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Mon record d’altitude avec mon respirateur… Le Titlis à 3 020 m d’altitude !!!

 

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Il y a des personnes qui en prenant de l’âge vieillissent dans leur tête, dans leur motivation, dans leur façon de vivre. Pour moi, c’est tout le contraire ! Plus je vieillis, plus je suis handicapée et plus je fais de choses !!! Ma flamme, mon moteur, mes envies n’ont pas baissé. Elles sont toujours là intactes, toujours aussi vives et importantes. J’aime la vie, j’aime vivre intensément, j’aime relever des défis et me surpasser. Je suis une passionnée toujours à la recherche de nouvelles aventures, j’adore ça !!!

L’année passée en 2013, j’ai choisi de prendre de l’altitude, de respirer de l’air pur, de monter aux sommets des mythiques montagnes suisses !!! Cette fois, après avoir été au barrage de la grande Dixence à 2 365 m d’altitude, au glacier d’Aletsch par le Bettmerhorn à 2 647 m, au Schilthorn à 2 970 m, j’ai eu envie de m’attaquer à un must… le Titlis à 3 020 m !!! Là, je montais en grade, je passais à la vitesse supérieure, je jouais dans la cour des grands !!! Waouh !!!

Monter à une telle altitude quand on a une insuffisance respiratoire grave depuis 24 ans, qu’on est obligée de se brancher 24h sur 24 à un respirateur pour ne pas mourir et qu’il nous reste une autonomie respiratoire de 3 minutes… c’est vrai qu’il fallait oser !!! Certains diront que je suis complétement folle, totalement inconsciente de le faire, d’autres que j’ai bien raison d’essayer et de me faire plaisir. Qui ne risque rien n’a rien. Moi, je suis toujours partie du principe qu’il vaut mieux avoir une vie courte, mais riche et intense où l’on découvre, l’on apprend et où l’on fait plein de choses… qu’une vie longue, banale et sans attrait où il ne se passe jamais rien !!! De plus, comme j’avais l’aval de ma pneumologue, je ne me suis pas gênée, je suis montée au Titlis l’esprit tranquille et confiant, mais sachant bien évidemment que si, par malchance, il m’arrivait quelque chose, je devais immédiatement redescendre et aller à l’hôpital !!!

Par sécurité et pour montrer que je ne suis pas complétement folle, que j’assure quand même mes arrières, j’ai toujours avec moi 2 respirateurs au cas où l’un d’eux tomberait en panne, un masque nasal et des tuyaux de rechange au cas où l’un ou l’autre se casserait, 2 batteries supplémentaires au cas où celles de mes respirateurs ne fonctionneraient plus et enfin un masque ballon de premier secours pour me donner de l’air manuellement au cas où tout tomberait en panne !!! De plus, je fais toujours plusieurs prières avant d’aller dans un endroit à risques !!! J’ai l’impression qu’elles vont me protéger !

Le Titlis

Situé en suisse centrale en-dessus du village d’Engelberg dans le canton d’Obwald, le Titlis est la montagne emblématique de cette région. Son sommet culmine à 3 238 mètres d’altitude.

Depuis Lucerne au bord du lac des 4 cantons, on met 50 minutes en voiture pour y aller. Il y a 34 km. Pour monter au Titlis, il faut prendre 3 télécabines. Elles sont les 3 accessibles en chaise roulante. C’est génial !!! Pour monter dans la première, le personnel met une rampe à disposition, pour les 2 autres, elles sont à plain-pied. De toute façon en cas de difficultés le personnel est toujours là pour aider.

Le point culminant de la montée au Titlis est le Rotair, le premier téléphérique à cabine tournante du monde. Il est très impressionnant !!! Depuis son ouverture en 1992, il est l’attraction du Titlis !

On peut monter au Titlis en toute saison. En été pour les amoureux des randonnées et comme moi pour voir de magnifiques vues, en hiver pour les adeptes de ski et de sport d’hiver.

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À l’intérieur de la 1ère télécabine

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Voici la 2ème télécabine

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Voici la 3ème télécabine, elle tourne sur elle-même, c’est le Rotair

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Le Titlis est un sommet célèbre pour son extraordinaire parc glaciaire. En effet, c’est le plus haut et le plus important paradis du ski et du snowboard en Suisse centrale. Grâce à cet imposant et magnifique parc glaciaire et au télésiège « l’Ice Flyer » à 3 000 m d’altitude qui permet de voir les impressionnantes crevasses de 10 mètres de profondeur du glacier, le Titlis est un véritable eldorado pour les amateurs de glisse, que ce soit à ski ou avec d’autres équipements de glisse (snowtubes, balancer, snake gliss, etc…) mis gratuitement à disposition pour les débutants ou pour les sportifs de haut niveau. Le Titlis propose également un parc free-style, une grotte de glace et de nombreuses possibilités de randonnées à pied ou en vélo, trotti bike et devil bikes (c’est un vélo spécial avec de larges roues).

Ce qui m’a frappé dans cette excursion, c’est sa popularité. En effet, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup, beaucoup de monde par rapport aux autres sommets sur lesquels je suis montée à la même période. C’était très impressionnant ! Entre la queue pour prendre les billets et la queue pour monter dans la première télécabine, on a mis 1h15 !!! Ce qui était étonnant aussi, c’était de voir le nombre d’Asiatiques et d’Indiens qui faisaient parties des touristes. Ils étaient des centaines !!!

J’ai appris par la suite que le Titlis était une destination très connue en Inde, qu’elle venait en tête des excursions suisses les plus prisées par les Indiens. Il y a eu plus de 70 000 nuitées faites par les Indiens en 2011 à Engelberg.

En ce qui concerne les touristes asiatiques, s’ils viennent en grand nombre au Titlis, c’est parce que c’est la seule montagne avec un glacier et de la neige éternelle en Suisse centrale et qu’il est proche d’Interlaken, là où ils aiment aller pour monter à la Jungfrau. À notre arrivée à 11h du matin, il y avait déjà une cinquantaine de cars de japonais, chinois et autres. Les Asiatiques représentent le 40% de la clientèle de la compagnie du Titlis (contre 65% pour le train de la Jungfrau). Ils viennent surtout au printemps et en été.

La montée au Titlis avec les 3 différentes télécabines était superbe avec une vue imprenable sur les sommets et les glaciers environnants. Dans la 3ème cabine, le Rotair, le parterre tourne sur lui-même en faisant une rotation de 360 degrés nous permettant ainsi d’avoir une vue panoramique sur tout le vaste paysage alpin. La rotation dure le temps du trajet, c’est-à-dire 5 minutes sur un dénivelé de 600 mètres. Le Titlis est le point culminant d’une chaîne de montagnes longue de 20 kilomètres.

Une fois arrivée en haut, on s’est retrouvée dans un bâtiment à 3 étages. Au rez-de-chaussée, là où le Rotair arrive, on peut :

  • Soit aller sous le glacier à l’intérieur d’une grotte de glace. Là, il y a un circuit de 150 mètres de longueur au milieu des parois de glace qui scintillent. Ce circuit a été creusé à 20 mètres sous la surface du glacier. L’entrée est gratuite. Il y a un tapis en caoutchouc posé sur la glace pour permettre aux visiteurs de marcher sans glisser. J’ai pu y aller un bout, mais entre le monde qui passait et le parterre qui n’était pas plat du tout, j’ai vite fait demi-tour.

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À l’intérieur de la grotte

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  • Soit aller au 1er étage. Là, il y a une boutique de souvenir et la possibilité d’être pris en photo avec un couple d’indien en carton.
  • Soit aller au 3ème étage là où se trouve un restaurant panoramique avec une grande terrasse en plein air bien exposée au soleil et dotée d’une vue remarquable sur l’Oberland bernois, les Alpes uranaises, le Melchtal obwaldien et si le temps est clair et sans nuages sur le plateau et le lac des Quatre-Cantons. Pour ceux qui aiment la neige, il y a la possibilité de marcher sur le glacier. C’était fantastique, j’ai eu beaucoup, beaucoup de plaisir !!!

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Avec Fabienne, mon aide de vie de la semaine

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Avec Fatya, mon aide de vie du week-end

Au point de vue respiratoire, je n’ai eu aucun problème. Je me suis sentie bien durant toute l’excursion !!! On est montée vers midi et on est redescendue à 17h. Ouf !!! Quelle chance !!!

Mon respirateur est vraiment un petit bonheur, un petit bijou de technologie, un appareil formidable, ingénieux et intelligent qui me permet de vivre et d’aller où je veux et quand je veux. C’est vraiment génial !!! Eh oui, c’est grâce à lui et à sa ventilation mécanique que j’ai pu monter au Titlis. C’est bien sûr aussi grâce à Fabienne et Fatya, mes 2 adorables et fidèles aides de vie, que j’ai pu réaliser mon rêve et mon défi… c’est-à-dire monter à 3 020 m d’altitude !!! Un record !!!

Cette excursion au Titlis représente pour moi plus qu’une virée dans un sommet mythique suisse. En effet, elle symbolise une immense victoire, une belle réussite, une formidable joie de montrer et de prouver que ce n’est pas parce qu’on est myopathe qu’on doit nous confiner à la maison, que ce n’est pas parce qu’on est malade qu’on n’a plus le goût à rien et qu’il ne faut jamais nous empêcher d’avoir des rêves et des envies !!! Non, au contraire, des souhaits, des espoirs, des désirs, on en a comme tout le monde. Il faut donc dans la mesure du possible nous aider à les réaliser, à les concrétiser… surtout lorsqu’on on sait que notre espérance de vie n’est en général pas très longue, qu’à tout moment un simple rhume peut se transformer en pneumonie et nous emporter !!!

J’ai la chance d’avoir un entourage qui me comprend, qui connait mes attentes et qui m’encourage à aller de l’avant, à faire des choses. La surprotection, la peur qu’il nous arrive quelque chose… pour nous, myopathes, ce n’est pas bon, ça ne nous aide pas, ça nous enlève la confiance que l’on a en nous et qui est nécessaire pour garder notre bien-être, notre moral !!! Lorsque j’ai dit à mes amis et à mes voisins que je voulais monter au Titlis, il n’y en n’a pas un qui me l’a déconseillé ou qui m’a dissuadé de le faire. Ça, c’est formidable et psychologiquement, ça m’aide énormément, car c’est exactement ce que j’aime et demande… que l’on respecte mes choix quels qu’ils soient !!!

Depuis la terrasse du restaurant du Titlis il y a une vue imprenable sur tous les sommets des alentours. De pouvoir se rendre à la montagne lorsqu’il fait beau est toujours un plaisir, une joie, un bonheur, car le panorama qui s’ouvre devant nous est toujours grandiose, d’une incomparable beauté !!! On est comme dans un avion… on surplombe, on domine, on s’en met plein les yeux !!!

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Vue sur tous les sommets depuis la terrasse à 3 020 m d’altitude

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Le temps de prendre des photos, puis de pique-niquer, il y a du brouillard qui a commencé à se former, à envahir la montagne et à monter vers nous sur la terrasse. C’était très impressionnant, surtout par la rapidité à laquelle ce brouillard s’est formé !!! Je n’avais jamais vu ça !!! Il venait, il disparaissait, il revenait. La température a commencé à chuter, on avait un peu frais. Soudain, il est devenu tellement épais qu’on n’y a plus rien vu. Comme il était 16h, on a décidé de redescendre. Je n’avais pas envie de rester coincée sur cette terrasse. On a bien fait, car une fois en bas à Engelberg, on était de nouveau au soleil !!! Par contre, lorsqu’on regardait en haut vers le Titlis, il était totalement enfoui sous les nuages.

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Le brouillard s’est formé en quelques minutes, c’était très impressionnant !   

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Le Titlis a été gravi pour la première fois vers 1740 par des moines du couvent d’Engelberg. La première ascension hivernale a été réalisée quant à elle en 1866 par Melchior Anderegg, un alpiniste et guide suisse chevronné qui a réalisé plusieurs premières ascensions dans les Alpes.

Dans le village d’Engelberg (littéralement la Montagne de l’Ange) situé au pied du Titlis à 1 000 mètres d’altitude, ce qu’il faut voir et visiter, c’est le monastère bénédictin et son église. Fondé en 1120 par des moines bénédictins, il régentait à l’époque toute la région. Sa particularité était que ces moines avaient fondé une école de copistes et d’enlumineurs dont la renommée s’étendait loin à la ronde. Son autre spécificité était qu’un monastère de religieuses avait été créé en contrebas et que les moines et les moniales se voyaient souvent, du fait qu’ils avaient plusieurs activités en commun. Ce sont elles par exemple qui préparaient les parchemins, les encres et les couleurs pour copier et enluminer les manuscrits. Cette fréquentation inhabituelle dura pendant 500 ans jusqu’à ce que le Concile de Trente décide en 1565 d’y mettre un terme. En effet, cette proximité des deux sexes déplaisait fortement aux autorités ecclésiastiques. Comme les 2 monastères avaient beaucoup de peine à se plier à cet ordre, ils ont continué leurs activités communes pendant encore une cinquantaine d’années. Ce fut uniquement à cause de la menace de priver le monastère d’une rénovation des bâtiments que les moines acceptèrent de laisser partir les moniales. Celles-ci partirent en 1615 pour s’installer à 38 km de là à Sarnen au bord du lac du même nom.

Aujourd’hui une trentaine de moines y vivent et y travaillent encore. Pour en apprendre davantage sur ce monastère, il y a des visites guidées du mercredi au samedi à 10h et à 16h. Le monastère a été reconstruit au 18ème siècle, après un incendie en 1729. La bibliothèque très importante conserve encore des écrits manuscrits de Martin Luther, le père du protestantisme lorsqu’il était un moine augustin, de même que d’antiques manuscrits enluminés, leur spécialité à l’époque. Le monastère possède le plus grand orgue d’église de Suisse et est connu pour sa fabrication de fromage de tradition. L’abbaye a fondé en 1851 un gymnasium pour garçons. En 2000 une école professionnelle secondaire a été ouverte. L’internat accueille aujourd’hui plus de 120 garçons et filles de toute la Suisse.

Pour ceux qui n’ont pas de voiture, il y a depuis la ville de Lucerne, un chemin de fer à voie étroite qui va jusqu’à Engelberg. De là, la station des téléphériques pour monter au Titlis n’est pas loin.

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Vue sur le village d’Engelberg et son petit lac depuis la première télécabine

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Engelberg

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Le monastère d’Engelberg

Vivre à 100 à l’heure est le meilleur moyen pour oublier ses problèmes, pour ne plus penser à ses soucis engendrés par la myopathie ou toute autre maladie d’ailleurs.

Monter en altitude, gravir les sommets… je pensais que cela m’était interdit. L’année 2013 a prouvé le contraire.

Dans la vie, croyez-moi, il faut oser, il faut essayer et y croire. Pour nous, handicapés, c’est le meilleur moyen pour avancer et progresser !!!

Bonne balade au Titlis et profitez un maximum de ses bienfaits !!!

 

                   Mars 2014                           Marie-Claude Baillif

 

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8 réponses à Mon record d’altitude avec mon respirateur… Le Titlis à 3 020 m d’altitude !!!

  • Schmied dit :

    Chère Marie , encore une fois tu nous bluff avec tes projets et tes voyages pleins la tête et que tu mets en pratique. Bravo tu es une championne et je te souhaite encore et encore pleins de projets et de joie . Gros Bisous

    Mary-France

  • guichard dit :

    Bravo Marie claude! et longue et belle vie a toi!

  • caroline zulauf dit :

    Chère Marie-Claude,

    Quel bonheur de voir tes photos de là-haut ! et j’ai beaucoup apprécié ton reportage sur le Titlis et son historique.
    Tu es vraiment une femme merveilleuse dans ton élan de vie!

    Merci et bonne continuité…

    Caroline

  • ROBIN DAVIES dit :

    Marie-Claude, Je vous feliciter pour votre courage. Je suis aussi oblige
    de utiliser l’oxygene mais que le nuit. Neanmois, j’ai des problemes de respiration le matin quand nous etions a Tignes (2,100m) le mois de janvier.
    Est-ce-que vous avez parler en anglais avec les indiens a Titlis? -si ouis,
    je peut vous ecris en English! Bonne continuation!

  • Julien Eymard dit :

    Salut Marie-claude,
    c’est impressionnant ce que tu arrives à réaliser !

  • nicole et jacques favre dit :

    Bonsoir Marie-Claude,
    Formidable ce que vous avez fait ! Quel bonheur vous avez dû ressentir !
    Nous avons été très intéressés par les photos et le documentaire sur le Titlis (nous ne connaissions pas !) On s’instruit à tout âge !
    Nous avons bien aimé aussi le Kenya le mois dernier !
    Votre enthousiasme et votre optimisme nous font du bien. Merci !
    A bientôt,
    Nicole & Jacques (parents de Sylvaine)

  • JP dit :

    Merci pour cette belle balade sur le Titlis au-dessus d’Engelberg et bravo pour ce nouvel exploit à verser à ton actif. Prends bien soin de toi, Marie-Claude, et bonne continuation.

  • Sonia dit :

    Merci Marie-Claude , encore une fois tu me fais rêver avec tes voyages fantastique.
    Ton enthousiasme est très contagieux et tes photos magnifique
    Je te souhaite encore plein de belles découverte cette été
    biz amitiés à tes aides de vie
    Sonia

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