paons, les oies, les ânes, un bélier de Tavetsch et un troupeau de sangliers à poils laineux de Hongrie.

Pentu et malheureusement pas pratique du tout pour ma chaise roulante, nous n’en avons visité qu’une infime partie. Dommage !

Comme certaines de ces espèces animales sont aujourd’hui menacées d’extinction, elles sont élevées avec la collaboration de la fondation « Pro specie rarae » dans le but de les préserver d’une disparition définitive.

Comme aucune autre nouvelle ville n’a été construite dans cette région durant le moyen-âge ou l’époque moderne, l’ancienne cité d’Augusta Raurica est restée exceptionnellement bien conservée pour nous livrer tous ses secrets. À voir absolument !

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Voilà, après avoir visité tous ces beaux musées, appris plein de nouvelles choses, plein de nouveaux renseignements intéressants, nous sommes rentrées à Nyon ravies et heureuses d’avoir pu passer 4 jours à Bâle et sa région !

Cette ville mérite une escapade. Il y a tellement de choses à faire et à voir qu’on ne voit pas le temps passer et qu’on a qu’une seule envie… y retourner !!!

Pour voir mon diaporama de Bâle, veuillez cliquer ici : « Bâle et sa région ! »

 

Octobre 2010                            Marie-Claude Baillif

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