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S’évader de sa prison corporelle !

Lorsqu’on est bloqué au lit pendant plusieurs semaines (comme moi en ce moment…), ce n’est pas toujours drôle, pas toujours facile, pas toujours évident de garder le moral à son top niveau et de rester zen en toutes circonstances !

Ne plus vouloir sortir à l’extérieur de son propre gré, être enfermé entre quatre murs parce que l’on a tué ou voler ou devoir rester dans son lit tout simplement parce qu’on est handicapé ou malade, la troisième épreuve a comme un air d’injustice et de révoltes !!!

Eh oui, si je suis alitée en ce moment, ce n’est pas parce que je l’ai voulu ou désiré, ce n’est pas non plus parce que j’ai fait une bêtise ou du mal à quelqu’un, non, c’est uniquement à cause d’un stupide accident qui, normalement, n’aurait jamais dû se produire ! Eh oui, à cause de mon obsession et de ma rage de tout le temps vouloir sortir sitôt qu’il fait beau et chaud, cette fois, je le paie très cher !!! Je m’explique…

Le mardi 19 octobre dernier, j’ai téléphoné à l’un de mes nouveaux « chauffeurs », Hassan, pour venir aider Fabienne (la fille qui s’occupe de moi la semaine) à me lever du lit pour me mettre dans ma chaise roulante, puis dans ma voiture, car je voulais aller visiter le Zoo de Servion, ainsi que son tropiquarium (J’ai rencontré Hassan par une annonce que j’ai mise dans le GHI, un journal genevois. Contre une petite rémunération de ma part, il m’aide à faire mes transferts et à conduire ma voiture. C’était la 3ième fois que je faisais appel à lui).

La journée « découverte des animaux » s’est très bien passée, mais au retour, lorsqu’il a fallu me remettre au lit, Hassan qui soulevait mes jambes (Fabienne s’occupait de mes bras) a perdu l’équilibre pour je ne sais quelle raison et m’est tombé dessus ! En voulant se retenir, il s’est appuyé sur le bas de mon genou. On a entendu un « crac » et j’ai hurlé de douleur ! J’ai demandé à ce que l’on pose ma jambe sur un coussin et après, je n’ai plus voulu qu’on la touche. Hassan est parti sans aucun mot d’excuses ni de réconfort, Chantal m’a fait un pansement avec de la décongestine et j’ai passé la nuit comme ça à pleurer et à regretter d’être sortie ce jour-là…

Le lendemain, comme j’avais toujours mal et que mon genou était tout enflé, j’ai appelé la pharmacie pour leur demander des cataplasmes anti- douleurs. Bien sûr, la logique et la raison auraient été que j’aille de suite à l’hôpital pour faire des radios, oui, mais voilà, comment procéder lorsqu’on a tellement mal et qu’il faut se faire porter dans sa chaise roulante ??? Et puis, surtout, comment faire pour aller dans l’ascenseur de mon immeuble ??? Il est tellement petit, tellement étroit que pour pouvoir fermer la porte et aller aux différents étages, la personne qui se tient derrière moi doit pousser ma chaise au maximum pour que j’aie les genoux complètement appuyés contre la paroi devant moi. Lorsque j’ai mal nulle part, ça va, je supporte sans problèmes, mais si ce n’est pas le cas (comme en ce moment…), alors bonjour le calvaire !!!

Et puis, il y a une chose super angoissante à laquelle j’ai tout de suite pensé… c’est que, avec ma myopathie, si mes ligaments du genou sont déchirés et qu’il faille m’opérer, cela voudra dire que j’aurais une trachéotomie à vie (cette fois avec mon état de santé actuel, je ne pourrais plus y échapper…) et que si un de mes os est cassé et qu’il faille me plâtrer pendant un à deux mois, après je ne pourrais probablement plus récupérer la mobilité de ma jambe, c’est-à-dire que je perdrais définitivement une grande partie des mouvements de flexion et de rotation de mon genou !!! Cet accident était décidément très embêtant !!!

Le 3ième jour, par acquis de conscience et par sécurité tout de même, j’ai appelé le médecin de garde. Celui-ci en m’auscultant et en manipulant mon genou avec une infime précaution m’a dit que j’avais les ligaments croisés intérieurs complètement distendus et probablement un enfoncement du plateau tibial. Pour être sûr à 100% de ce diagnostic, il faudrait faire un IRM. Oui, mais voilà, pour faire un IRM, il faudrait que je puisse aller dans ma chaise roulante, dans mon ascenseur et à l’hôpital… Aie, aie, aie… je sentais déjà les douleurs infernales… ! Et puis, finalement, comme de toute façon, je refuserais et l’opération et le plâtre (le médecin me comprenait tout à fait, il était du même avis que moi…), pourquoi faire une radio !?! Ce qu’il me proposait, c’était d’appeler un technicien orthopédiste pour qu’il vienne me mettre une attelle au genou pour mieux le tenir, de prendre 3 fois par jour des comprimés anti-douleurs, d’appliquer du flector (ce sont des bandes froides décongestionnantes) et de rester quelques temps tranquille dans mon lit… Il a appelé ma pneumologue. Elle aussi était du même avis…

Aujourd’hui, cela fait déjà 1 mois que je n’ai pas quitté mon lit. J’ai une attelle plus longue, plus rigide qui me tient de la mi-cuisse à mi-mollet. Elle est amovible, je peux plier le genou, mais elle est réglée à un niveau très bas pour qu’on ne puisse plus tendre ma jambe par inadvertance. Je me sens mieux, plus en sécurité. Les douleurs sont moins vives, je ne crie plus « Aie » à tout bout de champ, le moral est bien remonté, je retransforme le négatif en positif !

MCatelle

Dans mon lit coincée avec mes douleurs et mon mon atèle

C’est vrai à présent, je me suis fait une raison, j’accepte mon sort et c’est tant mieux, car au début, j’avoue que ce n’était pas facile ! En fait, pour moi, c’était la première fois que j’avais des douleurs aussi vives et surtout à si long terme. C’était pesant, fatiguant, lourd et difficile à gérer… J’ai quelquefois perdu un peu de ma patience et de mon flegme légendaires ! En hiver, lorsqu’il fait froid et que je ne peux pas sortir, je reste souvent 3 ou 4 jours au lit sans me lever. J’écris mes textes, je fais mon courrier, je regarde des DVD. C’est mon choix. Mais là, ce n’était pas du tout mon choix, c’est une chose qui m’a été imposée et ce n’est pas du tout pareil ! Dans la tête et l’esprit, ça change tout !

Les deux premières semaines, j’étais surtout révoltée et très en colère contre moi-même. Je n’arrivais pas à me comprendre et à tout moment, je ressassais les mêmes phrases : « Mais pourquoi ais-je appelé Hassan ce jour-là, d’autant plus qu’il n’est pas vraiment notre tasse de thé et qu’à quelque part, il nous fait même peur…??? » « Mais pourquoi, étant donné que Chantal était de retour à la maison, ne lui ais-je pas demandé à elle de me remettre au lit avec Fabienne ??? C’était ma première idée et l’on dit toujours que les premières idées sont les meilleures !!! » « Et puis, pourquoi ne suis-je pas tout simplement descendue en ville à pied ou au bord du lac avec Fabienne, surtout que le lendemain et le surlendemain, on devait partir toute la journée en balade et la semaine suivante en vacances en Valais !?! » Ah, des fois, on pourrait se donner des gifles tellement nos attitudes et nos réactions peuvent être bêtes et incompréhensibles !!! On a plein de petites voix intérieures, d’intuitions et de sensations qui nous indiquent le chemin à suivre ou à ne pas suivre et nous, on ne les écoute pas !!! En tout cas, cette fois, ça m’apprendra, car j’en ai au minimum pour 6 à 8 semaines de repos forcé !!! Quelle poisse…

Comme la vision entre mes quatre murs est restreinte et limitée, j’ai décidé de m’évader avec internet et au travers de plusieurs nouveaux textes que j’avais envie d’écrire pour mon site. Le fait d’aller chercher des informations à gauche et à droite sur le Web, de les poser pêle-mêle sur des pages blanches et ensuite de peaufiner toutes ces phrases jusqu’à ce qu’elles deviennent un texte cohérent et harmonieux, me passionne tellement que je passe des journées entières à faire ça. Mon ordinateur, ce petit bout de métal et de plastique de 30 cm sur 30, me procure une telle multitude de possibilités de voyager hors de ma chambre, de sillonner la planète à travers mes yeux et mes pensées… que je ne m’embête pas du tout, bien au contraire ! C’est génial, captivant… j’adore ça ! Je crois aussi que coucher sur papier ses joies, ses peines, ses buts et ses rancoeurs est la meilleure thérapie que l’on puisse faire ! Cela permet de s’extérioriser, de mettre à plat tout ce qui ne va pas et de se sentir mieux après ! Fuir la réalité qui fait trop mal, qui est trop dure… tenter d’oublier la vérité qui blesse et qui froisse… quitter l’évidence qui déchire… abandonner la souffrance qui détruit… n’est pas une solution, dans la vie, il faut toujours faire face ! Mais, par contre, si l’on peut trouver des astuces extérieures ou intérieures pour s’évader de sa prison corporelle, il ne faut pas hésiter, car ça ne peut-être que bénéfique pour sa santé morale !

Si vous aussi, un jour, vous vous retrouvez coincés dans un endroit sans plus pouvoir bouger, rappelez-vous de ceci : mieux vaut être actif et prendre un ordinateur ou un bon bouquin qui va vous changer les idées plutôt que d’être passif et ronchonner, pleurer et être négatif toute la journée !!! Bien sûr, il y a aussi la télé comme passe temps, mais on s’en lasse vite (en tout cas moi, en ce qui me concerne…) car, je trouve qu’on n’apprend pas grand-chose (les émissions intéressantes ne passent que tard le soir…) et moi, dans la vie, ce que j’aime, c’est apprendre pour pouvoir avancer, progresser et m’améliorer…

Réussir à changer, à transformer, voir même à tirer profit d’un drame comme celui qui m’est arrivé, n’est-ce pas là le mieux à faire pour garder la tête hors de l’eau !?! Oui, je suis coincée dans mon lit jour après jour, oui, je ne peux plus sortir dehors et profiter des derniers rayons de soleil avant l’hiver, oui, je ne verrais pas les belles couleurs d’automne dans les forêts le long du Jura, mais en revanche, j’ai pu écrire une dizaine de nouveaux textes, apprendre plein d’histoires, d’anecdotes et de détails très intéressants sur internet, découvrir certains nouveaux programmes de la rentrée à la télé, répondre à tous mes emails en retard, prendre le temps de beaucoup réfléchir et remettre certaines priorités dans ma vie !!!

Puiser au fond de soi pour trouver la force, le caractère et la capacité d’adaptation à toute situation différente de celles que l’on a l’habitude de vivre est un challenge, un défi, une victoire, une métamorphose formidable… !!!

Bravo à tous ceux qui y arrivent…

Bon courage à ceux qui essaient…

Et bonne chance à ceux qui en prennent conscience…

 

Octobre 2006        Marie-Claude Baillif

 *****************

Ci-après, j’aimerais vous faire lire un poème très beau, mais triste d’un jeune homme de 18 ans qui s’appelle Omar Koussih. Il est atteint d’une forme sévère d’amyotrophie spinale et habite à Rabat au Maroc. Ce jeune homme m’a contacté par email il y a quelques semaines déjà pour me féliciter pour mon site et me présenter ses poèmes. J’ai trouvé tellement vrai et tellement fort celui que vous allez lire que je lui ai demandé la permission de le placer dans un de mes textes.

Voilà, je vous souhaite à tous de bons moments d’évasions avec le chemin que vous aurez choisi.

Cruelle destinée

Tous les jours, ici ou très loin

Des filles , des garçons , chaque matin

S’en vont en bandes et entre copains

A l’école, au collège ou au lycée du coin !

***

Et moi, je reste là à ruminer mon chagrin

A méditer sur mon sort et ce triste destin

Qui m’a ôté mes moyens et m’a laissé sans soins

Mais par chance a gardé mon esprit sain  !

***

Pourrai-je encore supporter cette injustice

Moi dont la vie est un interminable supplice

Et demander aux autres tout un sacrifice

Pour qu’au rang d’être humain je me hisse  !

***

Accepter, accepter encore et réagir

Ce sont des mots faciles à dire

Ma vie à moi n’a pas d’avenir

Je ne peux ni en profiter ni en jouir !

***

Tassé toute la journée dans un coin

Mon corps chétif manque de soins

Des amis, je n’en ai point

D’amoureuse encore moins !

***

Mais, il faut garder espoir me dit-on

La recherche avance grâce au Téléthon

La maladie à vaincre, voilà notre but

Et mon corps chétif deviendra robuste !

***

Grâce à vous, grâce à nous, grâce à eux

Tous ensemble, d’un élan généreux

Nous rendrons la santé à l’enfant

La joie et le bonheur à ses parents !

***

Loin de vous mais aussi tellement proche

De mon Maroc natal je m’accroche

A l’espoir permis par vos dons

Tout ça grâce au Téléthon !

 

Omar KOUSSIH (nov. 2004)



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