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2012: Le Musée d’Histoire Naturelle de Genève

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Ce musée situé en plein centre de la ville de Genève au cœur d’un joli parc est le plus grand Musée d’Histoire Naturelle de Suisse. Il présente sur plus de 10 000 m2 de galeries une collection de toute première catégorie sur la faune sauvage de Suisse et des 5 continents, ainsi que sur la géologie. Avec ses millions d’animaux naturalisés, ses minéraux et ses expositions temporaires très intéressantes, ce musée attire plus de 250 000 visiteurs par an. Il possède une équipe de scientifiques de renommée.

Un naturaliste est un taxidermiste. Leur art est de donner l’apparence du vivant à des animaux morts pour les exposer ensuite dans un musée d’histoire naturelle. Pour ce faire, le principe consiste à construire un squelette en bois ou en métal et de reconstituer tout autour les formes de l’animal désiré (dans le temps, les squelettes étaient fait avec de la paille d’où le terme d’empaillage), puis de poser par-dessus la peau de l’animal et de l’ajuster. La peau a bien sûr été tannée, puis enduite de plusieurs produits chimiques pour la protéger. Pour restaurer au mieux les caractéristiques des animaux et rendre leur reconstitution le plus réaliste possible, les naturalistes utilisent en général des yeux en verre. Pour les organes qui comme la langue ne peut pas être conservée chimiquement, ils prennent alors d’autres artifices. La taxidermie ou naturalisation sont des sciences aussi anciennes que les chasses royales, elles remontent à l’Antiquité où elles avaient un pouvoir sacré.

Dans le Musée d’Histoire Naturelle de Genève l’entrée est gratuite. La ville a décidé d’offrir l’accès à la culture à tous les milieux sociaux, ce qui est vraiment très bien. À l’intérieur de ce lieu pédagogique très apprécié des enfants et de leurs parents, on peut y voir :

Au rez-de-chaussée…

Des centaines de reconstitutions d’animaux vivant en Suisse. Entre les différentes espèces carnivores, omnivores et herbivores, entre les mammifères, les rongeurs, les insectes et les oiseaux, c’est un formidable voyage à travers les lacs, les forêts, les montagnes et les campagnes de notre pays ! C’est super bien fait ! Les animaux, reconstitués au détail près, sont placés dans des vitrines (des dioramas) qui restituent dans des mises en scène remarquables le milieu naturel dans lequel ces animaux vivent habituellement. L’illusion est parfaite, c’est génial, magnifique… j’ai adoré !   

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Dans cet étage, j’ai pu observer une grande quantité d’animaux familiers, mais également de nombreux spécimens que je n’avais jamais vu, dont je ne soupçonnais même pas l’existence comme le rat des moissons par exemple, le plus petit rongeur d’Europe ! Cet acrobate qui se hisse en haut des épis de blé mesure seulement 6 cm de long pour un poids de 5 à 10 grammes !

Au 1er étage…

Là, les dioramas présentent une magnifique collection de mammifères et d’oiseaux exotiques. De pouvoir se promener au milieu des vitrines des grands fauves africains comme les lions, les guépards, les panthères, les léopards, etc…, les ongulés comme les girafes, les zèbres, les antilopes, etc…, les pachydermes comme les éléphants, les rhinocéros, les hippopotames, etc…, les reptiles comme les serpents, les crocodiles, etc…, les grands singes comme les gorilles, les orangs-outangs, etc…, de même que parmi de nombreuses autres espèces sauvages provenant d’Asie, d’Océanie, d’Amérique et d’Europe, du plus petit au plus grand… c’était vraiment formidable, très enrichissant et très intéressant ! 

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Grâce à la qualité des animaux exposés, leur environnement minutieusement recomposé (pour recréer le sol par exemple, les naturalistes utilisent de vrais matériaux, les végétaux sont séchés selon les techniques de l’herbier), on avait vraiment l’impression de se retrouver dans la savane, les forêts tropicales, les montagnes, les banquises, les mers et les océans ! Dans la partie consacrée aux poissons, cétacés et aux autres animaux vivants dans l’eau, il y avait des peintures très réalistes qui rajoutaient encore au décor une dimension plus authentique. C’était vraiment super ! 

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De plus grâce à la multitude d’informations écrites sur les différents panneaux de cet étage, j’ai appris plein de choses comme par exemple :

• Que le plus gros animal vivant aujourd’hui (et selon l’état actuel de nos connaissances le plus gros ayant jamais vécu sur cette terre) est le rorqual bleu ou baleine bleue. Dépassant les 30 mètres de longueur et pesant 70 tonnes, cet animal colossal ingurgite jusqu’à 3 600 kg de krill (petit crustacé) par jour. En comparaison, un dauphin mesure lui de 2 à 4 mètres pour un poids de 150 à 400 kg. Et l’homme européen en moyenne 1 m 75 pour 80 kg.  

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• Que le carnivore le plus lourd et le plus imposant de ce monde est l’ours géant. En effet, cet ours, appelé aussi ours Kodiak, qui vit à la pointe extrême de l’Alaska vers les îles Kodiak est une énorme et puissante bête qui peut dépasser les 3 mètres de hauteur quand il se lève sur ses 2 pattes arrières et peser entre 600 à 750 kg.  

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• Que le colibri, le plus petit oiseau du monde, n’est pas comme je le pensais le nom d’un oiseau unique, mais le nom de toute une famille d’oiseaux. En effet, il existe à ce jour 139 espèces de colibris recensées.

• Que chez les 5 416 espèces de mammifères découvertes dans le monde, les rongeurs constituent l’ordre le plus important avec 42% des espèces. Viennent ensuite en 2ème position les chiroptères (ce sont les mammifères volants appelés communément les chauves-souris) avec 21% et en 3ème position, les soricomorphes avec 8% (ce sont des animaux de petites tailles, essentiellement nocturnes et pour la plupart terricoles comme les hérissons, les taupes, les musaraignes, etc.). En 4ème position, on trouve les primates avec 7%. En 5ème, les marsupiaux (comme les kangourous, les koalas, les wombats, etc.) avec 6% (une de leur particularité est que leurs petits ne se développent pas entièrement dans l’utérus de la mère. De ce fait pas complètement formés, ils doivent finir leur croissance dans la poche de leur mère). En 6ème position, il y a les carnivores avec 5% et en 7ème, les artiodactyles avec 4% (ce sont tous les ongulés qui possèdent un nombre pair de doigts aux pieds comme les girafes, les daims, les dromadaires, les antilopes, etc.). Dans le tableau ci-dessous dans lequel je me suis référée, il y a ex-æquo avec les primates (7%), les autres qui comportent dans la même case les équidés (zèbres, chevaux, ânes, etc.), les cétacés (dauphins, baleines, etc.) et les grands mammifères du genre éléphant, rhinocéros, etc…

D’apprendre que les rongeurs étaient si nombreux sur cette terre faisait froid dans le dos, mais d’un autre côté, c’était très intéressant de le savoir ! Ce tableau nous enseignait beaucoup de choses… bravo à celui qui l’a fait !

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C’est à cet étage que j’ai vu pour la 1ère fois les magnifiques paradisiers ou oiseaux de paradis. Ces oiseaux de toute beauté avec leur plumage absolument remarquable, très coloré surtout chez les mâles adultes, ont été durant des dizaines années la proie d’abominables commerces, pourchassés par des chasseurs peu scrupuleux qui les tuaient uniquement pour leurs plumes. En effet, ces dernières qui faisaient fureur auprès des femmes européennes des années 1900 (elles étaient utilisées pour orner leurs chapeaux) ont été exportées à outrance depuis la Nouvelle-Guinée… environ 80 000 peaux chaque année !!! 1 peau de paradisier bleu valait 20 livres sterling, ce qui était une somme importante à l’époque. En 1908 pour arrêter ce massacre et protéger ces splendides volatiles, les Britanniques ont déclaré cette chasse hors la loi et l’ont interdite dans toutes les régions de Nouvelle-Guinée qu’ils administraient. En 1931, ce sont les Hollandais qui l’interdirent aussi. Durant la seconde guerre mondiale, la mode changea. Comme les plumes des paradisiers n’intéressaient plus les femmes européennes, le commerce illicite de ces oiseaux diminua, puis cessa complètement. Aujourd’hui, plus aucun paradisier ne peut quitter la Nouvelle-Guinée illégalement ou même légalement sans une autorisation écrite et uniquement à des fins scientifiques.

Ces oiseaux, dont les 43 espèces constituent la famille des paradiséidés, sont de tous les oiseaux ceux qui s’ornent des plus belles couleurs et des plus beaux atours. Leur aire d’habitation se situe dans une zone restreinte. En effet, on ne les trouve plus que dans les forêts de Nouvelle-Guinée et des petites îles voisines, ainsi que dans les régions boisées et montagneuses du nord-est de l’Australie et dans les îles Moluques.

C’est lors du voyage de Magellan au 15ème siècle dans l’île de Batjan aux Moluques que les premiers spécimens de paradisiers furent rapportés en Europe. En effet, ce fut lors de l’expédition de ce grand navigateur portugais dans cette île que le raja local lui donna comme offrande pour l’empereur Charles Quint qui avait financé ce voyage, un esclave, des clous de girofle et 2 dépouilles de ces « oiseaux de Dieu » considérés là-bas comme des talismans de survie.

Une fois Magellan de retour, Charles Quint les offrit ensuite à l’évêque de Valladolid qui fut émerveillé par tant de beauté. La nouvelle fit sensation dans toutes les cours d’Europe. Quelques années plus tard, ce fut des marchands portugais qui rapportèrent des paradisiers venant des îles d’Aru. Comme à cette époque les chasseurs indigènes avaient l’habitude de sectionner les pattes de ces oiseaux pour les revendre comme ornement, on les baptisa à tort « paradisier apode », sans pied. C’est de là que naquit le mythe que l’oiseau du paradis passait toute sa vie dans les airs et qu’il se nourrissait de rosée. Selon toujours cette légende comme il volait à de très hautes altitudes sans jamais se poser, la femelle pondait et incubait ses œufs sur le dos du mâle. C’est grâce aux expéditions vers 1818 du français René Primevère Lesson aux îles Moluques et en Nouvelle-Guinée que cette légende ridicule prit fin. En effet, cet homme fut le premier scientifique à pouvoir observer des paradisiers vivants dans leur milieu naturel.

En 1939, une nouvelle espèce fut découverte, le paradisier Mayer ou paradisier à queue rubanée. Cet oiseau, par rapport à sa taille, possède la plus longue queue de tous les oiseaux.

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Au 2ème étage…

Nous avons pu admirer les dioramas des amphibiens, des batraciens, des reptiles, des poissons, des mollusques, des insectes et de plusieurs autres invertébrés. Dans les vitrines étaient présentés tous les différents types d’habitats des serpents, des grenouilles, des crapauds, des salamandres, des caméléons, des iguanes, des tortues, etc… C’était très joliment fait ! De plus, grâce aux nombreuses informations données sur leur mode de vie et de reproduction, nous avons pu apprendre une foule de détails, une multitude de renseignements utiles et intéressants ! Ces animaux sont vraiment fascinants et leurs particularités incroyables à plus d’un titre…

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Au 3ème étage…

Ici, grâce aux tableaux, dessins, maquettes et vidéos, tout est expliqué pour comprendre la formidable aventure de la Terre avec sa formation, les différentes planètes qui l’entourent et leur interaction. Des vitrines animées expliquent la naissance de l’Univers, la dérive des continents, l’histoire des dinosaures, le pourquoi de leur disparition et l’apparition de l’Homme. On peut y voir des reconstitutions de nos ancêtres avec entre autre le squelette de Lucy, la doyenne de l’humanité, un des premiers fossiles d’australopithèques découvert en 1974 en Éthiopie. Lucy a vécu il y a environ 3,2 millions d’années. Il y également des squelettes de dinosaures, ainsi qu’une imposante collection de minéraux du monde entier, des collections de stratigraphie, des pierres précieuses et des minéraux luminescents présentés dans une salle obscure. Une partie de cet étage est consacrée à la géologie de la région de Genève. Tout est très intéressant !

Au 4ème étage…

Le sujet, c’est la géologie de la Suisse, mais comme on a pris beaucoup de temps pour visiter le rez-de-chaussée et les 3 autres étages, on n’a pas pu y aller. Je ne peux donc pas en parler.

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Le Musée d’Histoire Naturelle de Genève est l’un des musées les plus modernes d’Europe. Il renferme de nombreuses collections historiques d’une valeur inestimable léguées par des scientifiques de grand renom comme par exemple celles de Jean-Baptiste de Lamarck, un naturaliste français (c’est lui qui a réalisé la classification des invertébrés regroupant environ 80% des animaux), de Perceval de Loriol, un paléontologue suisse, de Horace-Bénédict de Saussure, un naturaliste et géologue suisse, de Benjamin Delessert, un naturaliste français (il a réalisé un herbier avec 250 000 plantes représentant 87 000 espèces, de même qu’une collection de 150 000 coquillages, une des plus riches d’Europe), de François Jules Pictet de la Rive, un zoologiste et paléontologue suisse (il a créé pour le musée de formidables collections paléontologues et a fait de nombreux dons et legs. C’est sur son instigation que plusieurs animaux exotiques ont été rapportés du Mexique et du Ceylan (Sri Lanka) contribuant ainsi à mettre le musée au rang des grands musées d’Europe). Aujourd’hui, plusieurs chercheurs du musée enseignent à l’Université.

D’avoir pu visiter un tel espace de découvertes fut un vrai plaisir. Que ce soit la présentation des animaux avec son esthétique, la clarté et le réalisme des décors, j’ai tout aimé ! Dans certains dioramas le souci du détail était même poussé jusqu’à rajouter les cris de certains mammifères et de certains oiseaux avec en plus les bruissements typiques qui existaient dans leur environnement ! C’était super, l’illusion était parfaite… c’était comme si on y était !

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Outre les dioramas, le musée présente régulièrement des expositions temporaires sur des sujets d’actualité, des enjeux scientifiques du futur ou sur des questions de protection de l’environnement. Il y a aussi des animations ponctuelles qui sont le ciné-samedi et le ciné-dimanche qui se déroulent tous les samedis et dimanches à 15h. Le mercredi il y a des animations qui ont lieu de 14h à 16h30.

Lorsque j’y étais, il y avait l’exposition temporaire : super volcan. Cette exposition consacrée au volcanisme spectaculaire avec ses phénomènes particuliers comme les tunnels de lave, les volcans de boue et les super volcans était très intéressante, car elle nous permettait d’apprendre tout ou presque sur la volcanologie depuis les secrets de la formation du magma jusqu’aux principaux types de volcanisme. Parmi les 4 thèmes abordés, il y avait les volcans rouges et spectaculaires, les volcans gris et destructeurs, les volcans bienfaiteurs et les volcans sous surveillance. Dans ce voyage dans le monde du feu avec ses bruits, ses odeurs, sa chaleur et ses secousses… on s’est régalée ! Le musée avait installé un tunnel qui lorsqu’on pénétrait à l’intérieur se mettait à vibrer sous nos pieds. Son but était de nous faire ressentir les explosions et les vibrations d’un volcan en éruption. Pour compléter ce parcours interactif et ludique, il y avait aux murs de magnifiques photographies de volcans en éruption et sur les écrans de télévision des documentaires vidéo réalisés par les membres de la société de volcanologie de Genève. C’était très intéressant !

La création de ce musée fut mouvementée…

En effet, bien que ce Musée d’Histoire Naturelle existe dans le bâtiment actuel (route de Malagnou) depuis 1966, l’idée de créer un tel musée débuta en 1789. À cette époque malheureusement, suite à plusieurs contretemps, sa création fut repoussée jusqu’en 1818. Là, un premier musée vit le jour dans l’hôtel de l’ancien Résident de France à la grand Rue. Inauguré le 8 mars 1820, il s’appelait alors le Musée académique. Comme au fil des années ses collections s’agrandissaient de plus en plus, en octobre 1872 pour bénéficier de plus de place, il fut transféré aux Bastions dans un nouveau bâtiment spécialement conçu pour lui. 38 ans plus tard en 1910 ce bâtiment étant devenu trop petit, la ville de Genève décida d’installer le musée dans un bâtiment plus spacieux et mieux adapté, mais  faute d’argent, dû renoncer à son projet. Durant les années qui suivirent à cause de la 1ère guerre mondiale qui sévissait partout en Europe, il n’y eut aucun crédit de voté. En 1960 enfin la situation se débloqua et en 1961 suite au choix définitif de l’emplacement (à la route de Malagnou), les travaux de construction pour un tout nouveau bâtiment plus grand et plus moderne purent commencer. En 1965 lorsque l’édifice fut terminé, les naturalistes et autres responsables du musée durent déménager toutes les collections du bâtiment des Bastions à celui de Malagnou. Cette opération d’envergure dura 6 mois et se déroula sans encombre et pratiquement sans pertes. Il a fallu 355 transports par camion et 280 par chariot. Au total ce sont environ 50 000 kg de matériel qui ont été déplacés dans 3 200 caisses, 16 300 tiroirs, 9 300 cadres d’insectes, ainsi que 1 millier de meubles et de grosses pièces.

L’ouverture de ce nouveau musée au public s’est déroulé le 15 décembre 1966 avec au rez-de-chaussée une exposition sur la faune régionale suisse. Aujourd’hui 46 ans plus tard, cet important Musée d’Histoire Naturelle présente sur 4 étages en comptant le rez-de-chaussée des collections remarquables de haut niveau.

Pour tous ceux qui désireraient visiter ce magnifique musée, il est ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h. Il est fermé le lundi. L’entrée est gratuite. Il se trouve au centre ville de Genève à la route de Malagnou no 1.Je vous souhaite d’ores et déjà une excellente visite…

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Mai 2012          Marie-Claude Baillif

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