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Avaler de travers… Un cauchemar !!!

Dans la vie, il y a tout plein de choses joyeuses, amusantes, réconfortantes, mais il existe aussi malheureusement des événements désolants, affligeants et pénibles ! Le fait d’avaler de travers fait partie de ces événements là, douloureux et angoissants ! Eh oui, lorsque que quelqu’un de valide avale de travers, ce n’est déjà pas évident, pas facile, le manque d’air même s’il est de courte durée effraie, panique, mais lorsque c’est l’un de nous, myopathes, qui avalons par le trou du dimanche comme on dit, alors là, cela devient franchement catastrophique !!! C’est la peur, l’angoisse, le doute qui s’installe chez l’entourage direct comme chez le myopathe lui-même !

Aux questions : « Et si je ne m’en sortais pas ? », « Et si je n’arrivais pas à cracher le morceau que j’ai avalé de travers ? », « Et si je m’étouffais cette fois-ci ? », « Et si je mourrais là dans les 30 secondes qui suivent ? ». D’avoir cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, de voir la mort à chaque fois de si près, je crois qu’il n’y a rien de pire au monde !!! Manquer d’air est vraiment un cauchemar, un sentiment horrible, je déteste ça et quand ça m’arrive, je peux vous dire que c’est à chaque fois une épreuve, un sacré coup de chaud, je transpire de la tête aux pieds, ai les mains moites et vire au blanc en 1 quart de seconde !

Ce qu’il faut faire ? C’est simple, mais essentiel, il faut immédiatement m’aider à tousser pour cracher l’intrus qui s’est introduit malencontreusement dans mes poumons ! Pour y faire, il faut que mon auxiliaire de vie et moi-même soyons totalement syncros dans nos mouvements pour ne pas me mettre en péril. Eh oui, une erreur, un manque de concentration… cela pourrait vite tourner à la catastrophe, à l’étouffement ! Mon système est direct, précis : mon aide de vie doit appuyer fortement sur mes poumons avec ses 2 mains au moment exact où j’ai fini d’inspirer, où mes poumons sont remplis d’air et moi, je dois tousser de toute mes forces pilepoil à cet instant-là ! Ce geste, ce mouvement qui va me donner l’impulsion nécessaire pour bouger l’aliment intrus, il va falloir le répéter plusieurs fois jusqu’à ce que, en fait, j’arrive à sortir la substance malvenue, à l’évacuer définitivement de mes poumons ! Paraît que c’est très impressionnant à voir (en tout cas, c’est ce que me disent les personnes qui ont dû assister une fois à ça) et très impressionnant à faire, surtout les 5 premières fois selon les dires de mes auxiliaires de vie ! Ça, je le conçois parfaitement, mais c’est le seul moyen rapide et efficace que j’ai trouvé pour me libérer de mes avalements de travers !

Jusqu’à présent (je touche du bois !), mais j’ai toujours eu de la chance, je m’en suis toujours bien sortie, le morceau est toujours ressorti, sauf à 4 reprises…

Ces 4 fois, ces 4 grosses paniques furent :

Il y a quelques années alors qu’on avait préparé une fondue chinoise au poulet pour manger le soir, j’ai avalé un morceau qui n’est pas arrivé à descendre. Il devait être un peu trop gros, il est resté coincé au fond de ma gorge ! J’avais beau boire et reboire, le morceau bougeait, certes, mais il ne descendait pas ! Ne voulant pas aller à l’hôpital, j’avais peur que les médecins m’intubent et m’enfilent leur tuyau aspirateur qui m’effraie tellement, je suis restée comme ça tranquille dans mon lit avec mon morceau de poulet coincé dans ma gorge ! Je pouvais respirer, ça, ça allait, mais je n’osais plus bouger, plus me lever du lit de peur que le morceau m’étouffe et m’asphyxie !

Super angoissée, totalement paniquée, je ne voulais plus rien savoir, plus parler, juste me retirer dans ma coquille et qu’on me foute la paix. Je ne buvais quasi plus, que de toutes petites gorgées et toujours lorsque mon auxiliaire de vie était à côté de moi pour le cas où cela se passerait mal, car à chaque fois que je buvais, le liquide déplaçait mon morceau coincé et cela me faisait peur. Je ne mangeais plus, plus du tout, car je me disais que si les nouveaux aliments ne passaient pas, ils allaient m’étouffer définitivement. Pour me passer le temps et m’obliger à penser à autre chose qu’à mon éventuelle mort, mon possible étouffement, je prenais mon ordinateur pour écrire de nouveaux textes pour mon site, répondre à mes emails ou faire des recherches sur internet.

Mes aides de vie et mes amis avaient beau me dire : « Mais tu es folle, Marie-Claude, tu ne peux pas rester comme ça sans boire et sans manger pendant plusieurs jours, tu prends des risques tu sais, tu vas te déshydrater, ce n’est pas bien, allez, appelle l’hôpital, dis-leur que tu viens et eux en 2 temps, 3 mouvements avec leur tuyau aspirateur, ils vont te libérer et t’enlever ton morceau coincé. Tu pourras alors rentrer chez toi saine et sauve. Tu ne crois pas que ce serait plus judicieux, plus prudent ?!? »

Oui, ils avaient raison, mais comment faire pour me lever de mon lit, m’asseoir dans ma chaise roulante et me rendre à l’hôpital en toute sécurité ??? Comment être sûre qu’en faisant cela je ne prenais pas le risque que le morceau bouge et m’étouffe ??? Et puis, si après que les médecins m’aient intubé, ils me faisaient une trachéostomie, je deviendrais quoi ??? Ma vie actuelle serait totalement chamboulée, différente ! Je ne pourrais plus sortir comme je veux, faire tout ce que je fais… oh non, je n’en n’avais pas envie, je n’étais pas encore prête pour cela !!!

Par mesure de sécurité et en suivant mon intuition, mon instinct, j’ai obéi à ma petite voix intérieure qui me disait de ne pas bouger, de rester bien tranquille à la maison et de m’armer de patience, de beaucoup de patience en attendant que cette connerie de morceau de poulet se désagrège et descende ! Eh oui, car à force d’avaler ma salive et boire de petites gorgées de mon fresubin (ma nourriture liquide qui est beaucoup plus épaisse que l’eau), le morceau allait forcément se dissoudre et passer ! En tout cas la logique, ma logique me disait ça !

Et c’est ce qui arriva ! En fin de matinée du 3ème jour (eh oui, cela a quand même duré 3 jours !!!), lorsque j’ai avalé une gorgée de mon fresubin, le morceau de poulet coincé soudain, ouf, j’ai senti qu’il descendait !!! Waouh, quel bonheur, quel plaisir ce fut à ce moment là, quelle plénitude et quelle reconnaissance envers la Vie, envers Dieu que j’avais prié maintes et maintes fois (eh oui, c’est toujours dans ces instants difficiles et pénibles, d’intenses souffrances qu’on se rappelle à son bon souvenir, qu’on pense à lui…). En tout cas qui que ce soit qui m’ait aidé, le résultat était là, je n’avais plus de morceau coincé, je pouvais reprendre mes activités, me relever de mon lit, boire et manger à satiété, j’étais sauvée !

Après avoir pleuré de joie, ri de bonheur (c’était les nerfs qui lâchaient, le stress qui partait), j’ai remercié Dieu et la Vie (c’était quand même la moindre chose) et j’ai bu à outrance afin de me réhydrater et reprendre des forces. De pouvoir boire et manger sans entrave, sans peur d’étouffer et de mourir est quand même quelque chose d’extraordinaire ! C’est un plaisir simple, journalier auquel on ne fait même plus attention. À tort bien entendu, car il serait plus juste, plus normal de l’apprécier et de le savourer à sa vraie valeur sans devoir vivre une épreuve, un malheur pour qu’on le reconnaisse ! Je n’ai jamais plus remangé de poulet !

Convaincue que ce genre d’accident ne m’arriverait plus (je faisais attention à tout ce que je mangeais, je mâchais bien), j’ai repris confiance et un jour suite à une envie irrésistible de tomate crue, hop, rebelote, il y a un morceau qui est resté coincé dans ma gorge, qui a refusé de descendre ! Quelle connerie ! Qu’est-ce que j’ai fait ? Eh bien, comme l’autre fois, je suis restée dans mon lit sans plus bouger, me lever ni manger en travaillant un maximum sur mon ordinateur afin de ne pas penser, de ne pas paniquer !

Comme un morceau de tomate crue est plus long à désagréger qu’un morceau de poulet cuit, pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai bu souvent des gorgées de coca-cola. Cette boisson que je n’aime pas (je la trouve trop sucrée, de plus je déteste les bulles, ce qui est gazéifié), je l’ai bue pour une seule raison : c’est la seule boisson capable, mise dans un verre, de dissoudre un morceau de viande en une nuit !

Si mes calculs s’avéraient exacts, à force de boire des petites gorgées toutes les 15 minutes de ce précieux breuvage, cela devait faire le même effet, c’est-à-dire désagréger l’aliment rapidement ! Pour y parvenir, je me suis encouragée à en boire un maximum, une gorgée toutes les ! Pour diminuer l’effet des bulles, mon auxiliaire de vie avait préalablement mis 2 morceaux de sucre à l’intérieur du verre et l’avait beaucoup brassé. La tomate crue est un aliment résistant, difficile à dissoudre et ce n’est qu’au bout de 4 jours que je l’ai eu ! Une fois avalé, ouf, j’ai pu reboire et remangé en n’oubliant pas évidemment de bannir définitivement la tomate crue de mon alimentation !!!

Jurant qu’on ne m’y reprendra plus, j’ai repris confiance, de l’assurance, mais une autre fois plusieurs semaines plus tard, suite à une nouvelle envie (ah, ces envies… quel fléau !), il y a un bout d’œuf cuit dur, la partie blanche, qui n’a pas passé, qui est resté coincé dans ma gorge ! Lui, le salopard (excusez-moi de l’expression) a fait durer le plaisir puisqu’il a mis 5 jours avant de descendre !!! Ce fut l’horreur !!! Après le poulet et la tomate crue, ce fut l’œuf j’ai dû bannir de mon alimentation !!!

Au mois d’octobre dernier, alors que je mangeais avec délectation une soupe aux vermicelles, il y a un bout de carotte qui a échappé à notre vigilance. Pourtant on avait bien pris soin d’enlever toutes les boulettes au poulet pour ne prendre aucun risques, mais non pas de chance, le bout de carotte était bien là, il est resté coincé 4 jours dans ma gorge !

Maintenant à part les fritels (ce sont des), les fromages à pâte molle (lorsqu’il y a des croûtes dures, je les enlève) et le chocolat à la crème sans noisette ni amande, je ne mange plus rien de solide, plus rien de dur qui pourrait rester coincé dans ma trachée. Cette fois, c’est basta, j’ai compris la leçon, on ne m’y reprendra plus ! Lorsque j’ai des envies, mon auxiliaire de vie les passe à la moulinette, au mixeur jusqu’à ce que cela devienne de la purée comme pour les bébés ! C’est bon, c’est mou et surtout ça me nourrit sans plus prendre de risques inutiles ! Youppie !

Pour positiver, j’ai appris une chose… que le coca est le meilleur moyen pour aider à désagréger un aliment et que si on s’arme de patience, de beaucoup de patience, si on ne panique pas et qu’on fait les bons gestes, on peut s’en sortir ! De la patience, nous les myopathes, on n’en manque pas. Eh oui, des muscles et de la force, on n’en n’a peut-être pas beaucoup, mais de la patience, je vous jure qu’on en a à revendre !!! Mais comment en pourrait-il être autrement lorsque jour après jour, mois après mois, on est prisonnier de son corps, captif d’une enveloppe corporelle qui refuse de bouger si on n’a pas l’aide d’autrui !

Aujourd’hui lorsque je raconte mes mésaventures d’aliments coincés, j’en rigole, je m’en amuse, mais sur le moment, ce n’est vraiment pas drôle…

Avaler de travers est un geste courant qui peut arriver à n’importe qui qu’il soit bébé, adolescent, adulte ou âgé. Tout le monde l’a déjà vécu au moins une fois dans sa vie, c’est coutumier ! Oui, mais voilà, quelque fois l’accident tourne au tragique, les voies respiratoires sont bloquées ce qui entraine l’asphyxie, l’étouffement, la mort ! Eh oui, on serait étonné de connaître le nombre de morts dû à ça !

L’oncle d’une amie par exemple alors qu’il était en train de manger une entrecôte au restaurant avec un copain est soudainement tombé de sa chaise la tête en avant et sans dire un mot. Les gens dans le restaurant, surpris, ont tout de suite pensé, vu l’âge de l’oncle, à une crise cardiaque. Ils ont appelé l’ambulance et lorsque les médecins sont arrivés, ils ont tout de suite donné les premiers secours dans ce sens-là aussi. Ce n’est qu’une fois à l’hôpital lorsque l’oncle a commencé à être intubé que là les médecins ont vu qu’il y avait un gros morceau d’entrecôte coincé dans la trachée. Ils l’ont enlevé, mais c’était trop tard, beaucoup trop tard, le cerveau de l’oncle était resté trop longtemps sans être oxygéné, il est mort une dizaine de jours plus tard ! Trop bête ça !

Et puis, rappelez-vous le Président Georges Bush lorsqu’il avait failli mourir étouffé par un bretzel ! Avaler de travers, s’asphyxier avec un aliment n’est donc pas un acte anodin et sans conséquence ! Bien au contraire, il est dangereux et mortel ! Il faut y faire attention, être vigilant !

Depuis quelques temps mes meilleurs alliés (à part les fresubins, mes boissons énergétiques et compléments nutritifs sous forme liquide) sont le mixeur et la passoire ! Eh oui, ces 2 ustensiles, bien pratiques et bien utiles, sont mes plus fidèles compagnons de route pour manger et garder la forme ! Ils me permettent l’un de mixer les aliments dont j’ai envie, de les réduire à l’état de purée succulente et tout-à-fait inoffensive sans plus aucun morceau attaqueur et l’autre (si je mange une soupe aux champignons par exemple) d’enlever tout ce qui pourrait être dangereux et encombrer ma trachée !

Lorsqu’on dit que manger, c’est la santé, eh bien, je peux confirmer pour l’avoir testé moi-même (à cause des désagréments de ma myopathie) que c’est tout-à-fait vrai ! Avant quand j’avais perdu l’appétit, quand j’avais peur et que j’en avais marre de faire des fausses routes, de m’étrangler avec les aliments pour un oui ou pour un non, que je ne pesais plus que 32 kg, eh bien avec ma maigreur et mon tas d’os (c’était le cas de le dire !), j’étais beaucoup plus fragile que maintenant, je tombais beaucoup plus vite malade (rhume, bronchite, mal de gorge), j’étais beaucoup plus vite gelée ! Et puis une chose toute bête que je n’ai plus aujourd’hui grâce à mes 50, 55 kilos (eh oui, je me suis bien renflouée !), ce sont les douleurs aux points stratégiques comme sous les fesses par exemple ! Mes os étant beaucoup plus saillants à l’époque, j’avais moins de viande, moins de gras, je sentais et ressentais tout ce qui était dur et pas confortable (matelas, fauteuil, coussin, chaise), c’était affreux ! Le fait d’être rembourrée est quand même bien plus appréciable, bien plus commode ! De plus, esthétiquement, c’est quand même beaucoup plus joli quelqu’un avec des kilos que quelqu’un tout maigre avec juste la peau et les os comme je l’ai eu été un temps !

On dit toujours que le corps d’un être humain a été créé parfait, que c’est une formidable machine. Eh bien, je ne suis pas d’accord. Pour moi avoir mis au même endroit l’un à côté de l’autre la trachée où l’on mange et la trachée où l’on respire est un manque d’intelligence totale, une aberration, un non sens ! C’est irresponsable, dangereux et idiot ! Des enfants, des adultes et des personnes âgées, bref des gens de tout bord et de toutes conditions en meurent chaque année !

Eh oui, avaler de travers tue, il ne faut donc jamais y prendre à la légère ! Devoir mourir un jour en profitant des plaisirs de la table… c’est vraiment une mort navrante, désolante, non ??? J’espère sincèrement que ce ne sera pas celle-là qui viendra me chercher…

avaler

Avril 2011                         Marie-Claude Baillif

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2 réponses à Avaler de travers… Un cauchemar !!!

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