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Mon aspirateur à glaires… un vrai bonheur !

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Il y a un proverbe français qui dit : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! ». Eh bien alors, je ne suis pas une imbécile, puisque j’ai changé d’avis par rapport à l’aspirateur à glaires !

En effet, moi qui le détestais avant, qui ne voulais surtout pas en entendre parler, eh bien, je le vénère aujourd’hui et le glorifie ! C’est fou quand même comme va la vie, comme elle nous joue des tours des fois. Un jour on n’aime pas, un jour on adore…

Pour nous myopathes lorsqu’on devient très handicapé, donc très dépendant d’autrui, ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas toujours évident de se faire faire les choses, surtout lorsque quelqu’un d’autre que nous doit nous introduire un objet à l’intérieur de nos orifices comme par exemple un coton tige dans les oreilles, un tampon dans le vagin lorsqu’on a nos règles, un tuyau au fond de la gorge pour aspirer nos glaires. Nous, on sent quand on enfonce l’objet trop loin et que cela nous fait mal, ceux qui nous le font non, d’où on a peur et on n’est pas du tout rassuré.

Pour contrecarrer tous ces inconvénients, toutes ces incommodités causées par l’introduction d’un objet dans mes orifices par quelqu’un d’autre, ma solution était simple : ne plus utiliser d’objets invasifs ! En effet, au lieu que mes aides de vie ne me blessent ou ne me fassent mal en enfilant des cotons tiges dans mes oreilles, j’ai décidé depuis plusieurs années déjà d’utiliser une poire à lavement pour oreilles. C’est un petit récipient en caoutchouc en forme de poire où l’on met de l’eau tiède et qui, lorsqu’on appuie dessus, pulvérise cette eau à l’intérieur de l’oreille pour la nettoyer et enlever les bouchons de sébum. Ça ne fait pas mal, c’est beaucoup plus efficace et c’est ce que recommandent d’ailleurs les oto-rhino-laryngologistes. Pour ce qui est des tampons, pas de problèmes, je mettais des bandes hygiéniques à la place (maintenant je suis ménopausée) et en ce qui concerne l’aspirateur à glaires, je le refusais systématiquement. Il était hors de question que quelqu’un m’enfile un tuyau dans la bouche et la gorge, ni même par le nez. Oui, c’était exclu, il ne fallait même pas m’en parler. Je l’avais subi une fois aux soins intensifs, merci, j’en tremble encore tellement c’était horrible, désagréable, une vraie torture !!! Je m’étais jurée qu’on ne m’y reprendrait plus !!!

Oui, mais voilà, tout ça, c’était sans compter le mois de février 2012 où là j’ai attrapé la monstre infection pulmonaire avec tout le toutim : la fièvre, la toux grasse, le gros rhume qui passait par derrière et qui allait directement dans mes poumons, la voix cassée et un mal de gorge terrible qui à chaque fois que j’avalais ma salive me faisait mal !!! Je crachais toutes les 20 minutes et une séance durait entre 10 et 30 minutes. J’étais épuisée, je n’en pouvais plus. Les gens qui venaient me voir me disaient : « Ouh là, tu n’as pas la mine du vainqueur ! ». Ce qui me permettait de tenir, de garder mon mental… c’était juste la peur de devoir aller à l’hôpital ! Eh oui, rien que d’entendre ce mot et… oh, la, la, j’ai déjà peur… c’est devenu pour moi une crainte viscérale, une phobie même ! Comme je déteste au plus profond de moi-même cet endroit, je suis capable de beaucoup de choses, de supporter tout et n’importe quoi, de puiser mes dernières énergies pour ne pas devoir y aller. Ma pneumologue le sait et si elle le peut, elle évite de m’y emmener. Pour ça elle est géniale, elle me respecte, m’écoute (très important qu’un médecin écoute ses patients) et me fait une totale confiance. Elle m’avait mis sous antibiotiques, mais c’est moi qui gérais le reste, qui devais juger si j’allais m’en sortir ou pas à la maison.

Il y avait des moments où j’arrivais bien à cracher, à sortir tous ces satanés glaires de mes poumons et il y avait des moments où c’était tout le contraire, où je n’y arrivais pas, où ils étaient tellement collants, tellement épais, longs et filandreux que c’était l’enfer. C’est dans ces moments-là, pénibles et laborieux, que j’avais une petite voix intérieure qui me disait : « Ah si j’avais une petite sonde électrique qui pouvait m’aspirer toute cette merde, je suis sûre que ça m’aiderait, que ça me les sortirait plus vite et mieux et que ça m’épuiserait moins ! ».

C’est lorsque que j’ai fait une allergie à l’antibiotique, que j’ai dû le stopper immédiatement et que je toussais encore énormément, que cette fois j’ai vraiment écouté ma petite voix intérieure, que je me suis dit : « Là si je veux vraiment m’en sortir, ne pas me retrouver à l’hôpital, je n’ai pas le choix, il faut absolument que je m’aide d’un aspirateur à glaires ! ». En effet, comme je n’avais plus d’antibiotiques pour me protéger, il ne fallait surtout pas que mes glaires se réinfectent. Ce que je devais faire, c’était sortir à tout prix et le plus rapidement possible toute cette saloperie de mucosité qui ne cessait de m’envahir. Ma guérison n’était envisageable qu’à ce prix-là. Je savais que j’avais raison, que c’était la seule solution. Mais alors de moi réclamer un aspirateur à glaires, ça… c’était la meilleure !!!

J’ai téléphoné à ma pneumologue pour qu’elle m’en prescrive un, le lendemain matin j’avais un technicien de la ligue pulmonaire à ma porte pour m’en apporter un et nous montrer, à mon aide de vie et à moi-même, comment l’utiliser.

En fait, c’est très facile. Une fois le tuyau emboité, la prise électrique fixée, le bouton de l’appareil allumé, ça y est, il est prêt à l’emploi.

Pour pouvoir l’utiliser mon aide de vie doit d’abord me donner ma machine de physio dans les mains, puis lorsque j’ai pris une grande bouffée d’air pour gonfler au maximum mes poumons, me peser fort sur les poumons pour faire remonter mes glaires en haut de ma gorge et dans ma bouche. Là, mon aide de vie doit prendre le tuyau de l’aspirateur à glaires, l’enfiler dans ma bouche pour aspirer toutes les sécrétions. Si ces dernières sont plus au fond dans ma gorge, elle doit enfiler le tuyau un peu plus bas. Et là… miracle… tout est aspiré en un tour de main, en à peine quelques secondes !!! C’est génial, absolument formidable !!! Et que d’efforts en moins… que de fatigue supprimée… c’est extraordinaire !!!

Cet aspirateur à glaires en tout cas porte bien son nom. En effet, c’est fou comme en fait il arrive bien à aspirer, à sortir et donc à éliminer toutes nos sécrétions bronchiques, nasales et buccales. Cette action difficile et pénible auparavant est devenue grâce à cet appareil beaucoup, mais alors beaucoup plus facile, plus rapide et ô combien moins fatigante, moins stressante. Pour mon aide de vie aussi, cet appareil lui facilite grandement la vie. Grâce à lui, elle doit (tout comme moi) fournir beaucoup moins d’effort, elle doit m’appuyer moins souvent sur les poumons. Quelle chance !!! Quel plaisir !!! J’étais ravie !!!

Si mon aide de vie enfile le tuyau trop loin dans ma gorge, eh bien pas de problèmes, je le mords et le coince entre mes dents. Ça le stoppe immédiatement. Là, mon aide sait qu’elle a été trop loin et le remonte immédiatement. Comme j’arrive à contrôler totalement le tuyau de mon aspirateur à glaires, tout va bien, il ne me fait plus peur (ce qui n’était pas du tout le cas à l’hôpital, les infirmières, elles, elles y vont daredare, elles nous traumatisent !).

Comme j’étais beaucoup moins fatiguée et que mes glaires sortaient mieux, j’ai pu reprendre des forces, récupérer mon énergie et finalement aller mieux. Ouf !

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Voilà une séance d’aspiration de mes glaires avec Fatya, mon aide de vie du week-end

Sur mon ventre, on pose l’aspirateur à glaires. Entre mes mains j’ai le tuyau de ma machine de physio qui lorsque j’aspire de l’air avec me permet de bien gonfler mes poumons. Fatya ensuite me pèse fort sur les poumons pour faire remonter mes glaires et lorsque ceux-ci sont en haut de ma gorge ou dans ma bouche, elle les aspire à l’aide du tuyau de mon aspirateur à glaires.

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C’est toute une technique, mais finalement pas si compliquée que ça !       4

Mes aides de vie et moi-même on s’y est bien habituée. On fait ça maintenant les doigts dans le nez !

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Moi qui avais tellement peur avant d’avoir un tuyau dans la bouche, maintenant ça va beaucoup mieux, je l’accepte et le tolère tout-à-fait bien ! 

Depuis que j’ai cet appareil à glaires, je revis. Il est une bénédiction, un soulagement ! Pour le laver et le désinfecter, pas de problèmes. Ses pièces se démontent et se remboitent très facilement. Petit, léger, aisément transportable, je peux le prendre avec moi en vacances. C’est vraiment un plus ! Je le loue à l’année à la ligue pulmonaire pour l’avoir toujours avec moi. Sa location est prise en charge par les assurances maladies.

En résumé, cet appareil est fantastique et m’a changé la vie. Il me facilite grandement l’expectoration de mes glaires dans les poumons. Il est un bienfait, une grande avancée technologique. Et dire que je n’en voulais pas… qu’est-ce que j’étais bête !!!

Enfin l’important est que depuis 1 an j’ai révisé mon jugement et que maintenant je peux l’utiliser à chaque fois que j’en ai besoin. Je ne pourrais plus m’en passer, il est acquis et fait désormais partie intégrante de ma vie !

Une fois de plus je remercie chaleureusement les chercheurs et les scientifiques qui l’ont inventé et créé. Ces gens-là sont vraiment extraordinaires de nous fabriquer tout le temps de tels appareils autant performants, utiles et bénéfiques. Dans mon malheur je suis née au bon moment et dans le bon pays. En effet, être myopathe en Suisse ou en Inde, ce n’est pas du tout pareil, on n’a malheureusement pas la même qualité de vie. De plus, être née ne serait-ce que 50 ans avant ma naissance (1958), c’est pareil, les technologies n’étaient pas aussi avancées, pas aussi pointues… c’est beaucoup, beaucoup mieux aujourd’hui !

Des aspirateurs à glaires il y en a plusieurs différents modèles. Celui que j’ai à la maison est un système d’aspiration simple et très mobile destiné pour les patients qui comme moi vivent à domicile et ont besoin d’une aspiration des voies respiratoires. Il s’appelle aussi pompe d’aspiration. Sa structure légère 2 kg me permet de l’emporter partout avec moi, même en vacances. Son utilisation est simple. Il y a un tuyau à fixer que l’on appelle sonde d’aspiration, un bocal à fixer là où les mucosités vont tombé que l’on peut nettoyer très facilement et une prise électrique. Il fonctionne sur secteur, mais possède également une batterie qui peut fonctionner environ 50 minutes. De ce fait, il peut être utilisé partout. Il y a un seul bouton qui fait office de marche et arrêt.

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Si vous aussi vous avez des difficultés à sortir vos glaires, à les expectorer, eh bien, n’hésitez pas, faîtes comme moi… prenez un aspirateur à glaires. Vous ne serez pas déçu !

Il va vous aider, vous libérer et vous permettre de sortir de vos bronchites, de vos pneumonies beaucoup plus rapidement !

N’ayez pas peur, une fois adopté et maîtrisé, c’est un appareil formidable !

 

Avril 2013             Marie-Claude Baillif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 réponses à Mon aspirateur à glaires… un vrai bonheur !

  • Jean Paul dit :

    Je ne me perdrai pas en vains mots après avoir lu ce que tu as écrit à ce propos. Mais simplement te dire : Chapeau Marie-Claude… en y incluant tout naturellement Fatya, présente sur les images !

  • KYRIAKAKIS Tania dit :

    bonjour Marie-Claude,
    Et bien je suis dans le même cas que vous. J’ai un mal fou à expectorer. Les glaires passent rarement le seuil de ma bouche donc quasi impossible de les recracher. On dirait que ma gorge est un cul de sac et ça ne va pas plus loin. Du coup, je ravale mais je ne pense pas que ça passe dans l’estomac car trop « gluant » et ça reste dans la gorge . Et donc ça revient ! quelle horreur. Là je viens d’attrapper une sorte de grippe (mal partout en plus) et je suis dans la phase des « glaires » comme je les appelle. Souvent je me demande s’il n’y a pas moyen d’aspirer tout ça …. et je constate que ça existe.
    Je vais me renseigner auprès de mon médecin car ça pourrait m’aider à l’avenir .
    Je vous remercie pour votre texte que j’ai lu et dans lequel je me retrouve sauf que ne souffre pas de la maladie que vous avez.
    Je vous souhaite beaucoup de courage et je vois que vous n’en manquez pas.
    Bonne journée et encore meci

  • sylvie dit :

    j ai lu votre histoire je vous trouve tellement forte, moi je m occupe d une personne qui a la sclerose en plaque et je ne peux pas allé chercher ces secretions je me demandais avec tout ce quil invente si il n aurait pas 1 machine pour que je puisse lui debarrasser de ces secretions et en lisant tout ce donc que vous vivez je realise quil y a une machine qui pourrait m aider mais a quelle place que je peux trouver cette machine la qui pourrais m aider et en meme temps aider cette femme pour quelle respire mieux veiller s.v.p me dire ou je pourrais acheter cette machine la l aspirateur de glaire

  • grezis christian dit :

    suite a un cancer de la gorge je cherche un aspi portable me contacter au 0951205411 merci

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