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2010: La Cité du Train à Mulhouse

 

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Situé dans la ville de Mulhouse en France, ce musée original raconte dans un immense espace animé les grands moments de l’histoire du chemin de fer de 1844 à 1960 au travers de très belles et authentiques locomotives et wagons, de plusieurs maquettes et modèles réduits, de divers montages audiovisuels et de scènes sons et lumières. C’est très intéressant, instructif, les salles sont énormes, la collection gigantesque, ça fourmille de renseignements et d’anecdotes insolites !

Entre les premières locomotives, les premiers trains à charbon, à vapeur, puis les premières alternatives avec les automotrices électriques, les autorails à essence, l’autorail Bugatti (eh oui, même lui a fabriqué des trains ! Son autorail équipé de 4 moteurs de Bugatti royale a détenu en 1937 le record du monde de vitesse avec 196 km/h sur la ligne Paris-Strasbourg) et enfin les fameux TGV avec leurs hautes technologies modernes, c’est tout notre passé, toute notre histoire avec le chemin de fer qui défile sous nos yeux ! C’est extraordinaire, passionnant, c’est toute la mémoire de nos ancêtres qui ressurgit, qui reste vivante et pour moi qui ai déjà 52 ans… que de bons souvenirs de pouvoir revoir les trains de mon enfance… Oui, c’est vraiment super !

Si ce musée, qui est le plus grand musée européen du chemin de fer, a pu voir le jour, c’est grâce à la passion de 2 hommes, le Mulhousien Jean-Mathis Horrenberger et le Parisien Michel Doer. En effet, dans les années 60, ces 2 amoureux du rail qui désiraient implanter à Mulhouse (un véritable carrefour international entre la France, la Suisse et l’Allemagne) un musée du chemin de fer ont réussi après bien des vicissitudes à convaincre qui de droit et obtenir les autorisations nécessaires pour créer leur musée. Suite au feu vert du Ministre des Transports le 6 juin 1969, la SNCF, qui faisait partie du projet, put alors déposer son matériel historique dans un dépôt désaffecté de Mulhouse nord.

Lorsque la Cité du Train a ouvert ses portes en juin 1976, le succès fut immédiat. Il y avait jusqu’à 200 000 visiteurs par an. Aujourd’hui, après avoir été rénové de fond en comble, ce musée peut se targuer d’être le plus beau musée du train en Europe. Sa surface d’exposition est de 15 000 m2. Grâce à son concept original de « visite plaisir », sa découverte est vivante, attrayante, ludique et très sympa ! Il appartient à la ville de Mulhouse et à la SNCF.

Dans le 1er hall, les thèmes sont « le chemin de fer des vacances », « le chemin de fer et la montagne », « les trains officiels », « le chemin de fer et la guerre », « les cheminots » et « le voyage ». Entièrement scénarisé, il est rempli d’effets spéciaux et possède à plusieurs endroits des écrans télés que l’on peut allumer à l’aide de boutons poussoirs et qui diffusent des petits films vidéo explicatifs sur les thèmes présentés.

Lorsque nous avons suivi le parcours fléché dans ce 1er hall, nous avons pu voir avec plaisir des authentiques et très belles locomotives, des trains des vacances (il y avait la célèbre Micheline qui roulait non pas sur des rails, mais sur des pneus pour supprimer le bruit du martèlement des roues d’acier sur le joint des rails), des trains officiels et emblématiques du 19ème et 20ème siècle (avec la voiture-salon de l’Impératrice Eugénie, les voitures présidentielles qui de 1925 à 1971 ont transporté les Chefs d’État comme le Général de Gaulle, Eisenhower, Churchill, Tito, etc… et qui possèdent un salon, un bureau, une chambre présidentielle, 2 cabines et un office), des trains de montagne (avec démonstration de leurs difficultés de passage lors de fortes chutes de neige, un wagon qui a transporté durant des années des skieurs et des alpinistes de tout bord à la conquête des sommets), des trains durant la guerre (avec un exemple de sabotage, le transport de troupes, des canons sur train et un wagon qui a aidé à la déportation des Juifs), des trains de voyage (avec d’une part une voiture-salon et une voiture-lit du célèbre Simplon-Orient-Express.

À l’intérieur de la voiture-salon, il y a une scène sonorisée avec les écrivains Colette et Agatha Christie, les détectives Sherlock Holmes et le Dr. Watson, de l’autre une voiture 2ème classe d’un petit tortillard de campagne avec un couple d’agriculteurs qui se rend au marché avec des poules et des légumes, un soldat en permission et enfin un train de banlieue dans lequel on peut rentrer dedans pour le visiter). La vie des cheminots (ces seigneurs du rail, ces véritables passionnés qui connaissaient leur machine mieux que personne, ils passaient énormément de temps avec…) était bien représentée aussi avec des scènes sons et lumières typiques de ce que devait être leur travail à l’époque.

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Dans le 2ème hall, immense, qui retrace la grande aventure ferroviaire se trouve une très belle collection de locomotives et de wagons de tous âges, de toutes les époques et de tous les genres. C’est magnifique, impressionnant, émouvant même de voir toutes ces belles machines, tous ces fabuleux véhicules de notre passé, tous ces fantastiques transports ferroviaires qui ont marqué leur temps, qui ont fait les beaux jours des voyageurs ! Qu’ils soient à vapeur, à essence, électriques, de prestige ou à grande vitesse, ils sont tous parfaitement restaurés et superbement mis en scène. Ils sont répartis sur 12 voies parallèles. Pour certains, il est possible d’observer leur intérieur en montant sur des estrades. Une galerie au 1er étage permet d’avoir une vue d’ensemble du hall. Pour nous, handicapés, il y a un ascenseur.

Dans ce hall, on peut visiter également 2 autres salles. Dans la 1ère est exposé un grand circuit de trains miniatures, de même qu’une multitude de locomotives, wagons et maquettes miniatures. Dans la 2ème se trouve une multitude d’objets, d’affiches, d’outils et d’appareils de toutes sortes liés à l’histoire du chemin de fer.

Dans ce 2ème hall, rien n’est scénarisé. Pour identifier et tout savoir sur les locomotives et les wagons présentés, nous avons des audio-guides multilingues qui nous ont été distribué gratuitement à l’entrée. Grâce à eux, on peut dans la langue de son choix écouter si on le désire les commentaires détaillés sur leur histoire et données techniques. C’est très intéressant ! Ignares en arrivant, on ressort de ce musée éclairés et informés, on réalise combien furent difficiles et compliquées les différentes étapes de l’épopée ferroviaire !

Parmi justement les grandes étapes qui ont marqués notre histoire, les grandes phases qui ont montrés que l’Homme était capable de tout, de toutes les innovations, de toutes les créations, il y a eu :

1) L’invention du chemin de fer dans les années 1550 à 1830

Tout a commencé aux alentours de 1550 dans les mines de charbon. Les mineurs de l’époque pour transporter leurs précieux matériaux avaient inventé un système de rails en bois sur lesquels circulaient des wagonnets tirés ou poussés par des chevaux ou des hommes.

Par la suite, en 1768, une compagnie anglaise eut l’idée de remplacer les rails en bois par des rails en fonte moulée afin de limiter l’usure des voies et de transporter de plus lourdes charges. Les rails en fer, puis en acier sont alors apparus. En 1771, le français Cugnot inventa le Fardier, un des premiers véhicules à vapeur à rotation, mais la 1ère vraie circulation sur rails d’une locomotive à vapeur, c’est l’anglais Richard Trevithick qui la réalisa. Ce fut près de Merthyr Tydfil au pays de Galles le 21 février 1804.

C’est donc grâce à la rencontre des rails et des locomotives à vapeur que la naissance à proprement dite du chemin de fer a pu avoir lieu. Ce rouage important de l’industrialisation qui permettait le déplacement rapide des marchandises et des hommes était à ses débuts en très forte concurrence avec le transport fluvial, mais pour finir avec toutes les nouvelles machines à vapeur qui se créaient, les améliorations évidentes des voies et les nombreuses possibilités de construire des lignes là où les canaux devenaient impraticables, le chemin de fer s’est imposé rapidement.

2) La fièvre du chemin de fer dans les années 1830 à 1914

Pour permettre au chemin de fer de s’implanter partout en Europe, les travaux de construction et d’assainissement furent gigantesques, la tâche de grande envergure. Pour pouvoir franchir les fleuves et traverser les montagnes, de nombreux ouvrages d’art tels que des ponts, des tunnels et des viaducs furent créés. Leurs auteurs qui s’appelaient Stephenson, Brunel et Eiffel (entre autre…) devinrent des maîtres en la matière. En Angleterre, par exemple, il y eut plus de 50 000 terrassiers qui furent employé durant 40 ans !

Avec toutes ces nouvelles structures, toutes ces constructions monumentales, les chantiers se multipliaient, les activités devenaient florissantes, une nouvelle société, une nouvelle civilisation dite ferroviaire était en train de naître. Comme les déplacements des hommes et des marchandises se faisaient beaucoup plus rapidement, beaucoup plus facilement, l’esthétique des villes se transforma, tout se centrait à côté des gares, de nouvelles entreprises, de nouvelles industries se créaient.

À partir des années 1890, à force d’avoir essayé et essayé encore (les tentatives furent très nombreuses…), les ingénieurs réussirent à mettre au point les premières locomotives électriques. Elles prenaient le courant à partir d’une caténaire ou d’un 3ème rail parallèle à la voie. Leurs avantages étaient qu’elles étaient plus rapides, plus silencieuses et surtout plus faciles à conduire. Des grandes villes comme Londres et New-York se pourvurent alors d’un système de chemin de fer souterrain, le métro. Quand la traction électrique devint plus pratique, la plupart des chemins de fer urbains furent électrifiés et prirent le nom de tramways. Que ce soit en tensions, en fréquences, en type de moteur, en système de variation de vitesse, en système de transmission de la puissance aux roues, en système de captage de courant… étant donné qu’aucun système n’était parfait, il y eurent de nombreuses solutions qui furent employées pour être testées.

De 1848 à 1914, ce furent donc des années d’effervescence, de grand chambardement, le chemin de fer était à son zénith. Après la 1ère guerre mondiale, ce moyen de transport très pratique continua à se développer avec notamment des lignes secondaires à voie étroite, mais sur les courtes distances, il commençait à être fortement concurrencé par les automobiles et les camions qui avaient fait leur apparition.

3) La crise du rail de 1920 à 1960

Suite aux nouveaux moyens de transport qui se développaient de plus en plus comme justement la voiture et le camion, le nombre de passagers prenant le train commençait a diminué fortement. Aux États-Unis par exemple, dans les années 20, le nombre de billets de chemin de fer vendus a chuté de 43%. Après la 2ème guerre mondiale, ce fut l’avion qui sur les longues distances devint le principal concurrent du train. À cette époque, les lignes secondaires des chemins de fer se sont mises à disparaître de plus en plus. Dans les années 60, le nombre de voyageurs circulant aux États-Unis tomba à 500 par jour, alors qu’il était de 15 000 dans les années 30. Les prévisions des plus pessimistes annonçait la disparition du chemin de fer. En France, la crise était moins vive, mais le nombre de passagers diminua tout de même de 50% dans les années 50 en comparaison aux années 30 ! La crise était là…

4) Le renouveau du rail de 1960 à 2005

Avec la création des trains à grande vitesse (le 1er mis en service fut le Shinkansen au Japon en 1964), le rail reprit de l’essor. Devenu aussi rapide que l’avion, de plus se rendant directement d’un centre ville à un autre, le train redevenait attrayant. Avec l’arrivée du TGV et de ses options techniques hyper performantes, sa stabilité exceptionnelle et sa grande vitesse, le succès auprès du public fut immédiat et considérable. Grâce à ses nombreux avantages et l’intérêt qu’il suscitait auprès des passagers, il fut très demandé et on le construisit dans toute l’Europe !

Ensuite, ce fut grâce à la crise pétrolière de 1973 que le chemin de fer connu un renouveau fulgurant. De nouvelles lignes intercités parcourues par des trains à grande vitesse furent créées, les voyageurs se retrouvaient transportés en toute quiétude et en tout confort directement à l’intérieur des grandes métropoles. Cela représentait des sacrés gains de temps, des supers belles économies d’argent pour tous ceux qui désiraient voyager soit en tant que touriste, soit en tant que cadre, VIP, représentant ou ministre devant pour leur travail se rendre d’un endroit à un autre !

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À l’intérieur du musée, il y a un restaurant, un bar et un self-service. Comme tout est de plain-pied, le musée est entièrement accessible en chaise roulante. C’est super !

Voilà, maintenant si les trains vous intéressent, si vous avez envie de mieux connaître l’histoire du chemin de fer et vous remémorez les trains du passé, découvrir les TGV du futur (il y a aussi tout un espace consacré à ces transports avant-gardistes), alors n’hésitez pas, allez à Mulhouse et visitez le Musée de la Cité du Train, je vous jure que vous allez adorer !

 

Décembre 2010                            Marie-Claude Baillif

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