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2010: Les télécabines en chaise roulante

Avec ma myopathie, ce qui m’a sauvé je pense et beaucoup aidée, c’est que je n’ai jamais eu peur de sortir de chez moi, jamais été effrayée qu’il m’arrive quelque chose et que ça se passe mal, jamais eu des craintes de faire des choses, d’avoir des activités comme aller au cinéma, aux spectacles, aux magasins, en voiture, en avion, en bateau, en télécabine, partir en vacances à l’hôtel, en auberge de jeunesse ou chez l’habitant, je n’ai jamais été inquiète ou anxieuse de m’éloigner de la maison, de ma maman (à l’époque) ou de mon médecin ! Pourquoi cette chance, pourquoi cet avantage indéniable, ce privilège, cette maîtrise de soi ? Eh bien, tout simplement parce que je n’ai jamais voulu me mettre des barrières, jamais eu envie que le doute, les frayeurs prennent le dessus sur moi, jamais désiré avoir une vie insipide, monotone et sans piment, toute la journée à la maison et devant la télé !

Pour moi, être handicapé, ça ne signifie pas… ne rien faire !!! Pourquoi se mettre encore des obstacles, des barrages… on en a déjà bien assez comme ça, non ?!? Pourquoi se limiter à manger, boire et regarder la vie des autres à travers des films, des jeux et des séries télévisées, alors qu’on a sa propre vie à gérer et à remplir, du bon temps à prendre et à donner, une foule de choses à faire et à vivre ?!? Comme je dis toujours la Vie est un cadeau, il faut l’accepter, l’aimer et en faire bon usage ! L’important, ce ne sont pas les cartes que le destin a bien voulu nous donner, non, l’important, l’essentiel, c’est ce qu’on en fait, comment on régit son jeu !

Quand on a compris qu’être riche, célèbre et bien portant n’amène pas le bonheur dans la vie (y a qu’à regarder toutes les vedettes, les stars et tous les gens fortunés qui s’adonnent à l’alcool, la drogue ou qui se suicident pour oublier leur mal-être…), eh bien, le jour où l’on a réalisé cela, où l’on a saisi que la joie et le bonheur ne viennent jamais de l’extérieur (ce ne sont que des artifices, des façades, des miroirs aux alouettes…), mais qu’il se trouve à l’intérieur de nous, que c’est notre état d’esprit, notre capacité et notre jugement à voir le verre à moitié vide ou à moitié plein, notre positivisme ou notre négativisme qui fait qu’on se sent bien ou pas dans nos têtes et nos corps, eh bien, lorsqu’on a admis cet état de fait, on est sur le bon chemin, la bonne voie qui va nous permettre de nous créer une vie sereine, posée, joyeuse, de beaux moments heureux et zen et ceci malgré que l’on soit grand ou petit, gros ou mince, riche ou pauvre, handicapé ou valide, Blanc ou Noir !!!

Lorsqu’on a peur de rien comme moi ou disons lorsqu’on se refuse d’avoir peur et de penser au pire, lorsqu’on met toutes les chances de son côté, qu’on calcule et que l’on choisit les meilleurs opportunités, eh bien, tout nous est ouvert, tout nous est permis, on peut tout faire (ou presque) dans la mesure où l’on reste réaliste bien sûr, où nos rêves et nos envies sont concevables bien entendu !

Comme j’aime beaucoup aller à la montagne et qu’avec mon respirateur, je peux encore monter sans problèmes en altitude (jusqu’à 2300 m, plus haut je pourrais avoir des difficultés respiratoires…), j’adore me faire plaisir, j’adore prendre les télécabines et les téléphériques ! Le fait de me retrouver aux sommets des montagnes, de pouvoir respirer l’air pur, écouter le silence et admirer les magnifiques vues, de pouvoir aussi sentir le soleil d’altitude me chauffer, me ressourcer, me régénérer, je vous jure que dans mon état de totale dépendance à autrui et mon insuffisance respiratoire grave, c’est jouissif, jubilatoire, une sensation extraordinaire !!!

Comme je n’ai pas le vertige, ni aucune sensation du vide, prendre des télécabines et des téléphériques ne me pose aucun souci. Comme je n’ai pas peur non plus de l’accident ou de l’incident (quand des mauvaises pensées m’assaillent, je les élimine tout aussitôt…) lorsque j’y suis, lorsque j’ai réussi à monter dans une, pour moi myopathe branchée à un respirateur 24h sur 24, c’est à chaque fois un sacré beau défi de gagné, une belle prouesse de réussie ! Je suis aux anges, fière et excitée, ma joie et ma satisfaction sont extrêmes ! C’est génial !

Parmi toutes les télécabines et téléphériques que j’ai pris, dans lesquels j’ai été enchantée, car ils (ou elles) étaient faciles d’accès avec en plus des vitres panoramiques (pour nous qui sommes assis, c’est capital pour pouvoir regarder à l’extérieur), il y a eu :

En Suisse allemande

Le Téléphérique du Pilatus dans le canton de Lucerne

Pour monter au sommet de cette montagne mythique près de Lucerne, nous avons d’abord pris le chemin de fer à crémaillère le plus raide du monde. Il part d’Alpnach, une petite ville au bord du Lac des 4 Cantons. Créé en 1889, ce petit train pittoresque composé de 10 wagons de 40 personnes chacun, circule par moment à travers des pentes abruptes à 48%. C’est impressionnant ! Électrifié en 1937, il arrive au sommet du Pilatus Kulm à 2’132 m d’altitude en seulement 30 mn. De là-haut, la vue sur la région du Lac des 4 Cantons est grandiose !

Pour redescendre, nous avons pris l’autre moyen de locomotion, le téléphérique à 40 places. À la station intermédiaire de Fräkmüntegg (qu’on atteint en 5 mn), on a dû changer et prendre ensuite des télécabines à 4 personnes. Là, comme elles étaient toutes petites, avec ma chaise roulante, c’était plutôt galère ! Nous avons rejoint Kriens (à côté de Lucerne) en 30 mn. C’est vraiment une très belle balade !

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Le train à crémaillère  le plus raide du monde          

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          Le téléphérique à 40 places le plus raide du monde             

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   Le restaurant     La télécabine à 4 places

Le Téléphérique du Rigi dans le canton de Lucerne aussi

Pour monter au sommet du Rigi, nous avons d’abord pris le petit train à crémaillère qui part de Vitznau, au bord du Lac des 4 Cantons. Une fois au sommet du Rigi Kulm à 1’797 m d’altitude (là aussi la vue sur les Alpes, les 13 lacs et les plaines du plateau suisse jusqu’à l’Allemagne et la France est remarquable), nous sommes redescendus dans un premier temps avec le petit train jusqu’à la station de Rigi Kaltbad, puis sommes montés dans le téléphérique qui rejoint Weggis au bord du Lac des 4 Cantons. Le panorama depuis le téléphérique est tout simplement prodigieux !

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Au siècle dernier, lorsqu’il n’y avait encore aucune remontée mécanique de construite sur le Rigi, Weggis était le point de départ des chaises à porteurs qui emmenaient les hôtes fortunés du village au sommet. Le Rigi est surnommé « La Reine des montagnes », c’est l’une des excursions les plus populaires de Suisse !

La Télécabine qui va à Klewenalp dans le canton de Lucerne

Dominant la rive sud du lac des 4 cantons dans le canton de Lucerne, le Klewenalp – Stockhütte est un formidable domaine skiable en hiver, de randonnées et de VTT en été. Situé à 1’593 m d’altitude, il offre depuis sa terrasse panoramique une magnifique vue sur la jolie station de villégiature de Beckenried au bord du lac des 4 cantons, le lac lui-même, ainsi que le sommet du Rigi en face !

Pour y monter, il faut prendre un téléphérique, le plus long de Suisse centrale qui part de Beckenried à 435 m. C’est une très belle balade !

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La Télécabine qui va au Niederhorn dans le canton de Berne

Situé au-dessus du lac de Thoune dans le canton de Berne, le Niederhorn est une très jolie montagne. Les télécabines qui y montent sont en groupe de 3 et de couleur gris argenté. Elles partent depuis la station du Beatenberg à 1’130 m d’altitude. Au sommet à 1’950 m d’altitude, la vue sur le lac de Thoune et l’ensemble des Alpes bernoises avec le célèbre trio de l’Eiger, du Mönch et de la Jungfrau est tout simplement remarquable ! C’est à voir…

Le Téléphérique, puis les 2 Télécabines qui vont

à l’Alpentower dans le canton de Berne

Pour atteindre le restaurant panoramique de l’Alpentower à Planplatten dans la vallée du Hasli à 2’250 m d’altitude, il faut être suspendu dans les airs 3 fois de suite. C’est super bien organisé ! D’abord depuis le village de Meiringen (célèbre pour son musée de Sherlock Holmes) dans l’Oberland bernois, il y a un téléphérique moderne qui nous emmène jusqu’à Hasliberg Reuti, puis à peine quelques minutes plus tard une télécabine à 8 places (l’Alpen Tower Express) nous transporte à Mägisalp et là, enfin l’Eagle-Express, une autre télécabine à 8 places nous conduit alors jusqu’à l’Alpen Tower. La montée jusque là-haut est super belle, de plus depuis les vitres de la dernière télécabine, on a vu plein de marmottes gambader dans l’herbe au-dessous de nous ! C’était génial ! J’ai trouvé que la prise en charge de nous autres, personnes en chaise roulante, pour monter dans ces 3 cabines à l’affilée était excellente !

Une fois là-haut, la vue panoramique à 360 degrés sur les 401 sommets des alentours avec entre autre le Wetterhorn, l’Eiger et le Titlis, de même que plusieurs cols alpins était magistrale, de toute beauté ! Le restaurant, inauguré en 1999, possède une très belle terrasse où l’on peut se restaurer ou alors siroter une boisson en regardant la très belle vue. Les chaises longues en bois invitent au farniente !

Dans le bâtiment (avec ascenseur), il y avait une salle d’exposition avec le plus grand aigle en cristal du monde. Il a été créé à la main avec des cristaux de la région. Il fait 2,5 mètres d’envergure. Dans les autres vitrines se tenait différentes scènes avec des oiseaux, des mammifères et des personnages vivant dans la montagne et la neige. C’était vraiment très sympa !

En Suisse italienne

La Télécabine pour monter à Cardada au Tessin

Cette télécabine panoramique, imaginée par Mario Botta, le célèbre architecte tessinois, nous transporte en quelques minutes d’Orselina sur les hauteurs de Locarno (où se trouve l’église de la Madonna del Sasso) jusqu’à Cardada à 1’670 m d’altitude. Là, depuis le belvédère et le restaurant, il y a une prodigieuse vue sur Locarno, le lac Majeur, les vallées et les montagnes environnantes ! C’est super beau !

C:UsersMarie-ClaudeDocumentsTEXTES EN COURS DE ROUTE août 2010mise à jour décembre 2010photos dans le texte monter en télécabine en chaise roulante6_locarno_07-.jpg

En Autriche

La Télécabine pour monter au Pfänder au-dessus de Bregenz

Située au bord du lac de Constance (le Bodensee) dans le Vorarlberg, la ville de Bregenz, célèbre pour son festival de musique classique, possède une montagne très prisée par ses habitants et les touristes : le Pfänder. Pour y monter, la télécabine panoramique ne met que quelques minutes. Depuis le sommet à 1’064 m d’altitude, la vue s’étend sur tout le lac de Constance et sur 240 sommets des Alpes autrichiennes, suisses et allemandes ! C’est magnifique !

En France

Le Téléphérique du Salève

Situé au Pas-de-l’Echelle (le village voisin de Veyrier) sur la commune d’Etrembières en Haute-Savoie (à proximité de Genève), ce téléphérique créé en 1932 nous emmène en moins de 5 minutes au sommet du Salève. Salué à l’époque comme une création avant-gardiste, ce téléphérique est la 1ère réalisation franco-genevoise. Le Salève, surnommé « la montagne des Genevois » culmine à 1’380 m d’altitude et domine la ville de Genève d’un côté, la France de l’autre. Lorsqu’on arrive à la station du téléphérique à 1’100 m, il y a un restaurant. Depuis la terrasse, le panorama sur Genève, la rade, le lac Léman, le Jura d’un côté, la chaîne des Alpes avec le Mont-Blanc de l’autre est tout simplement fantastique ! Le Salève est un site naturel préservé. Très prisé des Genevois, il permet de multiples activités sportives comme le parapente, le delta, l’escalade, les promenades à pieds, en VTT ou à vélo. C’est super beau !

 

La Télécabine des Houches – Prarion dans la vallée de Chamonix

Cette télécabine à 8 places qui relie la station des Houches à 1’010 m d’altitude au plateau du Prarion à 1’853 m offre dès son départ un panorama unique à 360 degrés sur la vallée de Chamonix, le massif du Mont-Blanc, les aiguilles de Chamonix, la chaîne des Fiz et des Aravis ! C’est merveilleux… et de se retrouver comme ça petite Nyonnaise en chaise roulante entourée de montagnes mythiques, j’ai adoré !

La Télécabine de Planpraz au-dessus de Chamonix

Au départ de Chamonix à 1’092 m, cette télécabine permet de monter en 10 minutes à Planpraz, un belvédère magnifique à 2’016 m d’altitude. Exposé plein sud face à la chaîne du Mont-Blanc, la vue depuis ce belvédère embrasse le Mont-Blanc (à 4’810 m), l’Aiguille du Midi et les Aiguilles de Chamonix, la vallée de Chamonix en contrebas avec le village des Praz-de-Chamonix, des Bossons, les hauts sommets du Haut-Faucigny, des Fiz et des Aravis, la vallée de la Diosaz. C’est sans contexte l’une des plus belles vues sur l’ensemble du massif du Mont-Blanc ! Que la nature est belle !

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Le Téléphérique de Grenoble – Bastille

Inauguré en 1934, ce téléphérique compte parmi les premiers téléphériques urbains du monde. Il permet de monter au Fort de la Bastille au-dessus de la ville de Grenoble. De là-haut, à 476 m d’altitude, la vue sur Grenoble et les Alpes qui entourent la ville est impressionnante ! Le fort n’est malheureusement pas accessible en chaise roulante, il est rempli d’escaliers !

 

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Que j’aie pu faire avec ma chaise roulante et mon respirateur ces 11 excursions aux sommets des montagnes suisses, françaises et autrichiennes à des altitudes allant jusqu’à 2250 m, c’est vraiment extraordinaire, fabuleux, merveilleux ! Eh oui, pour moi qui devait mourir entre 25 et 30 ans (c’était ce qu’avaient dit les médecins à ma maman à l’époque du diagnostic de ma myopathie), c’est une sacrée belle victoire sur la maladie, un beau pied-de-nez aux prédictions des médecins, une formidable revanche sur le sort qui aurait dû être le mien !!!

Cette chance, ce bonheur d’être encore vivante, j’y pense souvent ! Lorsque je suis dans les télécabines ou téléphériques, j’ai toujours une larme d’émotion, de joie et de plaisir qui m’envahit, car de pouvoir encore être suspendue en l’air malgré mon état, ma santé fragile, c’est vrai que c’est quand même une sacrée veine !!!

Dans les gares de départ ou d’arrivée de ces 11 télécabines et téléphériques, les bâtiments étaient tous faciles d’accès. En effet, ils avaient tous soit des rampes, des ascenseurs ou se trouvaient directement à plein pied. C’était génial !

Aux sommets des montagnes, à côté des remontées mécaniques, il y avait à chaque fois un restaurant ou une buvette avec terrasse accessible. En ce qui concerne les chemins pédestres par contre, là, ça posait problème ! Eh oui, comme nous sommes en montagne et de surcroît dans les hauteurs, le goudronnage, ce n’est pas connu ! Caillouteux, pentus, parfois même étroits, les chemins de montagne sont plutôt difficiles et malaisés pour nous autres, personnes en chaise roulante. Mieux vaut rester aux abords des restaurants et des tables d’orientation !

De pouvoir déjà apprécier les points de vues panoramiques, les coups d’œil sur les cimes et les sommets, d’avoir la possibilité de respirer de l’air pur, de pouvoir admirer selon les endroits les parapentistes, apercevoir les marmottes… je trouve que c’est déjà une belle opportunité, une chance formidable, un super beau cadeau ! En tout cas, moi je le prends comme ça !

Il est loin le temps où l’on cachait les handicapés, où on les maintenait loin des foules, à l’abri des regards ! Aujourd’hui le mélange des genres, des personnes, la diversité… c’est quand même bien plus sain, plus juste aussi et puis, de nous voir partout, même aux sommets des montagnes… n’est-ce pas magnifique ?!? On est handicapé, oui, mais on n’est pas contagieux, on ne va pas gâcher le paysage !!!

Alors un grand merci à tous ceux qui pensent à nous, qui travaillent et qui œuvrent pour notre plaisir et notre bien-être, qui désirent que nous aussi nous puissions jouir des joies de la montagne, de l’univers extraordinaire de l’altitude et des sommets ! Eh oui, un grand merci à tous les architectes, constructeurs et fabricants de télécabines et téléphériques, à tous les directeurs de ces exploitations qui ont transformé leurs installations pour qu’elles soient accessibles, qui ont compris que notre argent ne pue pas, que nous sommes des consommateurs comme les autres, que nous pouvons être des touristes qui achetons et dépensons (parfois même beaucoup), bref que nous avons un vrai pouvoir d’achat, qu’il faut compter avec nous et que nous pouvons rapporter un bon chiffre d’affaire !!!

Savez-vous quelle est la différence

entre une télécabine et un téléphérique ?

Je me suis souvent demandée en les prenant pourquoi des fois c’était écrit télécabine… et des fois téléphérique. Eh bien, j’ai appris que tous les 2 sont des systèmes de transport aérien à traction par câble, mais que la télécabine, elle, comprend plusieurs petites cabines disposées sur un seul câble (un monocâble) qui est à la fois porteur et tracteur. Ces petites cabines, familièrement appelées des « œufs », ont une capacité d’accueil qui varie entre 4, 6, 8 ou 16 places. De mouvement continu, elles circulent toujours dans le même sens sur le câble. Et que le téléphérique, lui, est équipé de seulement 1 à 2 cabines, grandes et spacieuses, suspendues à un système de bicâble (là, les fonctions porter et tracter utilisent 2 câbles différents). Chaque cabine a sa propre voie, elle ne peut pas tourner et elle est suspendue en l’air. Leur capacité est de 6 à 250 places.

Toutes les 2 desservent en général un sommet difficile d’accès. Elles sont employées dans des régions où les autres moyens de transports sont compliqués à construire. Le trajet est souvent en forte pente dans des montagnes, des forêts ou dans des zones habitées. C’est un moyen de transport très courant dans les Alpes.

Savez-vous de quand datent les 1ères télécabines

et téléphériques ?

Eh bien, les premières traces de transport par câble remontent au moyen-âge. Il existe des gravures japonaises qui attestent de l’existence de téléportés pour personnes vers 1200 et dans une œuvre de Konrad Kyner, vers 1405, on peut lire une description très détaillée d’un téléporté pour hommes, chevaux et armes circulant au-dessus d’une rivière. Ces engins artisanaux utilisaient alors des cordages peu solides qui limitaient la charge de transport et la pente. En 1664, à Gdansk en Pologne, s’est déroulé pour la 1ère fois un transport de matériaux suspendu à une série de pylônes pour aider à la construction de fortifications. Les câbles étaient alors fabriqués en fibre naturelle. Mais c’est grâce à l’invention de l’Allemand Wilhelm Albert en 1834 que la vrai naissance du téléphérique a pu avoir lieu. En effet, constitué en chanvre, il était alors fait de plusieurs fils torsadés. On disait que son câble était toronné.

Enfin fiabilisé, le transport par câble put alors commencer à se développer. C’est à partir de la 2ème moitié du 19ème siècle avec la révolution industrielle que des inventions de toutes sortes comme par exemple les premiers funiculaires, les premiers chemins de fer à crémaillère se sont multipliés. En 1861, il y eut la naissance du 1er système bicâble pour transporter des matériaux. En 1907, l’inauguration à San Sébastien en Espagne de la 1ère nacelle avec passagers. Suspendue à 6 câbles porteurs, elle parcourait 280 mètres entre le Mont Ulia et le Penne del’Aquilla. Cette cabine révolutionnaire était de conception plate, elle n’escaladait encore aucun relief dangereux, pentu ou escarpé. C’est en 1908 que le 1er véritable téléphérique de montagnes destiné au transport de passagers (un ascenseur à câbles) fut créé. C’était en Suisse dans les Alpes sur le Mont Wetterhorn. Il fut malheureusement un échec économique à cause des débuts de la 1ère guerre mondiale. En 1912 à Rio de Janeiro au Brésil a eu lieu l’ouverture du 1er tronçon du téléphérique du Pain de Sucre (c’était le 1er téléphérique pour passagers du continent américain). En 1924, à l’occasion des 1ers jeux olympiques d’hiver à Chamonix, il y eut l’ouverture du 1er tronçon du téléphérique des glaciers sur les pentes de l’Aiguille du Midi (c’était le 1er téléphérique de France. Sa construction a débuté en 1911).

Dès 1930 avec la pratique du ski alpin qui se développait de plus en plus, la construction de télésièges, téléskis, télécabines et téléphériques se sont multipliés partout à travers le monde.

Aujourd’hui, qu’ils soient téléphériques ou télécabines, ils transportent en toute saison, été comme hiver, des milliers de touristes, skieurs, vététistes, parapentistes ou randonneurs. Il y a depuis quelques années de grands efforts qui sont faits sur l’accessibilité de ces moyens de transport, pour que nous aussi, personnes à mobilité réduite et en chaise roulante, puissions profiter des joies de la montagne et de leurs sommets. C’est vraiment génial, on apprécie !

Voilà, pour terminer ce texte qui me tenait à cœur, voici 3 records incroyables :

· Le téléphérique le plus élevé du monde (4’765 m) se trouve à Mérida dans les Andes au Venezuela. La montée dure presque 2h, le trajet fait 12 km et on passe de 1’700 m à 4’765 m d’altitude !

· Le téléphérique le plus élevé d’Europe (3’883 m) se trouve à Zermatt en Suisse. C’est le Trockener Steg au Klein Matterhorn (Petit Cervin) ! Il se trouve juste avant celui de l’Aiguille du Midi à Chamonix à 3’842 m !

· La télécabine la plus spectaculaire et la plus rapide du monde se trouve au Canada dans la province de la Colombie Britannique. Il s’agit du Peak 2 Peak. Avec ses 4,4 km, ce téléphérique à mouvement continu est 3 fois plus long que le pont du Golden Gate à San Francisco et 4 fois et demi plus haut que la Statue de la Liberté à New York ! Il relie les domaines skiables de Whistler Mountain et de Blackcomb Mountain situés à plus de 2’000 m d’altitude. Il possède 2 records : celui de franchir une distance supérieure à 3 km sans pylône et les nacelles se balancent par moments à 436 m du sol !

En espérant que ce texte vous a donné l’envie de monter en montagne et de prendre sans peur ce formidable moyen de transport (il est considéré comme le moyen le plus sûr au monde), je vous souhaite de très, très belles balades !

 

Décembre 2010                                           Marie-Claude Baillif

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